Plus de 400 MDH de capitalisation boursière en moins suite aux radiations

Après Sofac, Diac Salaf, Fertima et SCE vont bientôt se retirer de la cote. Il s’agit de retraits volontaires initiés par le top management de ces sociétés. Des analystes estiment que c’est un bon signal pour dépoussiérer la cote de ses valeurs illiquides.

Ala veille de la mise en place de réformes fondamentales (prêt-emprunt de titres, marché à terme…) et après l’adoption de mesures techniques devant dynamiser les transactions et améliorer la liquidité du marché, la Bourse de Casablanca continue de se porter mal. Pour preuve, le recul des indices boursiers de 10,5% depuis le début de l’année, et la contraction du volume moyen quotidien de 11,3% au 23 septembre, à 92 MDH par rapport à la même période de l’année précédente. Pire, alors que la majorité des professionnels du marché ne jurent que par la nécessité d’introduire en bourse des sociétés de grande taille pour redresser la situation du marché, on assiste plutôt au phénomène inverse: plusieurs sociétés vont prochainement être radiées de la cote de manière volontaire. Après Sofac en mars de cette année, c’est au tour de Diac Salaf, Fertima et la SCE de se retirer du marché, sachant que l’année dernière, Branoma a également délaissé la cote. En somme, ce sont cinq sociétés qui ont été radiées depuis 2012 sans pour autant que de nouvelles introductions en bourse viennent équilibrer la balance, mis à part celle d’Afric Industries.

Avec une capitalisation de 232 MDH pour la SCE, de 149,5 MDH pour Fertima et de 27,6 MDH pour Diac Salaf sur la base de la dernière séance de leur cotation, la capitalisation boursière devrait se descendre à 407 milliards de DH, perdant ainsi près de 410 MDH. Cela sans compter Sofac qui a déjà été radiée et qui a plombé, à elle seule, la valeur du marché de près de 438 MDH. Mediaco pourrait également suivre le mouvement, surtout que la société est en difficulté financière depuis plus de trois ans à cause de son incapacité de rembourser ses créanciers au titre de son emprunt obligataire. Si les prévisions de retrait se confirment, la capitalisation de la place perdrait près de 13 MDH supplémentaires. Notons par ailleurs que la capitalisation du marché est sur un trend baissier depuis la crise de 2008. Elle a perdu plus de 30% de sa valeur, en raison de la chute des cours des titres cotés.

Les professionnels partagés

Dans ces conditions, les avis des professionnels du marché divergent. Pour certains opérateurs, bien que ces quatre sociétés ne pèsent pas beaucoup dans la valeur globale de la place, leur retrait constitue un signal négatif supplémentaire qui vient s’ajouter au manque de liquidité, à la perte de confiance, au repli continu de la masse bénéficiaire des sociétés cotées ainsi qu’au déclassement de Maroc Telecom dans l’indice frontier market. Selon eux, ces retraits témoignent de la fragilité croissante de la place boursière et remettent en cause son rôle dans le financement de l’économie. «Cela pourrait non seulement altérer davantage la confiance des investisseurs mais également pousser le top management de sociétés potentiellement introductibles à annuler leur décision de s’introduire en bourse, ou au mieux, à temporiser», se désole l’un d’entre eux. D’ailleurs, les bruits du marché laissent entendre que bien des dossiers d’introduction en bourse sont en phase d’étude finale auprès du CDVM. Toutefois, des dirigeants préfèrent temporiser en attendant les prémices d’un redressement de la situation.

Cela dit, d’autres analystes considèrent l’ensemble de ces radiations comme un indicateur positif dans la mesure où la bourse se débarrasse de ses valeurs illiquides, qui sont rarement couvertes par les analystes, encore moins demandées par les investisseurs. En effet, «le marché regorge de titres dont le taux de rotation est bien inférieur à la moyenne et qui n’accaparent l’intérêt que de peu d’investisseurs et ce, malgré la bonne tenue de leurs fondamentaux. Dans une conjoncture pareille, un toilettage de fond est nécessaire pour qu’au final le marché reflète de manière correcte les valeurs qui les composent et qu’il ne soit plus tiré que par les valeurs phares dont Maroc Telecom, Attijariwafa bank, BMCE Bank, BCP…», explique un responsable du département analyse d’une société de bourse.   

En tout cas, le marché ne sera représenté que par 72 valeurs. Ce nombre devrait baisser encore plus. Des opérateurs du marché n’excluent pas la possibilité que d’autres sociétés se retirent de la Bourse de Casablanca. Allusion faite aux sociétés de petite taille surtout, cotées au 3e compartiment dont la santé financière est loin d’être au beau fixe et dont les titres trouvent difficilement preneur. Les raisons peuvent être allouées soit à un choix stratégique du top management soit sur demande de la Bourse de Casablanca en raison du non-respect des conditions de séjour sur le marché.