L’offre des cartes de paiement en ligne s’élargit

La Société Générale et Attjariwafa bank ont lancé des cartes de paiement dédiées aux sites marocains. Leur coût annuel varie de 49,50 DH chez la première banque à  55 DH chez la seconde. L’offre de cartes de paiement à  l’international est plus large avec une cotisation annuelle comprise entre 30DH et 110 DH.

L’achat en ligne se démocratise chaque jour un peu plus au Maroc. Il ne s’agit pas d’un phénomène de mode mais d’un réel changement dans les habitudes du consommateur marocain. Le manque de temps, l’indisponibilité de certains produits dans le pays ou dans quelque-unes de ses régions, ou encore la possibilité de réaliser des économies en achetant en ligne expliquent, entre autres, cette nouvelle tendance. L’élargissement de l’accès à Internet et le renforcement de la sécurité des transactions électroniques y sont également pour quelque chose. Résultat : les achats vont des produits de consommation courante aux articles électroniques, en passant par les services et les contenus virtuels de divertissement.
Dans ce contexte, les sites marchands ne cessent de se multiplier, atteignant à la fin du premier semestre 319 portails actifs, contre 219 à la même période de l’année précédente, soit une croissance de 46%. Pour sa part, le nombre de transactions recensées par le Centre monétique interbancaire (CMI) a progressé de 47% pour s’élever à 811 815, pour un montant s’élevant à 483,2 MDH, soit 36% de plus qu’une année auparavant. Par ailleurs, les adeptes de l’achat en ligne sont au nombre de 60 699 à fin juin. Le montant moyen de chaque transaction s’élève à 554 DH. Les sites marchands internationaux sont autant plébiscités que les sites nationaux, et ce, depuis que l’Office des changes a accordé un plafond de 10 000 DH par an aux détenteurs de cartes bancaires désirant effectuer des opérations à l’étranger, en plus de la dotation touristique annuelle qui est de 40 000 DH.

Constatant ces évolutions, les banques n’ont pas hésité à mettre sur le marché des cartes bancaires dédiées à l’achat en ligne, que ce soit au niveau national ou international. Ces cartes offrent un niveau de sécurité très élevé. D’ailleurs, nombre de banques ont migré vers la norme de sécurité 3D Secure comme Attijariwafa bank, Crédit du Maroc et la Banque Populaire.
Cela dit, si certaines d’entre elles ont déployé les moyens nécessaires pour lancer des cartes destinées exclusivement au paiement en ligne au Maroc, telles que la Société Générale (SG) et Attijariwafa bank, les autres reposent toujours sur l’ancien modèle selon lequel les achats en ligne au Maroc s’effectuent à travers leurs cartes bancaires classiques de retrait et de paiement. Elles ont par contre toutes mis en place des cartes dédiées au paiement à l’international.

En effet, la SG a lancé pour ses clients détenteurs d’un compte à vue, My [email protected] Maroc, valable uniquement sur le territoire marocain pour le paiement sur les sites internet affiliés au CMI. En plus du règlement des achats en ligne, la carte permet également des opérations de retrait d’espèces. Elle a une durée de validité de quatre années, renouvelable tacitement, et coûte 55 DH par an.

La carte Wajda d’Attijariwafa bank est, pour sa part, destinée aux clients et non-clients de la banque, qu’ils soient particuliers ou professionnels. D’un coût de 49,5 DH par an, elle a une durée d’utilisation de deux années renouvelable sur demande expresse de son souscripteur. Elle offre les mêmes prestations que la carte de la SG, à savoir le retrait d’espèces et le paiement sur les sites marchands marocains, moyennant toutefois des commissions. Ainsi, la banque facture le chargement de la carte à travers le versement d’espèces à 10 DH HT. Idem pour le déchargement total. Par ailleurs, si besoin est, le client a la possibilité de demander à la banque de remplacer sa carte suite à une mise en opposition ou à une défectuosité. Cela engendre évidemment des frais de l’ordre de 30 DH HT.

Le plafond de 10 000 DH par an pour les achats internationaux n’est pas cumulable

En fait, ces cartes de paiement sont des cartes prépayées que le détenteur devra recharger à travers un virement à partir de son compte à vue. Une fois un paiement effectué, le solde de la e-card est débité du montant de la transaction et des commissions liées à l’opération d’achat jusqu’à épuisement du solde. Attijariwafa bank a fixé la capacité de retrait et de paiement à 20 000 DH, plafonnée à 100 000 DH par semaine.

Au-delà du retrait et du paiement, d’autres fonctionnalités sont adossées à ces cartes, tels que la consultation du solde, l’édition de mini-relevés des dix dernières opérations ainsi que le choix du code confidentiel.
Hormis ces deux établissements, la Banque Populaire a mis en place la «i-card», une carte qui permet le paiement électronique aussi bien au niveau national qu’international. Deux plafonds de paiement sur internet sont fixés par la banque : l’un au niveau national, avec un montant maximum de 50 000 DH par an, et un autre au niveau international de 10000 DH fixé par voie réglementaire.

Les autres banques ne disposent pas de cartes spécifiques pour les paiements en ligne nationaux, mais offrent des cartes bancaires de paiement électronique à l’international, à l’instar de la BMCE avec e-Pay, du CIH avec la e-shopping et du CDM avec la e-buy. Attijariwafa bank et la Société Générale ne sont pas en reste puisqu’elles proposent la web pay pour la première et la [email protected] pour la seconde. Ayant la même fonctionnalité, à savoir le paiement des achats sur les sites marchands, elles sont toutes dotées d’un plafond ne pouvant dépasser 10 000 DH. Précisons que cette dotation n’est pas rechargeable, encore moins cumulable. Autrement dit, le solde sera débité au fur et à mesure que le client effectue des transactions et si à la fin de l’année, le solde ressort créditeur, il ne peut en aucun cas être reporté à l’année suivante. Cela dit, le client a la possibilité de demander la restitution du reliquat non utilisé ou son versement sur son compte courant.
En tout cas, la conversion en dirhams des opérations réalisées sur sites étrangers est effectuée le jour du traitement de la transaction, et ce, au taux de change en vigueur le jour de la conversion. Une commission de 2,2% TTC du montant de chaque transaction est par ailleurs prélevée à partir du compte adossé à la carte et non du montant de la dotation chargée chez Attijariwafa bank. Auprès de la SG, cette commission est de 15 DH.

Notons que les transactions sur certains sites marchands internationaux tels que les associations religieuses, les casinos, les loteries… ne sont pas autorisés et seule la responsabilité du porteur de la carte est engagée en cas de réalisation d’opérations sur l’un de ces sites ; la banque étant dans ce cas tenue de déclarer ces transactions à l’Office des changes.
Cependant, une différence existe entre les banques concernant l’adossement de la carte de paiement à l’international. En effet, au moment où le CDM, Attijariwafa bank, la SG et la BCP conditionnent l’octroi de la carte par la détention d’un compte bancaire auprès d’eux, BMCE Bank et le CIH se démarquent en adossant la carte à un compte virtuel qui n’agit pas directement sur le compte chèque.

Par ailleurs, cette carte de paiement a une durée de validité de 2 ans auprès d’Attijariwafa bank et de la BMCE où elle est facturée respectivement à 33 DH et 110 DH annuellement, et de 3 ans chez le CIH avec une cotisation de 60 DH. Auprès de la SG, la carte est délivrée pour une durée de 4 ans, moyennant le paiement de 90 DH à la date de souscription et à chaque anniversaire. Enfin, la durée de vie de la carte internationale est de 4 ans auprès du CDM.