Les produits les plus rentables au premier semestre 2004

La Bourse, encore une fois, championne de la rentabilité. Elle reste évidemment le placement le plus risqué.
Le rendement des produits de taux ne cesse de baisser.
Les OPCVM offrent le meilleur mariage entre risque et rentabilité.

Depuis le lancement de cette rubrique, nous vous proposons, chaque fin de semestre, de faire un check- list de la rentabilité, rendement et perspectives de développement de l’ensemble des instruments de placement disponibles sur le marché marocain. Ce tableau de bord peut vous aider à suivre l’évolution de vos placements, à identifier de nouvelles opportunités, ou procéder à des arbitrages en fonction de la nouvelle donne.
Une chose est sûre, il est désormais plus aisé de se projeter dans l’avenir, maintenant que nous savons que la vision 2 010 se fera sans Coupe du monde. Même si les responsables se sont fermement engagés à réaliser les projets d’infrastructures annoncés dans le dossier de candidature, l’enthousiasme, élément très important dans le monde des affaires, ne sera pas le même. Du reste, les tendances n’ont pas fondamentalement changé et de l’avis de plusieurs analystes, il n’y aura pas de ruptures dans les mois à venir. En tout cas pas avant la fin de l’année, lorsque la privatisation de Maroc Telecom – via une éventuelle introduction en Bourse – bousculera la donne sur tous les compartiments des marchés de capitaux, tant l’opération sera importante.

Les Actions
Performance : 12% en moyenne depuis le début de l’année
Le marché boursier est certes sorti de la crise, mais il n’en demeure pas moins fragile. Le risque d’une rechute hante les esprits des professionnels, des investisseurs, des entrepreneurs et des autorités, mais personne ne semble réellement disposé à prendre des risques pour faire bouger les choses. Une bonne partie des intéressés espère, sans oser le dire, une légère accalmie, voire une correction pour repartir sur de nouvelle bases. L’introduction en Bourse de la Banque centrale populaire et l’espoir d’une cotation prochaine des titres de Maroc Telecom réussiront peut-être à sortir le marché du doute.
Indépendamment de ces craintes, la situation reste largement marquée par l’optimisme pour qui sait y voir. Les performances des principaux indices de la place sont là pour le prouver : 12 % pour le Masi et 7,5 % pour le Madex depuis le début de l’année.
Evidemment, ces performances se répercutent différemment sur les sociétés cotées. Les évolutions minima et maxima se situent dans une large fourchette entre -40% et + 60 %. Les analystes ont d’ailleurs remarqué un certain changement dans le comportement des investisseurs, qui deviennent plus regardants sur les fondamentaux des entreprises dans lesquelles ils mettent de l’argent. Les bonnes valeurs sont plébiscitées sur des bases scientifiques et les plus faibles sont, de même, sanctionnées.
Au niveau sectoriel, les matériaux de construction et l’agroalimentaire caracolent toujours en tête et confirment, jour après jour, leur potentiel de croissance et de développement. Le reste des performances sectorielles n’est pas très significatif en raison des disparités flagrantes entre les sociétés du secteur. Crédor, Eqdom, Afriquia Gaz, Auto Nejma, Auto Hall, BMCI, Wafa Assurance et SNI sortent du lot avec des performances annuelles dépassant les 15 %.
«Maintenant que le marché a retrouvé des niveaux plus décents, il évoluera en dents de scie durant un bon bout de temps. Il ne faut plus maintenant s’arrêter aux seuls indices de la place, mais regarder les entreprises de plus près», prévient un analyste. Autrement dit, si vous voulez investir en Bourse, soyez très sélectifs. La publication des résultats semestriels, au cours du mois de septembre, devra apporter un nouveau souffle au marché, en attendant les prochaines introductions.

OPCVM Actions
Performance : entre 15 % et 25 %, depuis le début de l’année
L’actif net des fonds actions a quasiment doublé depuis le début de l’année, porté par l’embellie des cours et un retour des investisseurs pour cette catégorie d’OPCVM. Les performances affichées par les fonds ouverts au public se situent entre 15 % et 25 % depuis le début de l’année et frôlent souvent les 50 % sur une année glissante.
On distingue aujourd’hui deux catégories de fonds actions : ceux investis à plus de 85 % en actions, et qui profitent de l’exonération fiscale, et ceux dont le portefeuille peut être formé à 40 % d’obligations qui subissent l’impôt sur la plus-value.

