Les sociétés cotées feront mieux au 2e semestre, selon BKR

Hausse du RNPG global de 3,6% en 2019 et de 6,5% en 2020. En 2020, la valeur des dividendes ordinaires devrait se hisser de 3,9%.

BMCE Capital Research a revu à la baisse ses prévisions à fin 2019. La masse bénéficiaire de sa sélection composée des 40 valeurs (Scope 40) représentant plus de 95% de la capitalisation boursière devrait ressortir en hausse de 3,6% à 30,4 milliards. Cette correction tient compte de plusieurs facteurs, à savoir la mise en place de nouvelles contraintes fiscales et comptables, notamment de la contribution de solidarité (de 2,5% instaurée par la LF 2019 pour les sociétés dont les bénéfices avant impôts sont supérieurs à 40 MDH) et de l’IFRIC 23. En retraitant l’impact de la cotisation sociale de solidarité, le RNPG du périmètre de couverture de BKR devrait afficher un taux de croissance de 6,7% à 31,3 milliards de DH.

Evolution du PER sur les dix dernières années
Evolution du PER sur les dix dernières années

Les estimations à fin 2019 tiennent également compte des réalisations financières semestrielles plutôt décevantes et de la morosité continue des secteurs BTP et immobilier. L’impact de la baisse des cours des métaux précieux, malgré un effet de base favorable du fait de la non-récurrence des contrôles fiscaux enregistrés à fin 2018. Et enfin, l’atténuation limitée du mouvement du boycott contre Centrale Danone.
Dans le détail, la formation de la masse bénéficiaire inclut la progression de 2,4% du RNPG des industries à 16,3 milliards de DH, la hausse de 5% de celui des financières à 12,8 milliards. Et une hausse de 4,1% de la capacité bénéficiaire des compagnies d’assurance à 1,3 milliard de DH.

Contribution du relais Afrique dans la capacité bénéficiaire 2019 (estimée)
Contribution du relais Afrique dans la capacité bénéficiaire 2019 (estimée)

 

Sur les 2 années de projections, aucune distribution exceptionnelle n’a été retenue

Par ailleurs, au 2e semestre, les analystes anticipent une bonne orientation des résultats basée notamment sur l’amélioration attendue de l’activité commerciale des valeurs de la cote, portée principalement par la consolidation de la demande intérieure ainsi que par la non-récurrence des contrôles fiscaux enregistrés en 2018. Tenant compte de ces éléments, le poids du 2e semestre devrait s’afficher en proportion plus importante comparativement à l’historique (contre 43,8% au 2e semestre 2018 et 47,5% au 2e semestre 2017). Toutefois, cette situation n’est pas uniforme par principaux secteurs: Pour les «Assurances», le poids du S1 devrait être plus important, compte tenu du renouvellement des contrats d’assurances en début d’année (67% au 1er sem. contre 33% au 2e sem.).

Pour les industries, BKR table sur un 2e sem. 2019 plus important (52% contre 46% au 2e sem. 2018), suite notamment à la non-récurrence des contrôles fiscaux dénoués en 2018 ayant plombé les résultats de 8 sociétés industrielles, sachant que si l’activité de Boissons du Maroc devrait profiter du déplacement des mois sacrés de Chaâbane et Ramadan en dehors de la période estivale, qui représente 70% des ventes annuelles, les cimenteries, elles, subiraient le changement de la pondération de l’activité sur l’année étroitement corrélée à l’avènement des fêtes religieuses qui représentent les périodes de vacances des ouvriers. En revanche pour les immobilières, la structure devrait ressortir à près de 50%-50% contre une règle communément admise auparavant de 1/3 – 2/3, semblant souffrir du contexte de morosité sectorielle ambiante. En 2020 et intégrant une base comparable, l’évolution du résultat net global devrait enregistrer une croissance de 6,5% pour se fixer à 32,3 milliards de DH.

Par secteur, la contribution des sociétés industrielles dans les réalisations financières demeure prépondérante sur la période 2018 – 2020 avec en moyenne 53,7%, suivie de celle des sociétés financières avec 42% tandis que celle des assurances en représente 4,2%. Au volet dividendes, l’enveloppe de 2019 devrait légèrement augmenter à 21,24 milliards (+0,5%) et ce, dans un contexte de poursuite des investissements programmés pour les industries et de renforcement réglementaire des fonds propres pour les banques. Comme à l’accoutumée, le trio de tête est composé de Maroc Telecom, Attijariwafa bank et BCP avec des parts respectives de 28,1%, 13,4% et de 7,6%. En 2020, la valeur des dividendes ordinaires devrait se hisser de 3,9% à 22 milliards et ce, dans le sillage de l’amélioration attendue des bénéfices. Sur les deux années de projections, aucune distribution exceptionnelle n’a été retenue, sachant que certaines grosses capitalisations boursières en ont la capacité financière, notamment Ciments du Maroc, Marsa Maroc et CMT.