Maroc 1 Irlande 0

Alors que résonnent encore à  Séoul les échos des batailles sur les monnaies, qui ont animé le dernier sommet du G20, les Européens ont déjà  la tête ailleurs.

Alors que résonnent encore à Séoul les échos des batailles sur les monnaies, qui ont animé le dernier sommet du G20, les Européens ont déjà la tête ailleurs. Et l’urgence, c’est l’Irlande. Le pays n’a plus grand-chose à voir avec le «tigre celtique» qui était donné en exemple pour sa croissance phénoménale. La crise est passée par là et aujourd’hui, selon un récent sondage, plus de la moitié des investisseurs estiment que l’Irlande fera faillite lors des 18 prochains mois. D’ailleurs, les marchés obligataires ne s’y trompent pas. La semaine dernière, les taux d’emprunt à 10 ans irlandais se sont envolés à près de 9%, soit un écart record de 6,5 points par rapport aux taux allemands réputés sans risque. A l’origine de ce coup de chaud, une nouvelle détérioration des finances du pays : malgré un plan d’austérité sans précédent, le gouvernement irlandais devra débourser bien plus que prévu pour sauver son système bancaire. Et le coût de ce sauvetage va propulser le déficit budgétaire au niveau astronomique de 32% du PIB. Pourtant, l’Irlande refuse toujours de faire appel au «fonds européen de stabilité financière», prévu par l’Union européenne et le FMI. C’est peut-être bien ce que l’on appelle «l’entêtement irlandais»… Pendant ce temps, la «Maroc 2020», l’obligation marocaine fraîchement émise sur les marchés, continue de naviguer dans des eaux beaucoup plus calmes. Malgré quelques turbulences, elle s’est maintenue autour du prix d’émission et affiche un rendement stable de 4,5%. Pourvu que ça dure !