Les marges des sociétés cotées toujours en retrait

La marge nette moyenne a perdu 30 points de base au premier semestre, à  10,3%. Elle est tirée à  la baisse par les compagnies minières et Maroc Telecom. Les secteurs des assurances, de la chimie et des BTP ont tiré leur épingle du jeu.

Les sociétés cotées ont généré une masse bénéficiaire de 14,2 milliards de DH au terme des six premiers mois de l’année. Elle est en hausse de 2,9% par rapport au même semestre de l’exercice précédent. Le chiffre d’affaires de la cote, lui, s’est apprécié de 5,8% pour s’établir à 138,2 milliards de DH. Du coup, la marge nette globale s’est située à 10,3%, en recul de 30 points de base sur une année glissante.
La baisse de la rentabilité des sociétés de la cote trouve son origine dans la montée du coût du risque pour les sociétés financières, la recrudescence de la concurrence pour l’opérateur des télécommunications coté, le ralentissement du rythme de production pour les promoteurs immobiliers ou encore la poursuite de la chute des cours des métaux précieux à l’international pour les compagnies minières.

En effet, 7 secteurs sur les 14 cotés ont dégagé des marges en contraction. Les compagnies minières ont réalisé la plus importante baisse. Elles ne transforment plus que 15,8% de leur chiffre d’affaires en bénéfice, soit un repli de 7,6 points sur une année. Il faut dire que le secteur a fini par pâtir du comportement des cours sur les marchés internationaux, en dépit de l’augmentation de la production et de la politique favorable de couverture des changes et des métaux des sociétés. Maroc Telecom a également plombé la marge globale de la cote puisque le groupe a perdu 3,2 points de marge qui se situe désormais à 21%. En cause, la montée de la concurrence qui fait baisser les prix et l’alourdissement des charges d’amortissement dû aux programmes d’investissements engagés par le groupe. Heureusement que la montée en puissance des filiales africaines a partiellement compensé la contraction du résultat net du groupe sur le plan national.

De leurs côtés, les réalisations financières d’Addoha et d’Alliances ont plombé la rentabilité du secteur qui s’est située à 12,9%, en repli de 2,2 points. En plus d’une production de logements en ralentissement, Alliances a fait les frais du creusement du déficit de son résultat financier. Les banques n’ont pas été épargnées par la baisse des marges. Elles ont dégagé une rentabilité moyenne de 12,6%, en légère baisse de 0,6%. Dans ce cadre, Attijariwafa bank et la BMCI ont réalisé des marges de 14,2% et 11,7%, en repli respectivement de 1 et 6,7 points en raison de l’alourdissement des dotations pour créances en souffrance de 61% pour la première et de 115% pour la seconde. Les marges du secteur bancaire auraient pu baisser davantage si BMCE Bank et CIH Bank n’avaient pas réalisé des marges en hausse respectivement de 3 et 1,3 points, à 10,7% et 17,4%.

En face de ces secteurs, 7 se sont démarqués en affichant une rentabilité en amélioration. A commencer par le secteur des holdings. Il est vrai qu’il ne dispose pas d’un grand poids dans la rentabilité globale de la cote, mais il a réussi à améliorer sa marge de 5,1 points pour la porter à 7,5% grâce notamment à Zellidja qui est sortie du rouge avec un bénéfice de 4 MDH contre un déficit de 54,4 MDH une année auparavant.
Le secteur de la chimie a également réalisé des prestations appréciables avec une marge nette de 6,3%, en progression de 3,2 points. Elle résulte de l’amélioration du cycle d’exploitation de Maghreb Oxygène qui a propulsé son résultat net de plus de 130% alors que les revenus n’ont augmenté que de 10,5%. En parallèle, le résultat net de la SNEP est ressorti excédentaire à 6,5 MDH alors qu’il était dans le rouge à 13 MDH à fin juin 2013.
Le secteur des assurances, lui, a profité de la reprise du marché actions et de la baisse des taux des bons du Trésor pour hisser sa marge bénéficiaire de 1 point, la situant à 10,6%. Pour sa part, le secteur des BTP a rétabli sa rentabilité moyenne de 60 points de base. Il dégage désormais 17,6% de son chiffre d’affaires en profits nets, et ce, en dépit de la poursuite du fléchissement de la demande nationale sur le ciment et du renchérissement des coûts des combustibles. C’est grâce essentiellement à la Sonasid et à Holcim qui ont réalisé une rentabilité en croissance de 2,6 et 4,2 points, à 4,3% et 18,6%, que la marge du secteur est ressortie en hausse. La 1ère grâce à la maîtrise de ses coûts opérationnels et la seconde en raison de l’amélioration de ses revenus.

Les sociétés agroalimentaires ont gagné le même niveau de marge que les sociétés du BTP. Leur résultat net représente actuellement 6% de leur chiffre d’affaires. Hormis les Brasseries du Maroc dont le bénéfice a reculé de 4,3% à cause de la baisse des ventes consécutivement à la hausse des tarifs, les autres sociétés ont dégagé une rentabilité en hausse. A titre d’exemple, Lesieur a réussi à relever le niveau de sa marge de 3,2 points, à 5,3% grâce à la progression de son résultat d’exploitation de 60,3%, ce qui a permis à son résultat net d’enregistrer une croissance de 138%, à 100 MDH, et ce, en dépit de la baisse du volume d’affaires de 7,5%, à 1,9 milliard de DH.
Dans cette conjoncture pour le moins mitigée, certaines sociétés continuent de disposer de marges bénéficiaires très confortables malgré leur baisse d’année en année. En tête du podium figure la CMT avec une rentabilité de 52,7%, le courtier Agma Lahlou Tazi avec 42,8% et la SMI avec 29%.