Les produits à  revenu fixe rapportent toujours mieux que la Bourse

Un premier semestre morose : un recul de 6,1% pour la Bourse et jusqu’à  15% pour les OPCVM actions. La rémunération des contrats d’assurance-retraite passe à  un maximum de 4,80% contre 5,30% une année auparavant. Les bons du Trésor offrent un taux de rendement en hausse continue grà¢ce au creusement du déficit budgétaire.

Les placements financiers sont de moins en moins rémunérateurs. Hormis les produits d’épargne à taux fixe, les autres, à savoir la Bourse et les OPCVM affichent un rendement en baisse au terme du premier semestre de cette année.

En effet, le marché boursier a entamé sa 5e année de baisse (mis à part 2010 qui a enregistré une progression exceptionnelle de 13,97%). Il a ainsi clôturé les six premiers mois sur un recul de 6,1%, ce qui a naturellement impacté le rendement des OPCVM actions. A ce titre, 49 fonds sur les 57 de la place ont enregistré des variations semestrielles négatives allant jusqu’à -15%, soit une contre-performance dépassant celle du MASI. Notons que quatre fonds ont quand même pu se démarquer avec un rendement atteignant 4%.

Dans ce contexte, les placements à revenu fixe restent les plus attractifs. Les comptes sur carnet sont rémunérés à 3,28%, en hausse de 31 points de base par rapport au semestre précédent. Le taux de rémunération moyen des dépôts à terme s’est, lui, établi à 3,63% sur 6 mois et à 3,77% sur 12 mois, marquant une hausse de 25 et 3 points de base respectivement. Pour sa part, Poste Maroc propose un taux pour son livret d’épargne de 2,30%, en progression de 17 points de base comparativement à ce qui a été servi le semestre précédent. Cependant, les contrats d’assurance vie ont généré un taux de rendement en baisse, variant de 4% à 4,80% alors que la borne supérieure atteignait 5,3% une année auparavant.

Quant au placement dans les bons du Trésor et les obligations privées, il peut rapporter entre 3,76% sur le très court terme et 5,69% sur le long terme. Ces seuils sont en hausse de 7 et 65 points de base respectivement depuis le début de l’année. La tendance haussière des taux, qui, précisons-le, a été amorcée depuis 2012, s’explique par le rythme élevé des levées du Trésor sur le marché interne, en vue de combler son déficit budgétaire, aggravé par la hausse des charges de compensation et une progression timide des recettes.

Cela dit, la hausse des taux n’est pas profitable à tous les investisseurs. Comme pour l’assurance-vie, une hausse des taux  réduit la valeur des anciens titres détenus par les OPCVM, ce qui impacte défavorablement leur rendement. En effet, les OPCVM obligataires de moyen et long terme ont dégagé un rendement moyen de 0,95%, en recul de 55 points de base par rapport au même semestre une année plutôt. Pour leur part, les fonds monétaires et obligataires de courte durée ont conservé le même niveau de rendement qu’en 2012 avec une performance moyenne de 1,77%. Ces derniers, par contre, sont boostés par un déficit de liquidité qui pèse de plus en plus sur le système monétaire. Toutefois, l’intervention régulière de Bank Al-Maghrib pour fournir les liquidités nécessaires au système bancaire empêchent une envolée des taux monétaires.

De toute façon, la tendance devrait se poursuivre sur le reste de l’année. La morosité causée par le manque de liquidité devrait continuer de peser sur le marché boursier, ce qui maintiendrait les indices dans le rouge. Pour leur part, les taux des bons du Trésor devraient, à en croire les professionnels, augmenter légèrement ou, au mieux, se stabiliser, sachant que le déficit budgétaire au titre de 2013, malgré tous les efforts et la détente des cours des matières premières, devrait s’établir à plus de 6%.