Maroc Telecom renoue légèrement avec la croissance

Les revenus du groupe affichent une croissance de 0,7% à  fin juin, à  14,5 milliards de DH. L’international représente actuellement 29% du chiffre d’affaires global contre 15% en 2009. En raison d’un lourd programme d’investissement, le bénéfice se déleste de 12,8%, à  3 milliards de DH.

L’opérateur historique des télécommunications évolue toujours dans un contexte difficile, marqué par l’acharnement de la concurrence et la poursuite de la baisse des prix du mobile. Malgré cela, le groupe a pu générer, à fin juin, des revenus en légère progression de 0,7% par rapport au même semestre de l’année précédente, s’établissant à 14,5 milliards de DH. Cette hausse trouve son origine dans la croissance soutenue des activités des filiales africaines qui ont enregistré un volume d’affaires de 4,2 milliards de DH, en progression de 11%. Avec ce niveau d’activité, la part des filiales s’est améliorée pour atteindre 29% du chiffre d’affaires global, contre 15% en 2009.

La progression du chiffre d’affaires a été limitée par le repli des activités au Maroc de 2,4%, avec un chiffre d’affaires de 10,6 milliards de DH. Il faut noter que la baisse a été moins accentuée qu’auparavant grâce à la hausse des usages mobile qui a compensé la baisse du prix de la minute sortante, ainsi qu’à la confirmation d’une croissance solide des activités fixe et internet (+5,5% sur une année glissante). Cela s’explique par l’élargissement de la base clientèle du fixe de 9%, à 1,4 million d’abonnés, de l’internet ADSL de 22%, à 923 000 clients, et de l’internet mobile de 112% à 3,8 millions. Sur ces trois créneaux, la part de marché de Maroc Telecom se situe à 90%, 99,96% et 48%. En revanche, le nombre de clients du segment mobile, dont la société accapare une part de 42,3%, est ressorti quasiment stable (+0,6%), atteignant 18,1 millions. Cette progression modérée résulte du ralentissement de la cadence de croissance du parc prépayé (-0,1%) du fait de l’interdiction des ventes de cartes SIM prépayées préactivées. Le parc postpayé, lui, affiche une hausse de 10,2%, portée par l’enrichissement continu des offres (facturation à la seconde, ajout d’heures gratuites et de numéros illimités…).

Cela étant, dans l’ensemble, le parc d’abonnés de l’opérateur, tous segments confondus, s’est élevé à 38 millions de clients, soit une croissance de 9,2% soutenue par la progression du parc à l’international de 19%. En effet, le parc mobile au Gabon a progressé de 16,6%, contre 27% au Burkina Faso et 21,8% au Mali. Par contre, la Mauritanie affiche une baisse de 6,1% en raison de l’assainissement du parc.
Cette performance commerciale n’a pas pu exercer un effet favorable sur le résultat d’exploitation consolidé. Il s’est en effet contracté de 8,2% pour s’établir à près de 5,5 milliards de DH consécutivement à la hausse des charges d’amortissements de 5% liées aux programmes d’investissements réalisés ces dernières années. Le résultat opérationnel au Maroc s’est replié de 11%, à 4,2 milliards de DH alors qu’à l’international, il est en progression de 3,1%, à 1,2 milliard de DH. Quoi qu’il en soit, la marge opérationnelle a perdu 3,6 points pour se situer à 37,5%.

Au final, consécutivement à la baisse du résultat opérationnel, le groupe a dégagé un bénéfice net part du groupe de 3 milliards de DH, en repli de 12,8% par rapport aux six premiers mois de l’exercice dernier, soit une marge nette de 21,1% (-3,2 points).
Notons que les résultats du groupe ont été réalisés dans un contexte réglementaire qui demeure inchangé, à l’exception du renforcement du pouvoir du régulateur au détriment des autorités judiciaires et de l’encadrement des infrastructures haut et très haut débit. Sur ce dernier point, le top management se dit conscient que le partage des infrastructures des réseaux est économiquement bénéfique pour le consommateur et se veut ainsi d’accord sur le partage et le dégroupage des réseaux. Il désapprouve toutefois l’absence d’équité de l’autorité, allusion faite à la nécessité de partage du coût d’investissement également. D’ailleurs, dans ses orientations stratégiques concernant le Maroc, le groupe conditionne la poursuite des investissements dans le très haut débit fixe et mobile par l’introduction de davantage de visibilité dans le cadre réglementaire.

Par ailleurs, le groupe table sur la poursuite du développement des usages dans le mobile et la confirmation de la croissance de l’activité fixe.
Au niveau international, Maroc Telecom anticipe une croissance des parcs et des revenus dans tous les pays où il est implanté. Il envisage aussi d’augmenter le niveau de ses investissements dans la qualité des réseaux et de déployer le très haut débit fixe et mobile. Autre projection : le groupe devrait commencer la commercialisation de la technologie FTTH ou la fibre optique jusqu’au domicile. Toutefois, son implantation dépendra de la demande et de l’évolution du cadre réglementaire.

Quoi qu’il en soit, l’excédent brut d’exploitation devrait ressortir en légère baisse au terme de cet exercice.