Les valeurs sur lesquelles il faut miser en 2011 selon CDM Capital

La sélection proposée par Crédit du Maroc Capital comprend 21 valeurs appartenant à  15 secteurs d’activité. Deux lots de titres : les grosses capitalisations à  fondamentaux solides et les small caps à  fort potentiel de croissance.

Les recommandations des sociétés de Bourse pour l’année 2011 se succèdent. Après BMCE Capital, Attijariwafa bank et CFG, c’est au tour de Crédit du Maroc Capital (CDMC) de publier son portefeuille recommandé de titres pour cette année. La sélection proposée comprend 21 valeurs appartenant à 15 secteurs d’activité (voir tableau en bas). La société de Bourse les a filtrées après avoir procédé à une analyse fondamentale et technique du marché boursier dans sa globalité, ainsi que des principaux secteurs et valeurs de la cote.
Notons tout d’abord qu’après avoir analysé l’évolution du marché en 2010 (+21) et déterminé les valeurs qui ont contribué à cette performance, CDMC prévoit que la croissance du marché en 2011 sera de l’ordre de 17,45%. Une prévision optimiste qui tient compte des poids respectifs dans la capitalisation flottante de chacune des valeurs qui composent sa sélection (cette dernière représente 71,76% de la capitalisation flottante du marché), et du potentiel d’évolution escompté de chaque valeur de la sélection.
La société de Bourse estime que le marché ne tient pas compte du potentiel de croissance d’un nombre non négligeable de secteurs. Elle précise également que son niveau de valorisation, jugé cher, émane d’un certain nombre de spécificités intrinsèques (plafonnement de l’investissement étranger des institutionnels marocains, engouement des investisseurs étrangers pour le Maroc, absence d’alternative d’investissement dans le secteur financier…), et ne concerne qu’un nombre limité de valeurs cotées (BMCE Bank, Atlanta, CGI, Managem, Sonasid…). En retraitant les indicateurs de valorisation du marché via l’exclusion de ces valeurs chères, on retrouve des secteurs bien positionnés et correctement valorisés comme celui des banques, télécoms, immobilier, bâtiment et matériaux de construction, gaz, nouvelles technologies, transport et agroalimentaire, ainsi que des secteurs sous-évalués ou peu appréciés par le marché, notamment ceux de la distribution, de la chimie, des sociétés de financement et des services aux collectivités.
Les small & mid caps représentent les deux tiers du portefeuille recommandé
Compte tenu de ces éléments, le panel de valeurs proposé par CDMC a été constitué de deux lots de valeurs. Le premier concerne les grosses capitalisations de la cote, qui représentent continuellement un potentiel de hausse intéressant et dont les fondamentaux restent solides même durant les périodes de crise. Il s’agit d’Attijariwafa bank, la BCP, Addoha, Delta Holding, Maroc Telecom, Lafarge Ciments et Holcim. Le second lot comprend pour sa part les petites et moyennes capitalisations qui sont «négligées» par le marché malgré leurs stratégies de développement prometteuses et la bonne visibilité offerte par leurs plans d’affaires. Il s’agit dans cette catégorie de valeurs d’Aluminium du Maroc, Afriquia Gaz, CMT, Lydec, Cosumar, Dari Couspate, Branoma, HPS, Disway, Auto Hall, Timar, Maghreb Oxygène, Colorado et Nexans.
La sélection de valeurs de CDMC est ainsi composée à hauteur des deux tiers par les petites et moyennes capitalisations. L’objectif étant double : anticiper la montée en puissance de cette catégorie de valeurs en 2011 et se prémunir contre les risques de retournement de tendance du marché.
Cette diversification est jugée importante par la société de Bourse car même si elle prévoit une croissance boursière de l’ordre de 17,45% en 2011, elle n’exclut pas un certain nombre d’événements qui risquent d’entraver la réalisation de cette performance. Il s’agit, entre autres, de la décision étatique de concrétiser la cession partielle du capital de Maroc Telecom (la programmation de cette opération en 2012 risque de déclencher durant le deuxième semestre 2011 un attentisme des investisseurs, surtout si le prix de cession est inférieur à celui offert par le marché), des délais administratifs et des aléas climatiques qui pourraient entraîner des retards de livraison des programmes immobiliers des promoteurs cotés, et de la perte de vitesse momentanée du marché suite au redémarrage des introductions en Bourse (l’intérêt des investisseurs pourrait se détourner des actions existantes sur le marché en faveur des nouvelles souscriptions).