OPCVM : dix ans et 95 milliards de DH d’actifs gérés

Dix ans après le lancement des premiers fonds,
le bilan est plutôt satisfaisant.
Encore du chemin à faire, 70% des placements se font toujours en obligations.
L’arrivée de produits sophistiqués devrait consacrer le
décollage réel du marché.

Dix ans se sont écoulés depuis le lancement du premier OPCVM (Organisme de placement collectif en valeurs mobilières) au Maroc. Un événement que les professionnels du métier de la gestion collective ont célébré, jeudi 24 février, dans la joie et la bonne humeur, mais aussi avec le souci d’aller plus loin. La soirée a été en effet marquée par la signature d’un accord de coopération entre l’Asfim (Association des sociétés de gestion et fonds d’investissement marocains) et l’AFG (Association française de gestion).
Le marché marocain de la gestion collective est certes moins développé que le marché français, mais il faut dire qu’il a connu, malgré cette courte existence, des avancées remarquables par rapport à la réalité économique marocaine et à la maturité de notre système financier. Preuve en est, le nombre des OPCVM en activité s’élève aujourd’hui à 183. De grands pas ont été faits en matière de réglementation, de respect des règles éthiques du métier et de création de produits adaptés. Mais les professionnels du marché sont conscients qu’il reste beaucoup à faire, notamment en matière de vulgarisation de ces instruments de placement auprès du grand public, et sur un plan plus général, en matière de modernisation du marché financier dans sa globalité.

Flash-back : cinq fonds grand pubic lancés en 1995

En dix ans d’existence que de chemin parcouru ! Le lancement des cinq premiers fonds grand public en 1995 a été accompagné, la même année, par la création de l’Asfim, association qui veille à la collecte et la diffusion de l’information du secteur, et dont les membres visent le développement de leur métier.
En 1996, le premier OPCVM islamique a vu le jour, ainsi que le premier OPCVM institutionnel. 1997 a été l’année de la création du premier «fonds de fonds», et surtout, c’était l’année de dépassement du seuil des dix milliards de dirhams d’actifs gérés par les OPCVM.
Les nouveautés ne se sont pas arrêtées, même en période de crise à la Bourse de Casablanca. En 1998, le premier OPCVM profilé est né, et en 1999, on a assisté à la création des premiers «fonds indiciels» et «fonds à capital garanti».
En 2000, le premier OPCVM spécialisé dans les petites capitalisations a été lancé, suivi, une année plus tard, par les premiers fonds à but caritatif.
Les actifs gérés ont dépassé en 2002 le seuil des 50 milliards de dirhams, puis celui de 80 milliards en 2004. Aujourd’hui, les OPCVM gèrent un actif net qui dépasse les 95 milliards de dirhams. Le métier de la gestion collective s’est enrichi en 2005 par le premier Palmarès des OPCVM. Une initiative de La Vie éco, en partenariat avec FinAccess et Europerformance. La deuxième édition des « AMT de La Vie éco» aura lieu en avril prochain.
Sur les 183 OPCVM que compte le marché, seuls 45 sont investis en actions alors que 35 sont diversifiés. La plus grosse part est investie en obligations et gère près de 70% des actifs. En effet, la part des actions cotées détenues par les OPCVM dans la capitalisation boursière à fin 2005 ne représentait que 2,60%.
118 OPCVM sont ouverts au grand public, le reste est plutôt dédié. Ils sont détenus par quelque 20 000 personnes physiques et près de 2 200 personnes morales.
Les 183 OPCVM sont gérés par onze sociétés de gestion, dont Wafa Gestion, qui regroupe l’ancienne Wafa Gestion, Attijari Management et Crédit du Maroc Gestion, et qui gère 63 OPCVM, avec un actif net de 36,20 milliards de dirhams à fin 2005, qui représentait plus que 41% de l’actif net global.
Pour ce qui est de la réglementation, elle a connu à son tour, et parallèlement aux innovations techniques qu’a connues le métier, un renforcement dans le but de cadrer l’activité en fixant un certain nombre de règles (voir encadré).

Un accord de coopération bénéfique pour le secteur

Comme souligné plus haut, l’accord de coopération avec l’Association française de gestion constitue le dernier événement en date dans la vie des OPCVM. Il porte sur plusieurs thèmes, dont les principaux sont l’échange d’informations, de publications et d’expériences, le développement de la connaissance des produits de gestion d’épargne et la promotion des conditions d’exercice du métier. L’objectif étant de protéger et d’assurer le meilleur service aux investisseurs. La promotion des normes de gouvernement d’entreprise dans les sociétés faisant l’objet d’investissement, la collaboration en matière de formation professionnelle ainsi que l’organisation commune de conférences fait aussi partie des objectifs visés par cet accord.
L’accord, dont la durée est de deux ans, reconductibles par un commun consentement, actualise en effet une ancienne convention signée en 2000 entre les deux parties. A travers ce nouvel accord, l’Asfim et l’AFG entendent renforcer les liens communs et mettre l’accent sur les aspects pratiques de l’accord, notamment les séminaires de formation.
Des plans d’action devront donner lieu à des engagements communs et spécifiques pour chaque partie, en matière de transfert d’informations et de documents de différentes utilités, d’assistance technique et de conduite de missions ponctuelles.

Ce qui reste à faire

Les efforts faits et les évènements intervenus depuis l’apparition des OPCVM au Maroc témoignent de la dynamique de développement et de modernisation qu’entreprennent les acteurs de ce marché pour promouvoir la gestion collective de l’épargne au niveau réglementaire, d’exercice du métier et des instruments utilisés. Cependant, ces acteurs sont d’accord sur le fait que beaucoup reste à faire pour pousser le marché à un niveau de maturité comparable à celui des pays développés.
D’un côté, l’absence de produits sophistiqués freine le développement des OPCVM. La mise en place du marché à terme, à la fin de cette année, sera favorable à l’introduction de nouveaux produits qui répondront à des besoins qui se font déjà sentir auprès des investisseurs.
D’un autre côté, des efforts de promotion et de vulgarisation de ces produits de placement auprès du grand public, qui dispose d’une épargne importante, doivent également être faits.