Perspectives 2007 : les actions en forme, les obligations en recul

Le marché des actions restera le placement le plus intéressant même après 20% de progression déjà réalisés en début d’année.
Le marché obligataire perd de son attrait suite à l’aplatissement
de la courbe des taux.
Les OPCVM obligataires devraient réaliser une performance de 6% à 7%
en 2007.

Après une année 2006 marquée par une progression exceptionnelle du marché des actions (+77%), 2007 s’annonce également comme une année de croissance, au bout de laquelle les actions se positionneront forcément au premier rang des produits financiers en termes de performance. Durant le premier trimestre de l’année, la place casablancaise a évolué dans un territoire positif et avec des volumes importants, enregistrant une progression de plus de 20%. Une tendance appelée à se maintenir jusqu’à la fin de l’année, d’où l’intérêt de se positionner sur le marché tout en veillant à sélectionner les bons titres, afin de tirer profit de la croissance prévue.

Il est clair que la majorité des valeurs de la cote a considérablement pris, ce qui peut alimenter la peur d’une éventuelle correction du marché. Mais les professionnels de la Bourse restent convaincus que la hausse ne risque pas de s’estomper. «Il peut y avoir des corrections passagères si les investisseurs commencent à vendre pour prendre leurs bénéfices ou pour récupérer des liquidités afin de participer à une introduction en Bourse importante. Mais à part cela, le risque d’une correction forte ou durable sont minimes et ce, pour plusieurs raisons», explique Yahya Jbili, trader chez Upline Securities. En effet, le marché, quoique devenu cher, reste soutenu par plusieurs facteurs: surliquidité importante, nombre insuffisant de papier coté, baisse des rendements obligataires, absence d’autres opportunités de placement, plusieurs introductions en Bourse prévues avant la fin de l’année… Ceci sans parler du contexte macroéconomique favorable et des bons résultats des sociétés cotées ainsi que leurs perspectives d’avenir encourageantes.

Le marché monétaire plus prisé que les maturités courtes
Dans ce même contexte, les OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières) investis en actions devraient terminer l’année 2007 avec de bonnes réalisations. D’ailleurs, les gestionnaires d’actifs appellent les investisseurs à souscrire même si les fonds actions ont déjà réalisé des progressions allant jusqu’à 25% tant ils sont persuadés que le marché boursier portera les performances bien au-delà.

Cependant, les produits de taux semblent avoir démarré un mauvais exercice. D’une part, la surliquidité qui caractérise le marché obligataire et l’aisance financière du Trésor a fait que les rendements des maturités longues, lignes les plus prisées par les investisseurs, s’amenuisent pour se stabiliser à des niveaux très bas début avril 2007 et, d’autre part, la flambée des taux sur le marché monétaire a mené les rendements courts à augmenter de manière significative. Au final, la courbe des taux obligataires s’est aplatie davantage, pénalisant les opportunités d’achat et conduisant les opérateurs à se placer davangage sur le marché au jour le jour. Cette situation laisse croire aux professionnels que les taux longs se stabiliseront ou connaîtront une petite correction d’ici la fin de l’année, et que les taux courts continueront de subir l’arbitrage des opérateurs en faveur du marché monétaire.

Ce contexte impactera naturellement la croissance des OPCVM obligataires. Pour ce qui est des fonds moyen et long terme, qui constituent l’essentiel de l’actif, les gestionnaires s’attendent, pour 2007, à des performances situées dans une fourchette de 6 à 7%, soit la moitié de celles réalisées en 2006. Par ailleurs, et vu la tendance baissière des taux obligataires qui persiste depuis longtemps, le rendement des produits «vie» s’est détérioré lui aussi au fil des années. Les taux servis par les compagnies d’assurance au titre de l’année 2005 tournaient autour de 5%. Ils devraient baisser en 2006, surtout que le taux minimum garanti a connu deux replis successifs entre 2006 et 2007 pour atteindre 2,75%. Enfin, les taux de rémunération des comptes sur carnet et des dépôts à terme à 6 mois et à un an, aujourd’hui respectivement à 2,49%, 3,32% et 3,67%, devraient connaître une légère augmentation étant donné qu’ils sont calculés sur la base de la moyenne pondérée des taux des bons du Trésor à court terme sur les six derniers mois qui, eux, sont en hausse depuis un moment.