OPCVM : les particuliers détiennent moins de 8% de leur actif net

Ils ont eu tendance à  se désengager du marché de la gestion collective au cours du premier trimestre 2009.
Les institutionnels optent pour les fonds monétaires en attendant d’avoir plus de visibilité sur les marchés actions et des bons du Trésor.

Sans partage. Ainsi règnent les institutionnels nationaux sur le marché des OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières). Pour preuve, à fin mars 2009, selon les dernières statistiques de l’Asfim (Association des sociétés de gestion et fonds d’investissement), seuls 7,85% des 172,6 milliards de DH constituant l’actif net des OPCVM à cette date étaient détenus par les personnes physiques résidentes. Le reste revient à hauteur de 74,35% aux entreprises financières (banques, sociétés de financement, organismes de prévoyance et de retraite…) et à 17,22% aux entreprises non financières. Ce qui laisse tout juste 0,57% de l’actif total des OPCVM aux porteurs non résidents.
Faible poids structurel donc pour les particuliers dans l’actif total des OPCVM, mais aussi forte tendance, de leur part, à se désengager du marché de la gestion collective au premier trimestre 2009. En témoigne l’évolution négative enregistrée, de février à mars 2009, par la part d’actif totale détenue par les personnes physiques. Celle-ci fond de 11,28%. La déperdition de la clientèle des particuliers est d’autant plus marquée pour les OPCVM obligations moyen et long terme (OMLT). Pour ce type de fonds, l’actif détenu par les personnes physiques chute de 19,48%. Néanmoins, en raison de la faible part des personnes physiques dans l’actif total de ce type de fonds (moins de 5%), les OPCVM OMLT parviennent à inscrire leur actif net à la hausse sur les 4 premiers mois de 2009. Du début de l’année au 8 mai, il augmente en effet de 3,71%. «Cette augmentation est clairement alimentée par les investisseurs institutionnels», relate Faouz Kenzaoui, directeur commercial et marketing à CD2G (société de gestion détentrice de 26% de l’actif en gestion des fonds OMLT). Il explique que «les taux obligataires qui avaient exagérément augmenté en 2008, en raison du manque de liquidité, de la hausse du loyer de l’argent opérée par Bank Al-Maghrib en septembre 2008, et par moments du manque de visibilité sur la Loi de finances, ont corrigé à la baisse en ce début d’année 2009». Les rendements en sont donc devenus plus attrayants pour le placement obligataire moyen et long terme. Mieux encore, les perspectives sont bien orientées pour ce type d’investissement. D’ailleurs, à CD2G, on exclut tout risque de hausse des taux à court terme, et même avec la forte correction déjà intervenue, on estime que les taux long terme devraient baisser davantage. L’obligataire court terme qui a profité immédiatement de la baisse du taux directeur intervenue en début d’année surfe également sur une bonne tendance et pourrait se porter d’autant mieux si les anticipations d’un nouvel abaissement du taux directeur venaient à se réaliser.
Bénéficiant d’une conjoncture toute aussi favorable, les OPCVM monétaires signent sur les 4 premiers mois de l’année l’élargissement d’actif le plus remarquable. Du début de l’année au 8 mai, ils augmentent en effet de 34,39%. Cela est encore une fois le fait des investisseurs institutionnels, vu le faible poids des particuliers dans l’actif global des fonds monétaires (9,15% à fin mars 2009). Pour cette bonne tenue, les fonds monétaires en sont redevables à leur statut d’investissement refuge. En effet, les investisseurs qui manquent de visibilité se positionnent de fait sur le monétaire. Cela dit, il s’agit moins d’un arbitrage de rendement que d’une solution d’attente permettant de préserver le capital de l’inflation.
Là où l’action conjointe des investisseurs institutionnels et des particuliers s’est faite sentir, c’est au niveau des fonds diversifiés. Sur les 4 premiers mois de l’année (au 8 mai 2009), ceux-ci ont chuté de 25%, soit une déperdition d’actif de 3,11 milliards de DH. La chute est autant due à l’effet marché en 2008 (évolution négative des rendements obligataires et actions) qu’au désinvestissement massif courant 2009, dans la continuité de l’année 2008.
Etonnamment, les fonds action, en dépit d’un marché boursier en mauvaise passe, arrivent à s’assurer au terme des 4 premiers mois de l’année une performance plus qu’honorable en termes d’élargissement d’actif du moins. En effet, entre le début de l’année et le 8 mai 2009, leur actif net s’est apprécié de 52,94%, ceci au moment où la tendance était plutôt aux rachats de parts autant parmi les investisseurs institutionnels que parmi les particuliers. Un événement exceptionnel justifie cette situation. Il s’agit de l’institution courant 2009 par RMA Watanya de plusieurs fonds actions, dans le cadre de l’externalisation de la gestion de ses réserves vers sa filiale RMA Capital. Au passage, l’actif des OPCVM actions s’est trouvé enrichi de plus de 6 milliards de DH.