Lydec en Bourse : le marché accueille la 1ère concession

Suez et RMA Al Watanya cèdent 14% du capital.
Le prix d’introduction sera compris entre 210 et 240 dirhams par action.
Il sera fixé le 13 juillet.
Près de 46% du montant de l’opération réservés
aux petits porteurs. Première cotation le 18 juillet.

Le coup d’envoi est donné. Près de huit ans après le démarrage de son activité (août 1997), la Lyonnaise des eaux de Casablanca, plus connue sous son acronyme Lydec, s’introduit en Bourse. Son directeur général, Guy Canavy, a présenté les modalités de l’opération mardi 28 juin lors d’une rencontre avec la presse spécialisée.
La Bourse accueille une activité nouvelle. C’est la première fois en effet qu’une entreprise du secteur des services collectifs franchit le pas et fait son entrée sur le marché des actions. C’est d’ailleurs pour cela que ce pas était tant attendu par la communauté financière et celle des investisseurs.
Lydec est notoirement connue du public – casablancais en tout cas – puiqu’elle assure, depuis 1997, la gestion déléguée des services de distribution d’électricité, d’eau et d’assainissement. Mais ce qu’on sait moins, c’est qu’il s’agit de la première expérience mondiale privée d’une gestion simultanée d’eau, d’électricité et d’assainissement liquide.

Le capital de Lydec est déjà marocain à plus de 40 %
C’est, de surcroît, le plus important opérateur en la matière au Maroc, que ce soit en termes de périmètre (communes urbaines de Casablanca, Mohammédia et Aïn Harrouda ainsi que 14 communes rurales de la wilaya de Casablanca), en nombre de clients gérés (4,5 millions d’habitants), d’historique (8 ans d’existence maintenant) et de taille.
Quant au savoir-faire de l’entreprise, il n’est plus à démontrer. «Nous avons pu démontrer la mesure de notre savoir-faire et de son engagement pour faire bénéficier les habitants de Casablanca, Mohammédia, Aïn Harrouda et des autres communes de la wilaya de Casablanca d’un meilleur cadre de vie», résume, non sans fierté, le patron de la société.
Quelques chiffres pour étayer ces propos : le nombre de coupures d’électricité a été divisé par trois depuis le démarrage (on est passé de 913 coupures en 1997 à moins de 300 en 2005), le temps de réhabilitation après coupure a été divisé par 2,5 (14 minutes sont désormais nécessaires contre 33 initialement), une économie de 25 millions de m3 d’eau par an (consommation d’une ville de 800 000 habitants) a été réalisée, preuve d’une amélioration des rendements de l’eau et d’un effort en matière de détection et réparation des fuites. En matière d’assainissement, il faut noter le passage de 52 points noirs en 1996 à 12 points sensibles en période de pluie à fin 2004. Côté investissements, en-tre 1998 et 2004, 4,72 milliards de dirhams ont été engagés pour l’amélioration de la qualité de vie des clients (Lydec en a financé plus de 2,82 milliards). Mais l’engagement global est autrement plus important : 30 milliards de dirhams sur 30 ans, dont 10 milliards financés par Lydec. Des investissements dont l’impact est visible au jour le jour : modernisation du réseau, ouverture de nouvelles agences et, depuis peu, des «espaces service », facturation transparente, agents mieux formés et accueil personnalisé…
Mais si Lydec s’introduit en Bourse aujourd’hui, c’est pour – dixit son président – ouvrir son actionnariat au grand public (clients notamment), aux investisseurs et aux salariés. Ce faisant, elle accroît sa proximité vis-à-vis de la clientèle et motive ses collaborateurs qui pourront souscrire à des conditions avantageuses.
Autre motivation, et pas des moindres : faciliter le recours à des financements externes ultérieurs, grâce à un accès direct aux marchés financiers.
L’opération d’introduction en Bourse s’étale du 4 au 8 juillet courant. Elle se fera par cession de 14 % du capital et ce, à un prix qui sera fixé le 13 juillet, et qui sera nécessairement contenu dans une fourchette allant de 210 à 240 dirhams par action.
Ce sont les groupes Suez et RMA Al Watanya qui se dessaisissent d’une partie de leurs actions. Suez cède ainsi 8 % du capital détenu par ses filiales (à 100 %) Suez Environnement et Elyo. Ce faisant, il conserve 51 % des actions lui assurant la majorité absolue dans le tour de table et respecte son engagement vis-à-vis de l’autorité délégante.
RMA Al Watanya cède quant à elle 6 % du capital pour en garder 15 %. A en croire Azzedine Guessous, administrateur de la compagnie d’assurance, RMA Al Watanya ne s’était porté acquéreur de cette part de capital qu’avec l’engagement de Lydec de s’introduire en Bourse. Laquelle opération lui permet de rendre liquide son patrimoine et d’admettre le titre Lydec en représentation des réserves techniques.

Trois tranches et des privilèges
Trois tranches de souscription sont prévues. La première s’adresse aux employés de l’entreprise qui justifient de 6 mois d’ancienneté au minimum. Ces derniers pourront bénéficier d’une décote de 10 % par rapport au prix public mais aussi, fait inhabituel, d’une garantie de cours et ce, au cours des six mois qui suivent une période obligatoire de trois ans de détention. Aucun montant minimum n’a été déterminé pour la souscription, mais le montant maximum ne doit pas dépasser l’équivalent de 4 mois de salaire.
La deuxième tranche s’adresse, elle, aux souscriptions d’un montant inférieur ou égal à 1 million de dirhams. Elle représente 42, 5 à 45,9 % du montant de l’opération.
Quant à la troisième tranche (42,5 % de l’opération, soit 6 % du capital), elle est réservée exclusivement aux souscriptions supérieures à 1 million de dirhams. Nouveauté : la Lydec veut privilégier les acteurs qui ont vocation à investir à long terme et qui soient de préférence focalisés sur le marché. Ainsi, le montant maximum à souscrire varie en fonction du profil de l’investisseur. Les compagnies d’assurance, caisses de retraite, OPCVM actions et institutionnels étrangers peuvent souscrire jusqu’à 40 MDH, alors que le plafond est de 20 MDH pour les OPCVM diversifiés et de 10 MDH pour les autres investisseurs.