Les OPCVM démarrent l’année 2008 avec de bonnes performances

Les fonds actions ont réalisé des taux de croissance compris entre 4,7% et
13,3% en six semaines.
Le bon comportement de la Bourse a également profité aux OPCVM diversifiés.
Après la baisse enregistrée en 2007, les fonds obligations moyen et long termes
se sont bien redressés en ce début d’année.

Les fonds de placement collectif en valeurs mobilières affichent une bonne santé en ce début d’année. Les OPCVM investis en actions ont réalisé des performances comprises entre 4,7% et 13,3% en six semaines seulement. Les fonds diversifiés ont enregistré, pour leur part, des taux de croissance de 1,4% à  9,3%. Quant aux OPCVM investis principalement dans les produits de taux, ils affichent des performances comprises entre -0,9% et 2,9% pour la catégorie obligations moyen et long termes, entre 0,3% et 0,7% pour celle des obligations court terme et entre 0,37% et 0,6% pour les fonds monétaires.

La performance boursière des grosses capitalisations a profité aux fonds actions
A l’origine de la croissance des OPCVM actions, le bon comportement du marché boursier depuis le début de l’année. Le Masi, indice de toutes les valeurs de la cote, a en effet progressé de 12,56% entre le 1er janvier et le 15 février. Il a été porté par la croissance des cours de la majorité des sociétés cotées, et particulièrement les grosses capitalisations des secteurs phares de la cote.
Maroc Telecom, plus grosse capitalisation boursière du marché, a réalisé une progression de 26,5% depuis le début de l’année, pour atteindre le cours 186,5 DH le 15 février 2008. Cette performance exceptionnelle résulte principalement de l’annonce de résultats en forte croissance au titre de l’exercice 2007, avec un chiffre d’affaires de 27,5 milliards de DH, en hausse de 21,7% par rapport à  2006.
Dans l’immobilier, le titre Addoha a gagné 16,6%, approchant la barre des 4 000 DH. L’annonce de l’acquisition de plusieurs nouveaux terrains en 2007 et la prise de participation dans le capital de Fadesa Maroc à  hauteur de 50% ont fortement contribué à  cette croissance.

Le secteur bancaire a lui aussi enregistré une assez bonne progression depuis le début de l’année, avec une hausse de 12,7% pour Attijariwafa bank, au cours de 3 460 DH au 15 février, et une augmentation de 10,8% pour BMCE Bank au cours de 3 121 DH.
Pour le bâtiment et matériaux de construction, le titre Lafarge a progressé de 21,6% depuis le 1er janvier pour atteindre le cours de 2 250 DH. Enfin, dans le compartiment des holdings, la SNI a marqué un bond de 16,2%, s’établissant le 15 février à  1 937 DH.

Une détente des taux salutaire pour les fonds obligataires
En ce qui concerne les fonds investis en obligations, ils ont profité du renversement de tendance intervenu sur le marché des bons du Trésor durant le mois de janvier. En effet, des OPCVM comme FCP Capital Terme de BMCE Capital Gestion et Patrimoine Obligation de Wafa Gestion ont enregistré des performances de respectivement 2,93% et 1,73%. Cette augmentation se justifie principalement par la détente des taux des bons du Trésor. Ces derniers ont baissé depuis le début de l’année de 22 points de base (pb) pour la maturité 13 semaines, de 26 pb pour le 26 semaines et de 21 pb pour le 5 ans.
La diminution de l’attrait du marché monétaire a conduit à  un regain d’intérêt des investisseurs pour le compartiment des bons du Trésor. En effet, avec des taux monétaires plus ou moins stables et des taux obligataires ayant intégré une hausse significative en 2007, le marché des titres souverains est devenu plus attractif que les placements au jour le jour en ce début d’année. En témoigne la forte demande des investisseurs sur le marché des adjudications durant le mois de janvier. Les levées du Trésor ont drainé une demande qui s’est élevée à  31,3 milliards de DH, un chiffre à  comparer à  la moyenne mensuelle de 2007 qui n’a pas dépassé les 14 milliards de DH. Cette demande s’est caractérisée par une concentration sur les maturités courtes avec une part de 85,7%, contre 10,5% seulement sur le moyen terme et 3,8% sur le long terme.

Les OPCVM actions devraient poursuivre leur croissance en 2008
S’agissant des OPCVM monétaires, la stabilité des taux au jour le jour à  maintenu leurs performances à  des niveaux moyens (entre 0,37% et 0,6%). En effet, les taux monétaires ont tourné depuis le début de l’année autour de 3,45%. Ceci s’explique principalement par l’équilibre de la réserve monétaire obligatoire sur la majeure partie du mois de janvier. En dépit de la forte demande de liquidités de la part des institutions bancaires, qui a créé une légère tension sur les niveaux de taux, le système monétaire n’a pas connu de grands changements. La raison de cette stabilité est la baisse du taux de la réserve obligatoire de 16,5% à  15%. D’un autre coté, la présence continue de la Banque centrale à  travers des injections sous forme de pensions (avances consenties aux banques) visant à  régulariser le marché, a contribué à  cet équilibre. En chiffres, Bank Al Maghrib a servi 30 milliards de DH de liquidités sous forme d’avances hebdomadaires ainsi que 580 millions de DH sous forme d’avances quotidiennes.

Enfin, pour ce qui est des OPCVM diversifiés, ils ont profité à  la fois du bon comportement du marché boursier et du redressement de la situation sur le marché des bons du Trésor. Des fonds comme Sicav Sélection ou CAP Equilibre de Wafa Gestion ont enregistré des hausses respectives de +8,95% et +8,19% depuis le début de l’année.
Pour le reste de l’année 2008, les gestionnaires d’actifs n’ont pas de visibilité certaine sur la tendance des marchés, et particulièrement celui des bons du Trésor. Pour le monétaire, «l’environnement du marché devrait se détendre, ce qui serait de nature à  conduire les niveaux de taux à  osciller autour du taux directeur qui est de 3,25%», précise Wafae Amrani, analyste chez Upline Capital Management. Quant au marché des actions, les professionnels prévoient une année haussière compte tenu du nombre important des introductions en Bourse prévues cette année et de l’annonce par les sociétés cotées de bons résultats au titre de l’exercice 2007.