Les Européens gardent leurs sous à  la banque

Les billets et pièces en circulation dans la Zone euro ne représentent que 8,4% de la masse monétaire. Leur masse n’a progressé que de 4,5% par rapport à  août 2010.

Alors que la Zone euro est en pleine crise des dettes publiques, avec une Grèce pratiquement en situation de défaut de paiement et d’autres comme l’Espagne, l’Irlande et l’Italie dont les finances publiques ne sont pas moins dégradées, la masse monétaire de la zone présente une structure moins marquée par l’envolée de la circulation fiduciaire. A fin août 2010, le montant des billets et pièces en circulation dans les pays membres n’a en effet évolué que de 4,5% sur une année glissante, contre une progression de 11% pour le Maroc. A 825 milliards d’euros, cette masse fiduciaire ne représente que 8,4% de la masse monétaire globale de la zone (M3), qui atteint 9 800 milliards d’euros. Au Maroc, la part de la circulation fiduciaire est de 17%.
Il faut dire qu’en Europe, le taux de bancarisation est à plus de 80% de la population et le niveau d’équipement des ménages et des commerces en moyens de paiement est élevé (Internet, mobile, cartes de paiement, TPE…), ce qui explique le recours moins marqué des Européens à l’argent liquide (relativement à la taille de masse monétaire). Les habitudes de paiement des Européens sont donc différentes par rapport à celles des Marocains et, malgré la crise, ils gardent toujours leurs sous à la banque.
Les dépôts progressent malgré les risques sur
les banques européennes
Certains épisodes peuvent laisser croire le contraire, comme celui des clients de la banque belge Fortis qui ont tous fait la queue en 2008 pour retirer leur argent, avant l’annonce de la nationalisation de l’établissement pour lui éviter la faillite. Sauf qu’à l’époque le monde entier était secoué par l’éclatement de la crise financière internationale et la faillite de plusieurs banques américaines.
Aujourd’hui, le risque sur les banques, notamment en Europe, existe toujours, ces établissements détenant une grande quantité de titres des dettes des pays fragiles de la Zone euro. Le cas de la banque franco-belge Dexia, en faillite, fait d’ailleurs peur à tous les Européens, l’établissement risquant d’être démantelé ou nationalisé à cause des actifs toxiques qu’il détient.
Malgré cela, les ressources du système bancaire de la Zone euro n’ont pas connu de variation majeure. Les dépôts à vue affichent même une progression de 1,7% par rapport à août 2010, totalisant 4 800 milliards d’euros, soit 40% de la masse monétaire. Les dépôts à terme et comptes d’épargne ont également crû de 3,3% (39% de M3). Quant aux instruments négociables que sont les valeurs données en pension, les titres d’OPCVM monétaires et titres de créances de maturité inférieure à 2 ans, ils affichent une progression de 5,4%(12,4% de la masse monétaire).