OPCVM : les fonds obligataires cartonnent !

Près de 18 milliards de DH de souscriptions nettes depuis le début de l’année.
L’indice de performance des fonds obligations moyen et long terme caracole à  8%.
Les OPCVM actions rémunèrent mieux mais n’attirent toujours pas de nouveaux investisseurs.

Les analystes qui avaient recommandé de privilégier les OPCVM obligations moyen et long terme ont eu raison de le faire. Ces instruments de gestion collective se portent en effet bien depuis le début de l’année. Ils sont même sur un trend haussier depuis le second semestre de l’année dernière, période à partir de laquelle le Trésor a limité son recours au marché domestique de la dette suite à l’amélioration des finances publiques. Les autres catégories de fonds affichent bonne mine également, portés tant par la reprise du marché actions que par la détente de la pression sur les liquidités sur le marché monétaire.
Ainsi, l’actif net des OPCVM arrêté par l’association des gestionnaires de fonds au 10 octobre s’est hissé de 12,6% depuis le début de l’année pour s’élever à 276,5 milliards de DH. En plus de la performance des fonds, cette hausse recouvre une reprise des souscriptions à ces produits alors qu’une année auparavant, la tendance était plus orientée vers les rachats. En effet, au 3 octobre, les souscriptions nettes depuis le début de l’année ont atteint 16,6 milliards de DH. Les fonds obligataires de moyen et long terme ont enregistré un flux de souscriptions nettes de 7,5 milliards de DH au moment où le segment court terme a totalisé un solde net de 10,3 milliards de DH. Les OPCVM actions, eux, affichent des souscriptions nettes de seulement 35 MDH. En revanche, les fonds monétaires ont dégagé une position vendeuse à hauteur de 3 milliards de DH. Ce segment qui était pendant ces deux dernières années très prisé est actuellement boudé par les investisseurs. Depuis le début de l’année, ils orientent leurs placements davantage vers les fonds obligataires, surtout ceux à moyen et long terme qui, eux, offrent un rendement meilleur.

Certes, les OPCVM monétaires affichent toujours une performance appréciable : 3,34% depuis le début de l’année, selon l’indice de performance du CDVM. Mais le contexte a changé sur le marché monétaire. D’un côté, les rentrées de devises suite aux différentes levées de fonds à l’international (Etat, entreprises publiques…) ont permis de réduire la pression sur les taux monétaires. De l’autre, l’abaissement par Bank Al-Maghrib de son taux directeur de 25 points de base a mécaniquement réduit le niveau des taux sur le marché. Ce même facteur, conjugué à l’aisance financière du Trésor, a par ailleurs favorisé une détente des taux obligataires. Sur la maturité 13 semaines, ils ont perdu 65 points de base pour atteindre le 7 octobre 2,85%. Les échéances 52 semaines et 2 ans ont accusé respectivement un retrait de 1 et de 1,3 point pour s’établir à 3,13% et à 3,26%. Cette situation augmente naturellement la valorisation des anciens titres détenus par les investisseurs. La performance depuis le début de l’année des fonds obligations court terme s’établit à 3,46%. Notons que le Trésor a effectué ses levées principalement sur le court terme. Sachant que les fonds levés sont d’un niveau bien inférieur aux montants proposés et que les investisseurs, auparavant exigeants, ne rechignent plus actuellement à concéder des baisses de taux. Mais les taux des bons du Trésor à moyen et long terme se sont également repliés, augmentant ainsi la valeur des fonds investis sur ces maturités. Ils ont baissé de 1,2 point pour la maturité 10 ans, à 4,42% et de 1 point pour l’échéance 15 ans, à 4,98%. Cette baisse est intervenue consécutivement au recul des taux à court terme et au recours limité du

Trésor au financement à moyen et long terme.

Ainsi, sur cette catégorie d’actifs, l’indice de performance du CDVM a pointé à 7,9%, soit la deuxième meilleure performance après celle des fonds actions. En effet, ces derniers affichent une progression de 9,1% et ce, consécutivement au bon comportement de la bourse dont la performance atteint plus de 10%.
Cela étant, les analystes relativisent cette hausse. L’un d’eux explique: «La performance des fonds actions est à prendre avec des pincettes. Elle est due à la progression du marché boursier, mais elle ne s’est pas accompagnée d’un retour des investisseurs vers ce type de placement. Ils sont largement exposés sur les titres de capital. Si dynamisme il y a, il concerne uniquement quelques fonds de la place dans le cadre d’une politique d’arbitrage en vue de pondérer les cours d’achat des actions. D’ailleurs, le solde net des transactions qui, pour rappel, est de 35 MDH, l’atteste».
Sur la place casablancaise, l’ensemble des fonds actions ont réalisé une performance appréciable depuis le début de l’année. Cela étant, la palme d’or revient au FCP Kenz Actions dont la valeur liquidative a enregistré une hausse de 16,6%. CIH actions, lui, a affiché une hausse de 16,3% et le FCP Capital Participations s’est amélioré de 16%. Sur la catégorie des OPCVM moyen et long terme, RMA Cap Obligations situe sa performance à 11,5% au moment où FCP IRGAM Obligataire et FCP Maroc Institutions l’établissent à 11% et 10,6% respectivement.
La meilleure rémunération du segment des obligations court terme revient à FCP Maroc Rendement avec 5% et à Atlas Equilibre avec 4%. Quant aux OPCVM monétaires, la meilleure rémunération revient à Upline Perennite, avec une hausse de près de 8%. Il est suivi par FCP CFG tresocorp avec une progression de 3,7% et d’Emergence Money Market Fund, qui a situé sa performance à 3,6%.

Continuez à miser sur les fonds obligations de moyen et long terme

La tendance sur laquelle se sont inscrits les OPCVM devrait se maintenir d’ici la fin de cette année. Selon les professionnels de la bourse, le marché actions devrait finir l’année sur une note positive certes, confirmant sa tendance haussière entamée depuis le début de cette année. Toutefois, elle devrait légèrement s’essouffler en raison de l’absence de liquidité sur le marché ou d’opérations d’ouverture de capital.

Les taux à long terme du marché obligataire devraient pour leur part continuer à baisser consécutivement à l’amélioration des finances publiques et au recours de plus en plus limité du Trésor au marché des adjudications. Certains estiment que, sur ce segment, les taux devraient reculer encore de 20 à 50 points de base, voire plus, selon d’autres analystes. Et même si le Trésor accélère ses levées, comme c’est le cas chaque fin d’année, pour boucler son année budgétaire, cela ne devrait pas se traduire par une remontée des taux car la demande des investisseurs est importante.
De leur côté, les taux monétaires devraient se stabiliser à leurs niveaux actuels. Ce qui devrait situer le rendement des OPCVM de cette catégorie aux alentours du niveau affiché actuellement. Les taux ne devraient pas augmenter pour deux raisons essentielles. D’un côté, les banques devraient continuer à bénéficier d’une situation de trésorerie peu tendue. D’un autre, Bank Al-Maghrib continue de jouer son rôle de fournisseur régulier de liquidités en faveur des banques au titre de leurs besoins hebdomadaires.
Au final, les analystes recommandent de se positionner d’abord sur les OPCVM obligations de moyen et long terme et ensuite sur les fonds actions vu la croissance potentielle de la rémunération proposée par ces deux segments. Ainsi, il est prévu que la performance sur ces deux segments s’établisse aux alentours de 9% pour le premier et de 10% pour le second.