Les étrangers détiennent 29% du capital des sociétés cotées au Maroc

26.1% sont des participations stratégiques et 2.8% sont un flottant échangeable en Bourse. Ce dernier représente 12.5% de la capitalisation flottante du marché qui s’élevait à  130 milliards de DH à  fin 2010.

Depuis l’éclatement de la crise internationale, et les effets de contamination psychologique qui s’en sont suivis pour le Maroc, les professionnels du marché n’ont eu cesse de minimiser le poids des investisseurs étrangers à la Bourse de Casablanca, afin de rassurer sur la capacité de résilience de la place. A ce titre, le dernier rapport du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) sur l’investissement étranger explique que bien qu’en progression en 2010, «la part flottante des capitaux étrangers investis à la Bourse de Casablanca demeure faible». Cette part représente effectivement 2,8% de la capitalisation boursière en 2010, 2,5% en 2009, ou encore 2,3% en 2008. Toutefois, sans chercher à attribuer un mauvais rôle aux investisseurs étrangers, il convient de mieux préciser leur poids en Bourse en opérant les bons rapprochements.

Ce faisant, la contribution étrangère sur le marché ressort à un niveau plus important qu’on ne veut bien l’admettre. En effet, en rapportant l’investissement étranger flottant, qui se monte à plus de 16 milliards de DH à fin 2010, à la capitalisation flottante et non à la capitalisation totale, la contribution étrangère se hisse à 12,5% et non plus seulement à 2,8%. Il ressort également qu’en pourcentage de la capitalisation boursière, les participations stratégiques (par définition supérieures à 4% du capital) d’origine étrangère, totalisant plus de 151 milliards de DH, représentent plus de 26%. Etant à préciser en sus que plus de 90% de l’investissement étranger en actions consiste en prises de participations stratégiques.

Au total, l’investissement étranger, flottant et stratégique, qui cumule 167 milliards de DH en Bourse, contribue dans la capitalisation boursière à hauteur de 29%, ce qui représente une part non négligeable.

Par ailleurs, pour davantage caractériser le profil des investisseurs étrangers à la Bourse de Casablanca, il y a lieu de préciser une nouvelle tendance qui fait que le montant de l’investissement des personnes morales britanniques et américaines a nettement augmenté dernièrement. De 6,7 milliards de DH en 2009, il progresse à 9,1 milliards en 2010, soit une progression de 36%. On reste cependant bien en- dessous de la présence française qui dépasse les 130 milliards de DH. En outre, les investisseurs étrangers en Bourse se concentrent essentiellement sur dix secteurs d’activité, à savoir les équipements électroniques et électriques, les ingénieries des biens d’équipement industriels, les télécommunications, les services aux collectivités, le bâtiment et matériaux de construction, le pétrole et le gaz, les loisirs et hôtels, les banques, l’agroalimentaire et les sociétés de financement. En effet, sur ces derniers secteurs, les prises de participation étrangères varient entre 10 et 80%, tandis qu’elles se situent en-dessous de 4% pour les autres secteurs.

De même, 75% du portefeuille détenu par les étrangers se composent de cinq valeurs qui ont toutes connu, à l’exception de BMCE Bank, d’importantes variations à la hausse en 2010 : Maroc Telecom, Lafarge Ciments, Ciments du Maroc et BMCI. Cela a d’ailleurs fait croître par un effet prix le montant des investissements étrangers en actions cotées de plus de 15% entre 2009 et 2010.

Enfin, sur le volet de la gestion collective, la part détenue par les étrangers dans l’actif net global des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), demeure insignifiante et est même en baisse, passant de 0,72% en 2009 à 0,57% en 2010, à un peu plus de 1,27 milliard de DH. L’analyse de la répartition de l’investissement étranger en titres d’OPCVM en 2010 met en évidence un engouement pour les OPCVM monétaires et les fonds obligations moyen et long terme (OMLT), une tendance qui a, à vrai dire, cours depuis quelques années déjà. En effet, l’investissement étranger en titres d’OPCVM est constitué d’OPCVM Monétaires à hauteur de 49,63%, suivi des OPCVM OMLT pour une part de 23,81%.