Les grandes banques ont réduit leur coût du risque

Les banques traversent toujours une situation difficile. Malgré l’amélioration de la conjoncture économique et l’allègement du déficit de liquidités, le secteur reste confronté au ralentissement de l’activité.

En effet, à fin juin, l’encours des dépôts s’est situé à 788,7 milliards de DH, en hausse de 2,5% seulement par rapport à fin décembre dernier. De même pour les crédits qui affichent une quasi-stagnation de leur encours (+0,7%), à 771 milliards de DH. Cette faible croissance s’est accompagnée d’une poursuite de la montée des créances en souffrance : +5,5%, à 55,7 milliards de DH. Ce qui a aggravé le taux des créances en souffrance de 70 points de base, à 7,2%.

Dans ces conditions, les banques cotées ont totalisé un chiffre d’affaires (produits d’exploitation bancaire) de près de 40 milliards de DH, en légère évolution de 0,4%. Pour sa part, leur résultat brut d’exploitation s’est contracté de 3%, à 13,7 milliards de DH. Il a été plombé notamment par les réalisations de la BCP et d’Attijariwafa bank, dont le résultat d’exploitation a baissé respectivement de 5% et 4%, à 5,4 et 4 milliards de DH. Des baisses partiellement compensées par BMCE Bank avec un RBE en croissance de 1,3%, à 2,7 milliards de DH et CIH Bank avec une hausse de 6,6% à 349 MDH.

Cependant, en dépit de l’aggravation générale des créances en souffrance, les trois premières banques de la cote ont pu tirer leur épingle du jeu. Ainsi, Attijariwafa bank a fait baisser son coût du risque de 26%, à 1,2 milliard de DH au moment où la BCP a réussi à le ramener à 1,5 milliard de DH, en repli de 15%. Idem pour BMCE Bank dont le coût du risque se situe à 806,8 MDH, en retrait de 23,5%. En revanche, BMCI et Crédit du Maroc continuent de pâtir de la montée des impayés avec des hausses des provisions respectivement  de 21,3% et de 59%, à 484 et 371 MDH. CIH Bank, lui, a fait les frais de la non-récurrence d’une reprise sur un dossier historique constatée au 1er semestre de l’exercice précédent pour établir son coût du risque à un niveau normatif, soit 64 MDH.

Au final, les banques ont dégagé un bénéfice net de 5,1 milliards de DH, en croissance de 2,2% et ce, grâce à Attijariwafa bank, BCP et BMCE Bank avec respectivement 2,3 milliards de DH (+2,2%), 1,2 milliard de DH (+9,3%) et 1,1 milliard de DH (+18,1%).