Placements financiers : ils rapportent aujourd’hui 5%… au mieux

Le marché actions a essuyé une perte moyenne de 8,83% au premier semestre 2012. Les rendements des bons du Trésor à  moyen et long terme se sont légèrement améliorés mais restent contenus à  4,5% par an.

Les rendements des placements financiers n’ont pas été très attractifs au titre des six premiers mois de cette année. D’abord, le marché boursier s’est davantage enfoncé dans le rouge, poursuivant son trend de 2011. Le Masi, indice reflétant la performance moyenne du marché, a clôturé le semestre sur une baisse de 8,83%. Même les fonds gérés par les professionnels ont pâti de cette conjoncture défavorable. En effet, les OPCVM actions affichent des baisses allant jusqu’à 10%. Sur les 52 fonds grand public, seulement un a réussi à tirer son épingle du jeu en réalisant une performance presque nulle.
De leur côté, les produits de taux ont pu offrir des rendements positifs, mais presqu’au même niveau que l’année dernière. Ainsi, l’investissement en bons du Trésor rapporte entre 3,3% et 4,5% par an, soit une quasi-stabilité par rapport au premier semestre de l’année précédente. Les contrats d’assurance-vie, eux, offrent toujours un rendement aux alentours de 5%. Notons que, hormis Wafa Assurance, toutes les autres compagnies de la place se sont montrées réticentes à nous communiquer leurs taux de rendement.
 

De 1,90% à 3,64% pour les produits bancaires

Concernant les produits bancaires, le livret d’épargne nationale rapporte toujours 1,9% au moment où les comptes sur carnet rémunèrent les épargnants à 2,97% et les dépôts à terme 3,32% et 3,64% sur une durée de six et douze mois respectivement.
Quant aux produits de taux gérés par les professionnels, les OPCVM obligations à court terme et les fonds monétaires affichent des performances moyennes de 1,75% et 1,67% respectivement, en hausse de 20 et 9 points de base par rapport au premier semestre de l’année dernière. Cette légère progression trouve son origine dans la baisse du taux directeur de 25 points de base, intervenue fin mars 2012, qui a impacté favorablement la partie court terme de la courbe des taux des bons de Trésor. Du coup, les rendements des anciens titres en portefeuille sont devenus plus importants que les nouveaux, conduisant à une appréciation de la valeur des fonds.
De même, le rendement moyen des OPCVM obligations moyen et long terme s’est apprécié de 10 points de base par rapport à celui du premier semestre 2011, à 1,5%. Cela dit, les besoins en ressources de l’Etat ont sensiblement augmenté, en raison d’une charge de compensation qui a augmenté à fin mai de 61,4%, causant ainsi une hausse des dépenses globales de 21% alors que les recettes ont stagné. Dans ces conditions, les taux des bons du Trésor à moyen et long terme devaient normalement augmenté compte tenu de l’accentuation des levées du Trésor sur le marché domestique, et causer ainsi une dépréciation des anciennes obligations détenues en portefeuille et donc des performances des OPCVM. Or, les taux longs sont restés quasi stables, en partie en raison de l’impact de la baisse du taux directeur de Bank Al-Maghrib et de l’appétit des investisseurs en valeurs du Trésor. C’est ce qui a permis aux OPCVM obligations moyen et long terme d’assurer des rendements en légère amélioration par rapport à 2011.
Du côté des perspectives, les professionnels ne prévoient pas une reprise immédiate du marché actions ou du moins pas avant le lancement d’une opération d’introduction en Bourse d’envergure. Pour le marché des taux, les investisseurs continueraient d’orienter leur épargne vers ce segment, surtout dans un contexte de hausse des taux.

 

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