Les résultats de l’ONA tirés par les activités financières et les mines

L’ONA met l’accent sur les métiers financiers, la distribution et les relais de croissance comme les télécoms et les «utilities».
Le groupe parvient à doubler son résultat net part du groupe
grâce à Attijariwafa bank et Axa assurances.
Des chantiers sont ouverts avec pour objectif une rentabilité de 10%
en 2008 et 12% en 2010.

Le groupe ONA a réalisé un exercice 2005 largement satisfaisant. Saâd Bendidi, administrateur-directeur général, a présenté les réalisations du 1er groupe privé du Royaume, lundi 27 mars, aux journalistes et aux analystes financiers. Mais il en a surtout profité pour exposer les grands chantiers stratégiques lancés en 2005, ainsi que les orientations pour les années à venir.

L’ONA compte plusieurs domaines d’activités. Les métiers «traditionnels», à savoir les mines, l’agroalimentaire et la distribution automobile et de biens d’équipement. Les métiers à fort potentiel et autofinancés, comme la grande distribution et les services financiers. Et, enfin, les activités à fort potentiel de croissance à moyen terme telles que les télécoms et les utilities (eau, énergie et environnement).

Un RNpg qui double en un an
Le groupe compte renforcer sa position de leader dans les métiers traditionnels, grâce à un savoir-faire historique. Mais vu que ces activités sont arrivées à un niveau de maturité assez élevé, l’essentiel des efforts en termes d’investissement ira aux domaines qui rapportent du cash (grande distribution et services financiers) et aux domaines à fort potentiel de croissance.
C’est ce qui a été souligné par Saâd Bendidi, qui a parlé plus exactement de «l’optimisation du positionnement dans les mines», du «ciblage du développement dans les produits de grande consommation», mais surtout d’accorder un effort prioritaire au «développement de la distribution – Marjane, Acima, Optorg et Sopriam -, des services financiers – Attirariwafa bank et Wafa Assurance – et des grands projets dans les relais de croissance – Maroc Connect et les Utilities.».

Ceci s’est manifesté dès 2005, à travers la réalisation d’un certain nombre d’opérations, comme l’acquisition des ex-sucreries publiques par la Cosumar, l’acquisition de la Banque du Sud en Tunisie par Attijariwafa bank et l’obtention de la 3e licence de téléphonie fixe à mobilité restreinte par Maroc Connect.
Ces chantiers ont été accompagnés par des mesures concernant le groupe dans sa globalité, tels que le déploiement d’un projet de «risk management groupe», la mise en place d’une charte de couvertures groupe, et la conduite d’un projet de recherche de synergies entre les différents domaines d’activités.

Dans un contexte pareil, le groupe ONA a réalisé, au titre de l’année 2005, des performances plus qu’honorables. En témoigne le doublement du RNpg (résultat net part du groupe) qui se chiffre, à fin décembre 2005, à 774 millions de dirhams. Néanmoins, ce résultat cache des contributions négatives de certaines activités du groupe. En effet, si le chiffre d’affaires consolidé a augmenté de 7,6% à 26 milliards de dirhams, grâce notamment à des hausses dans l’agroalimentaire, la distribution et le pôle holdings et divers, le résultat d’exploitation (Rex) consolidé a, pour sa part, diminué de 17,2%, à 1,4 milliard de dirhams. Ceci est dû essentiellement à la baisse importante du cours du cobalt, qui a impacté le Rex mines, et à la hausse des prix des matières premières (poudre de lait, anchois frais…), des prix des emballages et du fuel, combinées à une faible campagne sucrière. Des éléments qui ont considérablement pesé sur le Rex émanant des activités agroalimentaires.

Si l’agroalimentaire a fait défaut, les services financiers se portent bien
Pour leur part, la distribution et le pôle Holdings et divers ont atténué les mauvaises performances des activités traditionnelles, grâce essentiellement à la hausse du chiffre d’affaires dans la distribution et à l’amélioration de la marge consolidée réalisée sur la cession des stocks d’actifs immobiliers d’Onapar à la Joint Venture avec Eemar.
Pour revenir au résultat net part du groupe, la performance est essentiellement due aux activités financières, dont la contribution a été de l’ordre de 637 millions de dirhams, grâce aux bonnes réalisations d’Attijariwafa bank et d’AXA Assurances. Les mines y ont également contribué, suite à la plus-value de cession sur le titre Semafo, et à la non récurrence des provisions exceptionnelles constatées en 2004 sur les engagements de couverture.

La contribution de l’agroalimentaire dans le résultat net de l’ONA a par contre baissé, et ce suite à la dégradation des résultats d’exploitation et financiers de la filière et à l’impact négatif de la restructuration dans les sucreries reprises auprès de l’Etat.

Des perspectives encourageantes à moyen terme
Suite à ces réalisations, le groupe ONA propose la distribution d’un dividende de 25 dirhams par action.
Le groupe vise à moyen terme une croissance minimum de 7% de son chiffre d’affaires consolidé, un ROE (Return on equity) de 10% à l’horizon 2008 et de 12% à l’horizon 2010, tout en maintenant un niveau d’endettement contrôlé et une politique de dividende attractive.