LOA : jusqu’à  8% d’économie par rapport au crédit classique

Les sociétés de financement se sont adaptées au nouveau cadre fiscal.
La production de la LOA a progressé de 45% à  fin septembre. Les opérateurs n’excluent pas d’autres changements réglementaires.

Le financement à travers la Location avec option d’achat (LOA) est redevenu attractif pour les acquéreurs de voitures. L’année 2014 a enregistré une montée en flèche de l’encours de cette formule de financement au détriment du crédit auto classique ou encore des produits islamiques. En effet, la production s’est élevée à près de 2 milliards de DH sur les neuf premiers mois de 2014, en progression de 45% par rapport à la même période en 2013 contre une chute de 32% cette même année par rapport à 2012. L’encours a de ce fait enregistré une hausse de 20% pour s’établir à 8,2 milliards de DH contre une stagnation en 2013, à 7,8 milliards de DH. Pour rappel, 2013 a été une année de rupture pour la LOA qui enregistrait avant des taux de progression honorables. La formule ne séduisait plus personne et ne figurait même plus dans les offres de financement automobile des sociétés de crédit. «C’est donc juste un retour à la normale», précise un directeur d’une société de financement.

Il faut dire que la LOA a été victime de plusieurs changements réglementaires qui ont déstabilisé la clientèle. Entre relèvement à deux reprises du taux de la TVA, suppression du remboursement de cette taxe pour les entreprises et sa réinstauration, et changement du mode de calcul de la TVA sur la vente des voitures d’occasion, nombre de clients se sont détournés de ce produit de financement. Mais les sociétés de crédit ont su s’adapter au nouveau contexte et ainsi rendre la LOA aussi attrayante qu’auparavant. Quoi qu’il en soit, opter aujourd’hui pour cette formule est plus intéressant que de prendre un crédit classique.
Prenons l’exemple d’une personne souhaitant acquérir une voiture neuve d’un montant de 300 000 DH en effectuant un apport personnel de 30%, soit 90 000 DH. En optant pour un crédit classique de 48 mois chez Salafin, l’acquéreur devra payer une mensualité de 5 923 DH. En intégrant les frais de dossier de 4 643 DH et les frais d’assurance de 1 600 DH, le coût global du crédit se monte à 290 000 DH. En somme, la voiture devra coûter 380 558 DH, avance comprise. Le financement par LOA donne lieu à un apport de 98 057 DH (comprenant les frais de dossier et d’assurance), une traite de 5 194,5 DH ainsi qu’une valeur résiduelle de 3 000 DH. Ainsi, le coût du crédit s’élève à 252 336 DH et le coût de la voiture à 350393 DH si l’on intègre l’apport personnel. Le différentiel entre les deux formules ressort donc à un peu plus de 30 000 DH. Le crédit classique est dans ce cas de 8% plus cher que la LOA.

Passons chez une autre société de financement. Auprès d’Eqdom, la mensualité du crédit classique s’élève à 5563 DH contre 5 174 DH pour la LOA, avec un apport qui atteint 94 860 DH dans le premier cas et 97 188 DH dans le second, frais d’assurance et de dossiers compris. Le véhicule devra ainsi coûter 361 884 DH dans le cas d’un crédit auto classique et 343 366 DH dans le cas de la LOA (y compris une valeur résiduelle de 3 000 DH), soit une différence de 18 518 DH ou 5,4% au profit de la LOA.
Cela dit, si certaines sociétés de crédit ont fourni des efforts pour rendre la LOA plus attractive à coup de publicité, de restructuration des offres, de baisse des taux…, d’autres continuent de mettre en avant le crédit classique. Tel est le cas de Sofac chez qui le crédit auto classique revient moins cher. Chez cette société de crédit, le client qui opte pour un financement LOA a la possibilité de choisir le niveau de la valeur résiduelle à payer (de 1 à 6% de la valeur du véhicule). En reprenant notre exemple, l’acquéreur devra payer des échéances variant de 5572 DH pour une VR (1%) de 2500 DH à 5 323 DH pour une VR (6%) de 15 000 DH, selon son choix, sachant que l’apport personnel s’élève à 96000 DH, tous frais compris. Par conséquent, le coût de la LOA tourne autour de 270000 DH. Le crédit classique, lui, donne lieu à une traite de 5 372 DH, soit un coût global de 258 000 DH et ce, pour le même niveau d’apport initial. Ainsi, la différence entre les deux formules de financement se monte à 12 000 DH, soit 4% de moins en faveur de la solution classique.

Notons qu’avant le 1er janvier 2013, la LOA était nettement plus intéressante qu’actuellement vu l’économie qu’elle permettait de dégager par rapport au crédit classique. Mais cette économie a été réduite par la décision prise dans le cadre de la Loi de finances 2014 de soumettre la valeur résiduelle à la même taxe que les mensualités. Ce qui a fait monter le coût global du crédit et créé une fuite des clients vers le crédit auto classique. Actuellement, les sociétés de crédit se sont certes adaptées au contexte mais le différentiel par rapport au crédit classique n’est pas revenu à son niveau d’avant 2013. «Alors que la différence entre le coût du crédit classique et celui d’une LOA était de l’ordre de 20%, elle tourne en moyenne autour de 5% actuellement», explique un professionnel.
Rappelons que le cadre fiscal de la LOA a subi plusieurs changements de taille en 7 ans. Entre autres, les loyers ont subi un relèvement du taux de la TVA de 7% à 10% en 2006. Une année après, le taux a été porté à 20%. En 2013, alors que la Loi de finances a prévu une TVA de 20% sur la plus-value de vente des voitures d’occasion, c’est la valeur résiduelle à payer au terme d’un financement par LOA qui a été directement touchée vu qu’elle est assimilée à la marge brute dégagée lors de la vente d’une voiture d’occasion. Ainsi, les mensualités ainsi que la valeur résiduelle sont soumises à une TVA de 20%. «Et l’on peut s’attendre à d’autres réaménagements dans les prochaines années», anticipe un professionnel du secteur.
Toujours est-il que la LOA continue d’être la formule préférée des clients, bien que l’écart entre ce moyen de financement et le crédit auto classique soit de plus en plus réduit.
D’autant que les sociétés de financement, dans leur majorité, font tout pour convaincre de l’intérêt que présente la formule. D’ailleurs, certaines d’entre elles innovent dans la commercialisation de cette solution, en modulant les mensualités en fonction de la valeur résiduelle à choisir, en proposant de financer la totalité de la valeur du véhicule ou encore en relevant le montant maximum à accorder (voir encadré).

Ces innovations sont évidemment dans l’intérêt des sociétés de financement vu les avantages qu’elles en tirent. Un directeur d’une société de financement explique: «La LOA est avant tout un contrat de location. Le véhicule reste donc la propriété de la société de crédit qui le garde sur son bilan jusqu’à l’obtention de la main-levée par le client. Du coup, en cas d’impayés par exemple, la procédure judiciaire est plus simple à engager». Et d’ajouter : «Si la procédure débouche sur une vente aux enchères, elle s’effectue au siège social de la société de financement contrairement au crédit classique». Dans ce dernier cas, les enchères sont organisées dans le lieu de récupération du véhicule. Ce qui entraîne nombre de difficultés administratives et charges financières également.
Au final, bien que l’évolution du cadre réglementaire a été défavorable à la LOA, elle demeure avantageuse aussi bien pour le client que pour la société de financement.