Les scénarios de CDG Capital Research pour une sortie de crise de la Samir

La cession d’actifs n’est pas envisageable puisque la valeur des filiales n’est que de 1,6 milliard face à  des besoins de 17 milliards. L’augmentation de capital reste possible par émission d’actions, entrée directe du principal actionnaire ou par perfusion à  travers Moroncha Holding.

La Samir n’est toujours pas sortie de son gouffre financier et jusqu’à maintenant aucune décision n’a été prise pour traiter ses difficultés. CDG Capital Research a mis en lumière deux scénarios possibles en vue de rétablir la situation financière du raffineur : une cession de ses filiales ou une augmentation de capital.

Le premier choix pourrait en théorie constituer une solution. Mais il n’est pas envisageable vu l’ampleur des besoins financiers de la Samir. En effet, toutes les filiales du groupe, à savoir les sociétés de raffinage, de distribution, de transport, logistique et stockage, de GPL et d’ingénierie et formation, sont valorisées par les analystes à 1,6 milliard de DH, soit un montant dérisoire face aux besoins financiers à court terme qui dépassent les 17 milliards de DH. Ces besoins tiennent compte du redémarrage de l’activité de raffinage pour 4 milliards de DH, du paiement des salaires au cours d’un trimestre de 86 MDH, du remboursement en décembre de l’emprunt obligataire de 800 MDH et de la ligne de financement contractée auprès de Dubaï Bank à payer en janvier 2016, et de la dette envers la douane d’au moins 11 milliards de DH à fin 2014. Cela sans évoquer les dettes financières échues et non échues, ou encore les créances envers les fournisseurs… Du coup, cette approche ne permettrait même pas de couvrir les engagements les plus urgents du raffineur, de financer le redémarrage de son activité et de reconstituer son stock obligatoire.

Reste alors l’option d’une augmentation de capital. Elle pourrait se réaliser de 4 manières : une recapitalisation de Corral Petroleum Holding AB puis de ses filiales dont la Samir, une perfusion à travers le fonds d’investissement Moroncha Holding, actionnaire à 100% de Corral, une entrée directe de l’actionnaire principale Cheikh Amoudi ou une émission d’actions qui permettrait aux investisseurs existants de réinjecter du cash ou à de nouveaux investisseurs d’entrer dans le tour de table en numéraire ou par conversion de dette. Cela dit, la première possibilité n’est pas la meilleure. Et pour cause, Corral Petroleum n’est pas en bonne santé. La société suédoise affiche des fonds propres négatifs suite à des pertes cumulées sur les 2 derniers exercices de -257 et -570 millions de dollars respectivement. 

A fin 2014, les fonds propres ont totalisé -293 millions de dollars pour ensuite s’établir à fin juin de cette année à -48 millions de dollars, grâce au redressement du résultat net de la société. Cela étant, pour continuer d’exister selon la loi en vigueur en Suède, Corral Petroleum Holding devrait résoudre cette irrégularité dans un délai de 8 mois à partir de la date de l’assemblée des actionnaires. Elle pourrait ainsi procéder par levée de fonds, qui pourrait éventuellement profiter aussi à la Samir à travers une injection de flux. En outre, le holding situe son endettement net à 2 milliards de dollars ; les dettes représentant 86% de l’actif total de la société contre 23% en moyenne pour les compagnies comparables. Ce qui éloigne la possibilité du sauvetage de la Samir à travers son actionnaire principal.