Les titres de créances négociables attirent de plus en plus d’investisseurs

Leur encours a augmenté de 33% entre juin 2008 et juin 2009 pour dépasser les 36 milliards de DH.
Ils sont plus prisés que les emprunts obligataires.
Les certificats de dépôt des banques constituent le plus gros de l’encours, les billets de trésorerie des entreprises ont plus que doublé.

Le marché des titres de créances négociables (TCN) ne faisait historiquement pas le poids devant les compartiments actions et obligations en termes de taille et d’attractivité. Aujourd’hui, la situation semble avoir changé. En effet, alors que ce marché, qui englobe les certificats de dépôt des banques, les billets de trésorerie des entreprises et les bons de sociétés de financement (BSF), dépassait à peine les 5 milliards de DH en 2004 en termes d’émissions, il a pu en 2008 atteindre 38 milliards de DH de titres créés. Ceci alors que les emprunts obligataires d’entreprises privées se sont limités à 10 milliards de DH et les augmentations de capital sur le marché actions à 3,7 milliards.
En 2009, la même tendance est observée. Les émissions sur le marché des TCN durant les sept premiers mois de l’année ont totalisé plus de 17 milliards de DH, selon les statistiques de Bank Al-Maghrib. En face, les emprunts obligataires n’ont pas dépassé les 7 milliards de DH et seulement 2 milliards ont été levés sur le marché actions.
Qu’est-ce qui explique cet engouement sur le marché des TCN ? Qui émet et qui souscrit ? Rappelons d’abord que la crise de confiance qui sévit sur le marché boursier casablancais n’encourage pas les entreprises à lever des fonds sur le compartiment actions. D’une part, par crainte que les titres à créer ne trouvent pas preneur, d’autre part, par peur que les cours ne s’orientent à la baisse après la cotation, ce qui finit par dégrader la valeur des entreprises. Pour ce qui est des emprunts obligataires, notons que les volumes enregistrés ces derniers temps pour ce type de financement résultent principalement de l’obligation du secteur bancaire de se conformer aux normes Bâle II sur le plan des fonds propres. En dehors des émissions d’obligations subordonnées auxquelles ont procédé les banques de la place depuis 2008 pour renforcer leurs fonds propres, ce marché n’aurait en effet connu que peu d’opérations portant sur de petits montants, le niveau relativement élevé des taux et la complexité des procédures obligent.

Les besoins de liquidité des banques dopent le marché des TCN
Le marché des TCN, lui, s’est bien porté depuis 2008 pour plusieurs raisons. D’abord, même si les opérations sur ce compartiment ont besoin du visa du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), elles sont moins compliquées à boucler qu’une augmentation de capital ou un emprunt obligataire. Elles ne nécessitent pas l’élaboration à chaque fois d’une note d’information mais seulement une mise à jour du dossier de l’émetteur. Ensuite, ces opérations répondent mieux aux besoins des établissements financiers et des entreprises qui les effectuent. Les TCN sont, en effet, émis sur le court et le moyen terme (de 10 jours à 5 ans), ce qui permet aux émetteurs de financer leurs besoins passagers de trésorerie, même s’ils sont importants, et ce à des taux adéquats (entre 3,5% et 4,5% actuellement selon la maturité). En face, les investisseurs y trouvent également leur compte, avec des taux de rémunération semblables à ceux des bons du Trésor, une liquidité importante et un risque quasi-nul. Les certificats de dépôts constituent le plus gros du marché des TCN. Leur encours à fin juin 2009 s’élevait à près de 30 milliards de DH, en hausse de 36% par rapport à fin juin 2008. Une progression importante qui illustre  clairement les besoins en liquidités des banques. Attijariwafa bank, BMCE Bank, BMCI, Crédit du Maroc et Société Générale sont toutes des institutions qui ont des certificats de dépôt en circulations sur le marché. Des certificats auxquels ont souscrit initialement, d’une façon majoritaire, d’autres établissements de crédit (dont la CDG) et les Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM). Les particuliers ont eu aussi leur part du gâteau, avec un encours détenu à fin juin 2009 de 400 MDH. Les billets de trésorerie, qui courent sur une échéance moins longue que les certificats de dépôts (1 an maximum), ont également connu un engouement particulier de la part des entreprises et des investisseurs. Leur encours a plus que doublé entre juin 2008 et juin 2009, passant à 2,4 milliards de DH. Les émetteurs de ces billets ne sont autres que des sociétés cotées connues comme la SNI, Ona, Distrisoft et Nexans Maroc. Les investisseurs, eux, sont principalement les OPCVM et les entreprises non financières qui ont des excédents de trésorerie.
Enfin, les bons de sociétés de financement (BSF)  sont en légère perte de vitesse, les sociétés de crédit procédant de moins en moins à des émissions dans ce compartiment. Leur encours a baissé de 5,4% de juin 2008 à juin 2009, à 3,8 milliards de DH.
Maghrebail, Salafin, Eqdom, Maroc Leasing et Acred ont toujours des bons en circulation sur le marché et auxquels ont souscrit initalement des banques, la CDG, les OPCVM et une poignée de particuliers.