Les fonds actions font mieux que le marché boursier

25 fonds actions sur les 36 ouverts au grand public affichent des performances positives.
Le récent rebond du marché boursier, l’alignement fiscal des OPCVM actions sur l’investissement direct et l’absence d’introductions en Bourse favorisent les souscriptions parmi les particuliers.

Les indicateurs sont au vert pour les OPCVM actions. Au 6 mars 2009, 20 fonds grand public sur un total de 36 font mieux que l’indice Masi en termes de performance depuis le début de l’année (0,75%). Même la croissance moyenne de tous les fonds (1,07%) reste supérieure à celle de l’indice de toutes les valeurs. Un résultat prévisible, étant donné que sur l’ensemble des fonds actions, seul 11 OPCVM affichent des performances négatives.
Pour autant, il ne faut pas en déduire que les derniers mois n’auront été qu’un long fleuve tranquille pour ces fonds. Tout juste au mois de janvier 2009, leurs gestionnaires étaient confrontés à des déperditions d’actifs considérables qui se prolongeaient depuis la moitié de l’année passée. Ceux-ci s’expliquent par des raisons distinctes selon qu’il s’agisse de fonds dédiés ou de fonds grand public.
De fait, si les fonds dédiés, investis en majorité par les institutionnels, ont enregistré des baisses, c’est en grande partie à cause de la récente correction connue par le marché boursier.
Bien qu’ayant influencé également la baisse des fonds grand public, la correction boursière n’explique pas tout dans le cas de ces fonds. Prisés par des personnes physiques, «ces fonds ont chuté en raison de mouvements massifs de rachat», fait savoir Taoufik Fennich, directeur général de Capital Gestion. Et pour cause, par définition, les personnes physiques sont peu stables. «Arbitrant constamment entre l’action et l’obligataire, ils se positionnent sur le marché présentant davantage d’opportunités. Avec un marché boursier mal en point tout le long de la seconde moitié de 2008, il était tout à fait normal que des migrations s’opèrent de l’action vers l’obligataire», résume le directeur.

Retour marqué des particuliers vers les fonds actions
Mais si les OPCVM actions affichent la forme aujourd’hui, c’est qu’il y a eu du changement. Celui-ci est, comme l’on peut s’y attendre, le fait de personnes physiques. «Actuellement, les particuliers sont en train de sortir du marché obligataire pour revenir vers le marché actions», fait-on savoir chez Capital Gestion.
Qu’est-ce qui les attire ? D’abord, les effets d’anticipation sur les résultats annuels qui portent favorablement la performance du marché. Mais pas seulement… Deux faits bien propres à l’année 2009 motivent les investisseurs à abandonner un positionnement direct sur le marché au profit de la gestion collective. Il s’agit, d’une part, du fait que la Loi de finances 2009 rétablit l’équilibre en termes de traitement fiscal des plus-values dégagées sur les OPCVM actions et dans le cadre d’un investissement direct. Pour rappel, ces plus-values qui étaient imposées respectivement à 20% et 15% sont désormais alignées à 15%.  
D’autre part, c’est la rareté des introductions en Bourse qui justifie l’engouement actuel pour les fonds actions. Sur les dernières années, les opérations d’introduction en Bourse ont de plus en plus été assimilées à autant d’occasions d’empocher des plus-values substancielles en très peu de temps. Or, pour des raisons d’allocation de titres, les OPCVM ne peuvent profiter pleinement de ces opérations. C’est ce qui a fait préférer aux particuliers l’investissement direct en Bourse. Mais maintenant que le rythme effréné des OPV semble interrompu, plus rien ne plaide pour un positionnement direct sur le marché boursier, d’autant plus en contexte de manque de visibilité.
Mais cela ne dit pas si les OPCVM actions continueront à surfer sur leur vague favorable. Une mesure majeure anticipée par le marché laisse croire que oui. Il s’agit de la future décision de Bank Al- Maghrib de baisser son taux directeur lors de la prochaine réunion de son conseil. Une telle décision fera nécessairement baisser les rendements monétaires, ce qui devrait pousser d’autant plus d’investisseurs à migrer vers les fonds actions.
Reste que les performances futures du marché boursier ne sont pas réjouissantes : 2009 sera baissière, le consensus du marché en est persuadé.
Ce qui fait dire à Farid Chaoub, directeur général de Marogest, que «le regain de souscriptions observé dernièrement n’est que temporaire et que les rachats reprendront nécessairement en l’absence de relais de croissance pour le marché boursier».
En attendant, les fonds actions pourront invoquer leur gestion professionnelle pour réaliser de la superperformance et attirer les souscriptions. A noter à ce titre qu’une tendance de plus en plus affirmée parmi les sociétés de gestion fait collaborer les gestionnaires en tandem. Un premier pour gérer les valeurs de fonds de portefeuille selon une approche fondamentale, et un second gérant qui ne fait que du trading.