OPCVM
diversifiés
Performance : entre 6 % et 14 %
Les fonds diversifiés offrent un certain équilibre entre le rendement espéré et le risque encouru, en fonction de la pondération entre le portefeuille actions et le portefeuille obligataire. Pour le
semestre écoulé, les performances des fonds de la place se sont situées dans une fourchette variant entre 6 % et 14 %. Un niveau très honorable eu égard aux risques inhérents à l’investissement en Bourse. N’oubliez jamais cette règle d’or : une performance ne peut être appréciée qu’en tenant compte du risque pris pour
l’atteindre. En choisissant d’investir dans des fonds diversifiés, vous avez opté pour un risque qui, sans être nul, est franchement modéré.

fonds Obligataires
Performance : entre 4 % et 7 %, sur une année glissante
Si, aujourd’hui, on est arrivé à des niveaux de taux aussi bas, c’est parce que le Trésor n’est pas encore dans une phase critique et que ses ressources actuelles semblent suffir. Mais cela durera-t-il longtemps ? Certainement pas, avancent les professionnels. L’explication tient en une phrase : il manque quelque 12 milliards de dirhams (quasiment toute la rubrique «privatisation» de la Loi de finances 2004) au Trésor pour boucler son budget. Ces 12 milliards de dirhams, le Trésor ne pourra les trouver que sur le marché local, à moins qu’il ne parvienne, d’ici au 31 décembre prochain, à vendre les 16 % de Maroc Telecom promis à Vivendi ou à introduire l’opérateur en Bourse (cf. La Vie éco du 28 mai 2004).
Pour le moment, et en attendant un renversement de tendance inéluctable, les fonds obligataires profitent de cette baisse des taux et parviennent à afficher des performances variant entre 4 % et 5 % depuis le début de l’année. L’actif net de cette catégorie de fonds a d’ailleurs progressé, de près de 30 %, pour atteindre les 38 milliards de dirhams.
De toutes façons, même si une hausse des taux est à craindre dans les mois à venir, cela ne représenterait pas une réelle menace pour ceux dont l’horizon de placement est long, bien au contraire !

fonds monétaires
Performance : autour de 1,5 % depuis le début de l’année
Les liquidités bancaires commencent à en agacer plus d’un, à commencer par le gouverneur de Bank Al Maghrib qui, malgré tous les mécanismes qu’il a mis en place depuis sa nomination, ne parvient pas à éponger le cash qui submerge le marché. Les choses ne risquent pas de s’arranger de sitôt. En effet, le retour de nos compatriotes durant les vacances d’été, la hausse des recettes touristiques et la fin d’une bonne campagne agricole sont autant d’éléments qui favorisent un retour massif des liquidités vers le système bancaire. Du coup, les taux d’intérêt sont au plus bas et l’argent devient de moins en moins cher sur le marché.
Les fonds monétaires accusent donc le coup et il n’est plus question, chez les gestionnaires, d’afficher des performances supérieures à 1,5 % depuis le début de l’année. Les fonds obligataires à court terme affichent, quant à eux, des performances à peine supérieures, se situant entre 1,7 % et 2,5 %.

bons sur formule, Compte d’épargne ET compte sur
carnet
Performance : indexée sur les taux des bons du Trésor
S’agissant de produits de placement, dont la rémunération est indexée sur le niveau des taux observé lors des adjudications des bons du Trésor, le rendement de ces instruments ne cesse de baisser.
Le compte sur carnet ne rapporte plus à son titulaire que 2,35 %, qui subissent la TPPRF (Taxe sur les produits de placement à revenu fixe) de 30 %.
Le livret d’épargne nationale rapportera, pour sa part, quelque 2 % par an, exonérés d’impôts.
Le rendement des bons sur formule sera recalculé en septembre prochain, mais on peut d’ores et déjà prévoir une baisse importante de la rémunération qui sera servie, qui est actuellement de 3,70 %.

DépÔts à terme et bons de caisse
Performance : entre +3,25 % et +3,52 % (fin avril 2004)
A la vue des rémunérations qu’offrent les banques pour ce que l’on appelle communément un compte bloqué, on est en droit de se demander pourquoi les gens continuent à investir dans ces produits désuets, illiquides, rigides, fiscalement coûteux, et qui ne rapportent que 3,52 % (taux moyen pondéré des comptes et bons de caisse à 6 et 12 mois à fin avril 2004)…

Assurance-Vie
Performance : autour de 5 %
A ce jour, aucune compagnie d’assurance n’a communiqué son taux de rendement, qui est censé rémunérer les contrats d’assurance-vie. Pourtant, les comités de gestion se sont quasiment tous tenus et la décision est déjà prise. Pourquoi alors autant de discrétion ? Tout simplement parce que les compagnies d’assurance vont revoir ce taux à la baisse et qu’elles hésitent encore à le faire en attendant que la concurrence fasse le premier pas.
Selon les informations dont nous disposons, ce taux devrait se situer, selon les compagnies, entre 4,5 % et 5,8 %. Les épargnants se consoleront avec l’exonération fiscale des contrats d’assurance-vie de plus de 10 années

«Maintenant que le marché boursier a retrouvé des niveaux “décents”, il évoluera en dents de scie durant un bon bout de temps. Il ne faut plus désormais s’arrêter aux seuls indices de la place mais regarder les entreprises de plus près»

Les besoins du Trésor détermineront l’évolution future des rendements de toutes
les classes d’actifs. A surveiller de près.