Options sur actions : BMCE Capital ouvre le bal

Le produit présente l’avantage de réaliser un rendement élevé et de minimiser la perte à  la mise initiale. La banque d’affaires se porte contrepartie au moment de l’exercice de l’option. A l’échéance, le détenteur reçoit sa plus-value en numéraire et non en actions.

Dans l’objectif de sophistiquer les stratégies d’investissement de ses clients, BMCE Capital a remis sur les rails les options sur actions lancées depuis 2007. Il s’agit d’un produit dérivé dont le support sous-jacent est l’action cotée en bourse. Rappelons que les options confèrent au détenteur le droit d’acheter une action à un prix fixé à l’avance et de la vendre à l’échéance choisie par lui-même, et ce moyennant une prime. Par exemple, au lieu d’acheter une action qui vaut 200 DH, le détenteur peut acquérir une option sur cette même action en versant une prime de 15 DH tout en s’engageant à exercer le droit sur cette option, c’est-à-dire de la revendre après trois mois. Ainsi, si au bout de cette échéance l’action progresse à 250 DH, l’investisseur aurait engrangé une plus-value de 35 DH (250-200-15), soit une performance de 133% par rapport à son investissement initial, alors que le rendement de l’action elle-même n’aurait été que de 25%.

En revanche, si l’action baisse à 150 DH, l’investisseur aurait limité sa perte à son investissement de départ qui est la prime payée de 15DH. Par contre, un investisseur ayant opté pour un achat d’actions direct sur le marché aurait perdu 50 DH. Et c’est justement à ce niveau, tout l’avantage que présente ce produit de placement. En effet, il permet non seulement de limiter les pertes, contrairement aux transactions directes sur la bourse, mais également de maximiser son gain tout en  minimisant la mise initiale.

Mis à part cette option dite classique, BMCE Capital a concocté un autre type d’option appelée «option au gain limité». Le fonctionnement est certes le même mais le gain est conditionné par le plafond que l’investisseur s’était fixé à l’avance.  Ainsi, même si l’action dépasse l’objectif escompté, le détenteur ne percevra que les intérêts liés à la limite prévue pour le cours de l’action. Ce produit, quant à lui, présente un avantage supplémentaire, celui de pouvoir détenir davantage de titres puisque la prime à payer est moins élevée que dans le cas d’une option classique. Notons que les gains dégagés sont soumis à la même taxe que sur les actions, soit 15% au titre de la TPCVM.

Aucune limite pour le capital investi

Quoi qu’il en soit, ces produits sont davantage intéressants en période haussière du marché boursier, dans la mesure où un investisseur devrait bénéficier ne serait-ce que d’une hausse timide du marché pour ainsi multiplier ses gains.

Par ailleurs, comme il n’existe pas encore de marché des contrats à terme sur la place casablancaise, l’exercice de l’option s’effectue à travers BMCE Capital. En effet, la société s’engage à racheter l’option et à créditer le compte du détenteur de l’option du montant de l’exercice de cette dernière. Pour ce faire, la société a établi une stratégie de couverture contre les risques de perte qu’elle pourrait subir en cas de fluctuation du prix de l’action. En tout cas, le dénouement de l’opération s’effectue automatiquement en numéraire. Le détenteur de l’action ne peut en aucun cas recevoir une livraison physique d’actions.
D’autant qu’auprès de BMCE Capital, on précise qu’en l’absence d’un marché à terme au Maroc et de conditions d’exercice définies, ces produits sont négociés au gré à gré et sont taillés sur mesure. En ce sens, ils sont élaborés en fonction des besoins du client, de son horizon de placement et de son profil. Ce qui implique une prime différente selon la nature de l’action sous-jacente d’abord et de la demande du client ensuite.
En effet, la prime est calculée en tenant compte de certaines considérations fondamentales, entre autres, la volatilité de l’action et les dividendes. Si le titre enregistre de fortes fluctuations, le prix de la prime serait plus cher à payer. Parallèlement, le niveau des dividendes et leur évolution représentent un élément important dans la fixation de la prime. Des prévisions de baisse en terme de la rémunération des actionnaires réduisent forcément le prix de l’option et vice versa.

D’un autre côté, la maturité fixée par l’investisseur et le prix de l’exercice de l’option rentrent également en jeu, car, si un investisseur opte pour une longue maturité avec un prix d’exercice élevé, il devrait payer forcément une prime plus importante. Au delà de cela, on rapporte auprès de BMCE Capital qu’aucune limite de capital investi n’est exigée pour pouvoir acquérir des options et que ces dernières sont proposées à tout type de client, particulier ou professionnel.

L’on s’attend à ce que les autres banques d’affaires suivent le courant de BMCE Capital en mettant en place leurs propres produits dérivés, surtout si la promulgation des textes de loi relatifs au marché à terme tarde à venir.