L’ouverture du capital de la Bourse sera bouclée avant la fin du mois

Le cahier des charges liant l’Etat à l’institution vient d’être paraphé. Plusieurs missions centrées autour de 4 axes pour la société gestionnaire. Les statuts, le pacte d’actionnaires et l’entrée effective des nouveaux opérateurs dans le capital dans les prochaines semaines.

Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le processus d’ouverture du capital de la Bourse de Casablanca. Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances, a présidé vendredi 6 mai la cérémonie de paraphe du cahier des charges liant l’Etat aux nouveaux actionnaires de la société gestionnaire de la bourse (banques, entreprises d’assurances, sociétés de bourse, la CDG et Casablanca Finance City Authority). Un acte qui marque le démarrage d’une nouvelle ère pour la place casablancaise dont les maîtres mots sont la relance, la dynamisation et l’intégration du marché des capitaux pour qu’il puisse jouer pleinement son rôle en matière de financement de l’économie, et ce, de façon efficiente et transparente.

C’est pour répondre à cet objectif que le cahier des charges a défini les missions de cette institution en les centrant autour de 4 axes principaux. Le premier porte sur l’implication, dans la définition et la mise en œuvre de la stratégie de développement des marchés de capitaux, des principaux intervenants du secteur financier à travers la nouvelle structure de l’actionnariat. De fait, il ne s’agit pas seulement de répartir le capital de la bourse entre les principaux acteurs du marché, mais de les mettre autour d’une même table avec comme leitmotiv le développement du marché au service de l’économie. Il est également prévu l’ouverture, dans une prochaine étape, du capital de la bourse à un partenaire stratégique qui pourra apporter son expertise et son savoir-faire.

La démutualisation, selon M. Boussaid, témoigne d’un niveau de maturité du marché qui nécessite de passer à un autre palier en impliquant directement dans la gestion de la bourse des acteurs et professionnels qui peuvent impulser le développement du marché. Elle s’accompagne d’un renforcement des règles de bonne gouvernance de cette institution, à travers notamment la mise en place de comités spécialisés pour assister le Conseil d’Administration et l’obligation que les différents organes d’administration disposent chacun d’un nombre minimum d’administrateurs indépendants.

Rôle étendu en matière de développement du marché des capitaux

Dans le même ordre d’idées, un comité de suivi sera institué afin de s’assurer de la mise en place des nouvelles infrastructures du marché mais aussi de jouer le rôle d’interface entre la bourse et les autorités pour recueillir toute proposition allant dans le sens de l’amélioration de l’organisation et de l’efficience du marché.

Le deuxième axe est la mise en place d’une plateforme intégrée en érigeant la bourse en holding qui gère l’ensemble de l’infrastructure du marché et qui intervient ainsi sur toute la chaîne de valeur des transactions financières. Dans les faits, ce choix se traduit, tout d’abord, par l’élargissement des missions de la bourse pour non seulement assurer les conditions efficientes de fonctionnement du marché au comptant, mais également lancer le marché à terme avec la mise en place de sa société gestionnaire et de sa Chambre de compensation. Il se traduit, ensuite, par l’adoption d’un nouveau schéma d’organisation de l’ensemble de l’infrastructure du marché qui dégage des synergies évidentes et concourt à l’amélioration de la compétitivité de la place financière.

Aussi, le cahier des charges a pour but l’assignation à l’institution de la bourse, dans le cadre de l’objectif de relance et de dynamisation du marché, d’un rôle étendu en matière de développement du marché boursier à travers notamment la structuration d’instruments financiers à lancer sur le marché boursier et, de façon globale, l’enrichissement continu de l’offre de produits et services, et ce, dans les meilleures conditions de coût et de qualité. Le ministre a affirmé à cet égard que la nouvelle structure de l’actionnariat offre une opportunité de taille en la matière tant les institutions représentées sont les acteurs qui font le marché.

Enfin, le quatrième axe qui traduit la volonté explicite et forte que la bourse doit accompagner le positionnement de Casablanca Finance City en tant que hub financier régional est donc de développer une vision et une stratégie régionale. L’entrée de CFCA dans le capital de la bourse intervient dans ce sens. La bourse devra ainsi contribuer à la mise en place d’un environnement compétitif pour la cotation des titres étrangers et la diversification des instruments financiers offerts aux investisseurs internationaux, et jouer un rôle plus actif sur la scène financière africaine.

Le ministre des finances a par ailleurs saisi l’occasion pour présenter les diverses mesures de développement du marché boursier qui ont été mises en place ou qui sont en cours de l’être. On peut citer notamment le renforcement de la supervision et de la transparence du secteur financier en octroyant plus d’indépendance et plus de pouvoirs aux autorités de supervision ;  le renforcement de la panoplie d’instruments financiers et de marchés offerts aux investisseurs et aux émetteurs ; la mise en place de partenariats stratégiques avec de grandes institutions et places financières…

Notons que la prochaine étape dans le processus d’ouverture du capital de la bourse est la finalisation de ses nouveaux statuts et du pacte d’actionnaires et la concrétisation effective des opérations d’entrée dans le capital. Le ministre des finances a insisté sur le fait que l’ensemble de ces documents et opérations doivent être réalisés avant la fin du mois.