Les ROE des sociétés cotées restent élevés : jusqu’à  52% en 2010 !

Près de 20 sociétés de la cote affichent un ROE 2010 supérieur à  20%. Agma Lahlou Tazi, CMT et Maroc Telecom sont toujours les plus rentables, avec un ROE de plus de 50%. La rentabilité financière des cimenteries en recul, celle des banques se maintient.

La rentabilité financière des sociétés cotées, que l’on mesure par le ROE (Return on Equity, rapport entre le bénéfice net et les fonds propres), s’est maintenue à un niveau élevé en 2010. Hormis les 9 sociétés qui ont dégagé un déficit de l’exercice écoulé (Sonasid, Taslif, Sofac, Mediaco…), les autres affichent des ratios de rentabilité globalement en ligne avec les prévisions. Seules 9 entreprises ont un ROE 2010 inférieur à 10%, alors que dix-huit sociétés dépassent les 20%.
Agma Lahlou Tazi est, encore une fois cette année, la société la plus rentable de la cote, avec un ROE de près de 52%. La nature peu capitalistique de son activité (courtage en assurances) garantit à ses actionnaires un retour sur fonds propres très élevé, et ce, malgré une activité et des bénéfices qui progressent faiblement d’une année à l’autre. En effet, le chiffre d’affaires de cette filiale d’Ona Courtage n’a augmenté que de 1,7% en 2010, et son bénéfice net n’a crû que de 3,1%.
La Compagnie minière de Touissit (CMT) affiche à peu près le même niveau de ROE qu’Agma (51,5%). Elle devance de loin les autres sociétés du secteur minier, qui dégagent tout de même un niveau de rentabilité satisfaisant (31% pour Managem et 27% pour la SMI). Il faut dire que CMT a profité durant la crise internationale de couvertures favorables des prix des métaux, ce qui l’a préservé de la chute des cours mondiaux en 2008 et 2009, contrairement à Management et SMI. En 2010, la société a pu profiter de la tendance du marché qui était favorable aux prix des métaux. Ceci alors que les filiales minières de Sni n’ont fait que rattraper le retard enregistré en 2008.
La troisième société la plus rentable de la cote n’est autre que Maroc Telecom. Son ROE a certes baissé d’un point par rapport à 2009, mais il se maintient à un niveau élevé de 50%. L’opérateur historique bénéficie toujours du faible poids de ses investissements par rapport à ses revenus récurrents. Sa marge opérationnelle (résultat d’exploitation rapporté au chiffre d’affaires) est en recul en raison d’une concurrence sectorielle plus forte, mais elle se maintient à plus de 40%, ce qui lui permet de financer ses investissements de renouvellement et de maintenance tout en préservant un bon niveau de rentabilité pour ses actionnaires.
Ce trio de tête (Agma, CMT et IAM) devance de loin les autres sociétés de la cote, dont les ROE les plus élevés tournent autour de 30%. C’est le cas de Microdata, la plus rentable du secteur informatique, avec une rentabilité financière de 34,7%, et de Centrale Laitière qui affiche un ROE de 31,4%. Si le niveau de rentabilité de la première société s’explique par la nature peu capitalistique de son activité et son orientation vers le segment des grands comptes (à fortes marges), celui de la filiale laitière de Sni est exceptionnellement élevé pour une entreprise industrielle. Il faut croire que le plus gros des investissements de la société est déjà en place et que ses efforts d’amélioration de la productivité et de réduction des charges opérationnelles lui permettent de faire face à la concurrence et à l’augmentation des prix des matières premières agricoles.
Chez les banques, des taux de rentabilité aussi élevés relèvent carrément du fantasme. Car, malgré la forte augmentation des bénéfices de certains établissements (Attijariwafa bank et la BCP notamment), l’obligation d’augmenter les fonds propres pour se conformer aux règles prudentielles de Bank Al-Maghrib limite les ROE du secteur aux alentours de 11%.
Pour les cimenteries, la rentabilité financière est en recul, suite à la baisse des résultats en 2010 consécutivement au tassement de la consommation de ciment et à l’arrivée de nouveaux opérateurs. Mais elle demeure toujours élevée, surtout pour Holcim (30,8%) et Lafarge (26,9%).
Notons enfin que dans l’immobilier, les ROE sont en amélioration, avec 17,9% pour Addoha et 15,6% pour Alliances. Seule la CGI a vu sa rentabilité baisser à 8,8%, en raison de bénéfices en recul de 11% en 2010.