Les fonds actions et diversifiés pà¢tissent du désengagement des investisseurs

Les fonds diversifiés ont perdu plus de 2 milliards de DH d’actifs à  la suite de rachats massifs de parts. L’inconstance des investisseurs particuliers, très présents dans ce type de fonds, en est la cause.

Les OPCVM actions perdent 500 MDH mais 35 des 38 fonds en activité font mieux que le Masi.

Immanquablement, la petite santé qui caractérise le marché boursier depuis le début de l’année a entamé les performances des OPCVM actions et diversifiés sur la même    période. Cela est d’autant plus vrai pour la seconde catégorie de fonds.
En effet, l’actif net en gestion des OPCVM diversifiés a connu du 1er janvier au 4 septembre 2009 une baisse significative de 26,81%. En tout, cet actif s’est allégé de 2,16 milliards de DH. Mais cette baisse sévère ne s’explique pas tant par un effet direct de performance des fonds diversifiés que par le désengagement des souscripteurs de ce type de fonds.
Il faut savoir, en effet, que l’actif net de tout OPCVM est alimenté par la performance des actifs détenus par ce fond mais aussi par les souscriptions supplémentaires qu’il génère. Or, pour les fonds diversifiés, si l’effet performance a été favorable, renchérissant leur actif net de plus de 300 MDH, l’effet souscription les, au contraire, a perdu plus de 2 milliards de DH. Cela s’explique en partie par le fait que la clientèle des particuliers, qui pèse plus dans les fonds diversifiés que dans tout autre type de fonds, et qui est peu stable par définition dans ses positionnements, a déserté cette catégorie dès que les mauvaises performances de la Bourse ont commencé à déteindre sur ces fonds.
Côté OPCVM actions, étonnamment, l’actif net en gestion de tous les fonds arrive à s’assurer une croissance plus qu’honorable. En effet, entre le début de l’année et le 4 septembre 2009, l’actif net s’est apprécié de 61,63%, soit un renchérissement de 7,83 milliards de DH. Comment cela s’explique-t-il alors que «la tendance a été plutôt aux rachats de parts autant parmi les investisseurs institutionnels que particuliers», comme le rapporte Karim El Hnot, directeur de la gestion à CDG Capital Gestion.
Il s’agit en fait d’une croissance en trompe-l’œil. En effet, un événement exceptionnel justifie cette situation. Il s’agit de l’institution courant 2009 par RMA Watanya de plusieurs fonds actions, dans le cadre de l’externalisation de la gestion de ses réserves vers sa filiale RMA Capital. Au passage, l’actif des OPCVM actions s’en est trouvé enrichi de plus de 6 milliards de DH. Déflaté de cet événement exceptionnel, la performance des fonds actions retombe à une contre-performance en termes de souscription de 500 MDH. A y voir de plus près, les investisseurs ont donc eu plutôt tendance à se désengager des fonds actions. Ce qui s’explique la corrélation directe qui existe entre ces instruments et le marché boursier, vu les craintes qu’il peut générer.
Tout cela étant, il demeure qu’au cas par cas, la quasi totalité des fonds arrive à s’en sortir beacoup mieux que l’indice de toutes les valeurs, Masi. Au 4 septembre, au moment où celui-ci affichait une contre-performance depuis le début de l’année de -1,55%, 35 des 38 fonds actions en activité faisaient mieux. Ce qui laisse croire qu’en dépit des rachats  nets de part, la performance des actifs détenus continue d’élargir l’actif net des OPCVM actions.
Mais d’ici peu, même l’effet souscription pourrait jouer en faveur de ces fonds. En effet, le marché se fait l’écho de la créations imminentes de fonds action institutionnels, ce qui devrait venir élargir la base de l’actif net en gestion de ce type de fonds. A noter toutefois qu’«au vu du contexte actuel, ces fonds pourraient juste être créés sans être alimentés en attendant d’avoir plus de visibilité», relativise un gestionnaire de fonds. Il reste que deux faits motivent les investisseurs à abandonner un positionnement direct sur le marché au profit de la gestion collective. Il s’agit, d’une part, du fait que la Loi de finances 2009 a rétabli l’équilibre en termes de traitement fiscal des plus-values dégagées sur les OPCVM actions et dans le cadre d’un investissement direct. Pour rappel, ces plus-values qui étaient imposées respectivement à 20% et 15%, sont alignés à 15% depuis le début 2009. D’autre part, la rareté des introductions en Bourse plaide toujours pour un engouement pour les fonds actions. En effet, sur les dernières années, les opérations d’introduction ont de plus en plus été assimilées par les investisseurs comme autant des occasions pour dégager des plus-values substantielles en très peu de temps. Or, pour des raisons d’allocation de titres, les OPCVM ne pouvaient profiter pleinement de ces opérations. C’est ce qui a fait préférer l’investissement direct en Bourse aux particuliers jusque là. Mais maintenant que les OPV semblent interrompues, le positionnement direct perd un argument fort, d’autant plus en contexte de manque de visibilité.