Nouveaux types d’ordre, exécution, seuils de réservation…, ce qui change à  la Bourse

Les ordres «au marché» et Â«à  déclenchement» ont été introduits.
Possibilité de ne dévoiler qu’une partie de la quantité d’un ordre.
La société gestionnaire de la Bourse peut désormais éliminer les ordres dont les prix sont excessifs.
Les sociétés de Bourse tenues de contrôler les prix et les volumes des ordres avant leur introduction.

La Bourse de Casablanca a adopté, durant le mois de septembre, un nouveau règlement général. Ce dernier marque l’entrée en vigueur de plusieurs mesures structurantes pour le marché boursier, qui visent à assurer plus de transparence et d’équité pour l’épargnant.

Déjà, durant le premier trimestre de cette année, avec la mise en place du nouveau système de cotation de la Bourse, certaines mesures avaient retenu l’attention, notamment l’anonymat des ordres et des transactions et la suppression du principe de compensation des ordres émanant d’un même intermédiaire. Aujourd’hui, le nouveau règlement général apporte son lot de nouveautés et des changements tout aussi importants pour les investisseurs.

Commençons par les ordres de Bourse. Le nouveau règlement introduit en effet deux nouveaux types d’ordres, les ordres dits «au marché» et ceux dits «à déclenchement».
Le premier, l’ordre au marché, n’est assorti d’aucune indication de prix.

Il est destiné à être exécuté aux différents prix sur le carnet d’ordres, ce qui le rend prioritaire sur tous les autres types d’ordres. Lors de son introduction, il est exécuté au maximum de la quantité disponible, quel que soit le niveau de prix offert ou demandé.

Il s’affiche par la suite sur le carnet d’ordres pour la quantité non exécutée, sans limite de prix. Ce type d’ordre offre l’avantage de la rapidité d’exécution. Cependant, l’investisseur ne peut maîtriser son prix d’achat ou de vente.

Pour sa part, l’ordre dit «à déclenchement» permet de se porter acheteur ou vendeur à partir d’un cours déterminé (au cours fixé et au-dessous s’il s’agit d’un achat, ou au cours fixé et au-dessus s’il s’agit d’une vente). Pour qu’il soit valide, le cours de déclenchement doit être supérieur, pour les ordres d’achat, ou inférieur, pour les ordres de vente, au dernier cours coté. Ce type d’ordre peut être soit «à seuil de déclenchement» soit «à plage de déclenchement».

Il est à seuil de déclenchement lorsqu’il ne comporte qu’une limite de prix à partir de laquelle il est déclenché. Alors qu’il est à plage de déclenchement lorsqu’une deuxième limite de prix fixe le maximum à ne pas dépasser à l’achat ou le minimum en deçà duquel l’ordre n’est pas exécuté à la vente. En cas de déclenchement, les ordres à seuil se transforment en ordres au marché et ceux à plage en ordres limités.

Ce dernier type d’ordre présente l’avantage de permettre une meilleure maîtrise du coût d’une transaction, sauf qu’il peut mettre plus de temps à être exécuté.
Par ailleurs, le nouveau règlement général de la Bourse permet de spécifier les conditions d’exécution d’un ordre, notamment «la quantité dévoilée», la validité «exécutée ou éliminée» et «la quantité minimale».

La quantité dévoilée est la quantité qui sera visible sur le marché. Elle doit être supérieure à 100 titres et inférieure ou égale à la quantité totale de l’ordre. Lorsqu’elle est exécutée, la quantité de l’ordre est renouvelée par le reliquat et l’ordre vient se placer en queue de la file d’attente des ordres à la même limite. Cette condition permet de gérer l’offre et la demande afin d’éviter les variations excessives des cours.

La validité exécutée ou éliminée permet quant à elle à un ordre d’être exécuté pour le maximum de quantité disponible sur le marché à la limite spécifiée et le solde éventuel est éliminé.
Quant à l’ordre à quantité minimale, il est exécuté si la quantité minimale spécifiée est immédiatement et totalement exécutée et le solde de l’ordre reste sur le marché. A défaut, l’ordre entier est éliminé.

Autre nouveauté : la priorité des ordres intègre désormais leur origine. Ainsi, dans un premier temps, la priorité est déterminée en fonction du prix (classement décroissant pour les ordres d’achat et croissant pour les ordres de vente).

A prix identique, la priorité est déterminée selon l’origine de l’ordre (compte client d’abord, puis, successivement, contrepartie, contrats d’animation, programmes de rachat et enfin opérations triangulaires). Et, à prix et origines identiques, la priorité des ordres est déterminée selon l’heure de leur entrée dans le carnet d’ordres.

En plus de ces nouveaux types d’ordre et conditions d’exécution, la Bourse de Casablanca a mis en place une nouvelle phase de cotation appelée «pré-clôture». Pendant cette phase, qui dure une demi-heure après la clôture publique du marché, les ordres sont introduits dans le système de cotation sans provoquer de transactions et ils peuvent être modifiés ou annulés.

A l’heure de clôture, il est procédé pour chaque titre à la confrontation des ordres et, si cette confrontation le permet, à la cotation d’un cours de clôture électronique. Cette nouvelle phase permettra aux investisseurs le dénouement de leurs opérations restantes dans la journée aux cours de clôture.

Pour ce qui est des seuils de variation et des réservations des valeurs, le nouveau règlement introduit, en plus des seuils statiques déjà en vigueur (maximum de 6% par séance et de 10% durant les cinq premières séances pour les nouvelles introductions), des seuils dynamiques à respecter pendant les phases de cotation en continu.

Ils sont fixés par l’application d’un taux de variation, inférieur au maximum autorisé, au cours de la dernière transaction enregistrée en séance de cotation en continu. En cas de franchissement du seuil dynamique, la Bourse de Casablanca peut soit interrompre momentanément la cotation par mesure de précaution, soit procéder à la réservation du cours de la valeur.

Enfin, dans le souci de protéger le marché contre les variations excessives et les manipulations de cours, la société gestionnaire s’est donné le droit d’éliminer les ordres provoquant la réservation d’une valeur, le cas échéant. Il s’agit surtout des cas où des ordres portant sur une faible quantité de titres provoquent une suspension de cotation. De plus, les sociétés de Bourse sont désormais tenues de contrôler les prix et les volumes des ordres avant leur introduction dans le système.