Les étrangers reviennent sur le marché actions

Les personnes physiques et morales étrangères ont réalisé des achats nets de 97 MDH au premier trimestre. Les investisseurs marocains continuent de bouder le marché ou préfèrent investir à  travers les OPCVM. Ces derniers pèsent actuellement 42% des transactions sur le marché central.

La Bourse de Casablanca est sur un trend haussier depuis le début de l’année. L’indice général du marché, même s’il s’est légèrement essoufflé dernièrement, reste sur un territoire positif avec une performance de 3,72% en date du 6 mai. A la même période de l’année précédente, il affichait une baisse de 1,6%. Toutefois, la place manque toujours de profondeur puisque les volumes traités sont faibles. Au 1er trimestre, le volume moyen quotidien a atteint 85,2 MDH contre 92,4 MDH une année auparavant, soit une contraction d’environ 8%.
En dépit de ce manque de liquidité, le marché boursier n’est plus dans le même contexte que ces cinq dernières années. Avec le redressement progressif de la situation économique et des finances publiques, il y a un regain de confiance progressif des investisseurs. Ces derniers commencent à revenir en Bourse, tirant ainsi le cours vers le haut, d’autant plus que le marché des bons du Trésor est moins dynamique, caractérisé par un recours limité de l’Etat au financement sur le marché domestique grâce au retrait progressif des subventions sur les carburants. La publication par les sociétés cotées de résultats annuels en baisse pendant cette période n’a pas bridé cet élan.

Les statistiques du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) relatives à la répartition des volumes de transaction par catégorie d’investisseurs au premier trimestre confirment cette tendance. Tous les types d’intervenants affichent une position nette acheteuse sur le marché, à l’exception toutefois des personnes physiques et morales marocaines. Ce qui, notons-le, marque une rupture avec la stratégie des investisseurs adoptée depuis 2008 et qui était globalement vendeuse.
Tout d’abord, les OPCVM se sont fortement positionnés à l’achat au 1er trimestre. Alors que leurs transactions ne dépassaient pas 975 MDH à fin mars 2013, ils sont passés à 2,2 milliards de DH, soit une hausse de 122%. Leur solde net à l’achat a totalisé 714 MDH et leur part dans le volume du marché central a augmenté pour atteindre près de 42%. En fait, la donne a changé pour les sociétés de gestion qui, pendant longtemps, ont enregistré plus de rachats que de souscriptions. Avec des niveaux de valorisation intéressants et à la veille de la reprise du marché boursier, leurs clients ont jugé le moment opportun de réaliser des placements. Les gestionnaires ont donc visé les valeurs qui recèlent un potentiel de croissance important.

Les professionnels tablent sur un retour progressif de tous les investisseurs

Les transactions des investisseurs étrangers se sont soldées également par une position nette acheteuse qui s’est établie à 94 MDH pour les personnes morales. Toutefois, même s’ils sont des acheteurs nets, ils ont réalisé moins de transactions à l’achat que l’année précédente. De 1,5 milliard de DH, leur volume d’achat est passé à 848 MDH, soit un repli de 43%. Pour leur part, les personnes physiques étrangères reviennent petit à petit sur le marché. Après avoir adopté une stratégie vendeuse avec un solde net de 54,5 MDH à fin mars 2013, ils ont totalisé un solde acheteur de près de 3 MDH.
Les investisseurs marocains restent, eux, prudents malgré l’amélioration de la conjoncture. Du moins, ils n’interviennent pas directement sur le marché et préfèrent passer par les professionnels de la gestion collective de l’épargne, comme le démontre l’augmentation du volume généré par les OPCVM. En tout cas, les personnes physiques marocaines continuent de liquider leurs positions directes sur le marché. Leur solde net à la vente de 159 MDH, en progression de 192% sur une année. De même, les transactions des personnes morales marocaines (PMM) sont plus orientées à la vente qu’à l’achat, sachant qu’au même trimestre de l’année dernière, ces investisseurs étaient acheteurs. Ainsi, leur position nette est passée de 1,8 milliard de DH en 2013 en faveur de l’achat à 444 MDH en faveur de la vente. Cela étant, cette position ne traduit pas le désengagement des institutionnels du marché boursier. Vu leur stratégie de placement à long terme ainsi que les exigences réglementaires auxquelles elles sont soumises, les PMM ne peuvent déserter le marché actions au bout de quelques mois. Il s’agit donc surtout d’ajustements de portefeuilles de titres qu’effectuent habituellement ce type d’investisseurs au début de chaque année.

En tout cas, les professionnels de la place tablent sur un retour progressif et régulier des différents investisseurs du marché. Des arbitrages se feront certes pour certaines valeurs au détriment d’autres. Toujours est-il que la tendance globale à l’achat est bel et bien visible et va de paire avec la hausse des cours.