Maroc and Roll

En bouclant avec succès son émission obligataire internationale d’un milliard d’euros en septembre dernier, le Maroc n’a pas fait que trouver des ressources pour ses projets de développement ou pour rétablir ses réserves de devises.

En bouclant avec succès son émission obligataire internationale d’un milliard d’euros en septembre dernier, le Maroc n’a pas fait que trouver des ressources pour ses projets de développement ou pour rétablir ses réserves de devises. Il s’est aussi mis en lumière. Alors que l’Europe reste engluée dans la crise de sa dette, les investisseurs s’en détournent pour se diriger vers les grands pays émergents d’Asie et d’Amérique latine, mais également pour explorer d’autres cibles prometteuses. Et le Maroc en est une. Dans une récente recherche, la banque HSBC a publié une étude sur le Royaume, intitulée «Maroc and Roll». Si le calembour est discutable, le contenu est plutôt flatteur. L’étude met l’accent sur la stabilité politique et financière du pays, sur son niveau d’endettement relativement bas, sur ses projets d’infrastructures, ainsi que sur son taux de croissance désormais régulier. Mais ce qui frappe le plus est sa résistance à la crise de l’économie, fortement soutenue par le dynamisme de la demande intérieure. Le Maroc a été en effet l’un des pays de la zone dont l’économie s’est relevée le plus rapidement, ce qui lui a d’ailleurs valu d’obtenir une amélioration de sa note auprès de l’agence S&P. Cela dit, les points négatifs ne manquent pas : chômage élevé, corruption endémique et dépendance toujours importante de l’agriculture aux variations climatiques. Mais surtout, selon HSBC, la principale faiblesse du moment est… la forte exposition à la zone euro. Comme les temps changent !