Les start-up toujours sous les projecteurs

Dernier programme lancé : «Hseven Rise-up». Il concerne les projets à fort potentiel et impact en Afrique et dans le monde. Une subvention de 200 000 DH et un prêt d’honneur de 500 000 DH sont prévus.

Les start-up, leur lancement, leur développement, leur financement… sont toujours au cœur des débats au Maroc. Entre hackathons, pitchs, remises de prix, mentoring…, l’accompagnement de ces startupers n’a jamais été aussi intense. D’ailleurs, un nouveau programme d’incubation a vu le jour : «Hseven Rise-up». Son objectif est de permettre aux porteurs de projets de concrétiser leurs idées et de lancer leurs start-up à fort impact en 6 mois.

Derrière ce programme se trouve la Caisse centrale de garantie (CCG) qui, avec le soutien du ministère de l’économie et des finances et l’appui de la banque mondiale, fait bénéficier les entrepreneurs sélectionnés d’une subvention (Innov-Idea) de 200 000 DH, et ce dès le démarrage du programme, et un prêt d’honneur (Innov-Start) de 500000 DH, après 12 semaines.

Néanmoins, tout porteur de projet ne peut avoir accès automatiquement à ce financement ou ce programme. Ce dernier s’adresse aux projets tenus par une équipe d’au moins deux entrepreneurs et dont l’impact et le potentiel sont mesurés à grande échelle tant en Afrique que dans le monde, que ce soit à travers les services, les produits, les modèles économiques novateurs, ou autres procédés.

Sur le terrain, un programme de 24 semaines est prévu, au cours duquel des entrepreneurs, des experts internationaux et des mentors expérimentés devront accompagner les entrepreneurs sélectionnés pour valider leur concept et concevoir leur modèle de croissance. Prêter main forte à ces jeunes entrepreneurs ne devrait pas s’arrêter là, puisque le programme en question permettra également à ces porteurs de projets de bâtir une équipe, de lancer leur start-up, de configurer leurs processus et leurs indicateurs de performance ainsi que de commercialiser leur offre, de signer les premiers contrats et de réaliser la première levée de fonds.

Deux phases sont ainsi prévues par le Hseven Rise-up. Lors de la première, appelée «Idea», les entrepreneurs sélectionnés bénéficieront de 7 Design sprints, 12 séances de mentoring sur-mesure et 12 autres de travail hebdomadaires avec l’équipe de Hseven, 8 680 dollars de solutions Amazon Web services, 3 mois d’hébergement au sein du campus de Hseven Casablanca Marina et une semaine d’immersion au sein d’une des capitales mondiales de l’innovation, Shenzhen ou Amsterdam. Durant la seconde phase, nommée «Start», les entrepreneurs sélectionnés bénéficieront de 12 Workshops, 12 séances de mentoring sur-mesure, 12 séances de travail hebdomadaires avec l’équipe de Hseven, 15 680 dollars de solutions Amazon Web services, 3 mois d’hébergement au sein du campus de Hseven Casablanca Marina et une semaine d’immersion au sein d’un des plus dynamiques écosystèmes entrepreneuriaux au monde, Dubaï ou San Francisco.

Il faut noter également que l’incubateur mettra à la disposition des entrepreneurs son réseau de plus de 350 mentors, de leaders influents et celui de ses partenaires afin de leur faciliter l’accès aux marchés auprès des plus grandes entreprises nationales et internationales et à plus de financement à travers les 50 firmes de capital-risque intéressées par les start-up marocaines. Il ne manque plus aux porteurs de projets que de se lancer, puisque l’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 7 décembre prochain. Il sera suivi d’une sélection dans les principales villes marocaines et l’annonce des 20 projets retenus.

Ce programme, à côté d’une dizaine d’autres initiés tant par la CDG, la CCG, la CFCIM, l’OCP… ainsi que des sociétés privées, à l’instar d’Afriquia, viennent répondre à un besoin d’accompagnement sans cesse croissant et fortement exprimé par les porteurs de projets. Ils visent tous à promouvoir les idées innovantes et à aider et assister les jeunes à se lancer, car en plus des difficultés de financement bancaire qu’ils rencontrent, les porteurs de projets font face à plusieurs contraintes liées, entre autres, à la lourdeur et la complexité des démarches administratives et des procédures judiciaires, l’absence d’instruments financiers en phase avec les besoins des entrepreneurs et investisseurs, le faible soutien financier public aux structures d’accompagnement, le manque d’incitations fiscales pour les investissements en recherche et développement.. Même le capital-investissement, dédié à financer ce type d’entreprises, est jugé assez faible.

Bien que l’attention soit particulièrement tournée vers les jeunes entrepreneurs, plusieurs contraintes restent à lever, ne serait-ce qu’au niveau de la collecte des données consolidées relatives à l’écosystème, à l’exception d’une cartographie publiée récemment par Moroccan Start-up Ecosystem catalysts (MSEC), non exhaustives, et qui identifie près de 150 start-up innovantes et 25 structures d’accompagnement. D’autant qu’il serait aussi intéressant qu’utile d’avoir une instance de pilotage qui rassemble l’ensemble des incubateurs et des programmes initiés, en vue de disposer d’une vision transversale, mais, aussi, de permettre davantage de synergies entre les institutions.