Les dépôts des particuliers en bonne progression : +14% en deux ans

Les comptes sur carnet ont grimpé de 17,3% entre octobre 2009 et octobre 2011, les dépôts à  vue de 15,4%. Les comptes à  terme n’ont progressé que de 8,3%.

Visiblement, le ralentissement constaté dans l’évolution des dépôts bancaires ces dernières années est à mettre sur le compte des entreprises et du secteur public. En effet, les actifs monétaires (constitués principalement des dépôts) des particuliers et MRE n’ont montré aucun signe d’essoufflement. A fin octobre, ils ont totalisé 453,7 milliards de DH, en hausse de 6% par rapport à la même période en 2010 et de 13,8% sur deux années glissantes. En face, les actifs monétaires des sociétés non financières ont stagné cette année, à 132 milliards de DH, après avoir marqué une hausse de 12,8% entre octobre 2009 et octobre 2010 sous l’effet de l’expansion des titres d’OPCVM monétaires (structure des actifs différente de celle des particuliers), tandis que les actifs du secteur public ont régressé de 6% cette année après avoir progressé d’un léger 1,7% entre 2009 et 2010, pour s’établir à 41 milliards de DH.
La structure des dépôts des particuliers et MRE est restée relativement stable, avec toutefois des comptes d’épargne qui gagnent un peu plus de terrain face aux autres catégories de dépôts. Englobant les comptes sur carnet auprès des banques et le livret d’épargne national d’Al Barid Bank, ces comptes d’épargne totalisent désormais 100 milliards de DH. Ils ont progressé de 17,3% en deux ans, soit la plus forte hausse de toutes les catégories de dépôts. Pour plusieurs observateurs, cette évolution est à lier au contexte de crise qui pousse les petits épargnants à mettre davantage d’argent de côté. Cela dit, d’une manière générale, les comptes sur carnet ont historiquement évolué de façon linéaire, indépendamment de la conjoncture. Quoi qu’il en soit, ces dépôts représentent désormais 22% de l’ensemble des actifs monétaires des particuliers, contre un peu plus de 21% il y a deux ans.

Les dépôts à terme ont marqué le pas cette année

Face à cette tendance, les dépôts à terme des particuliers et MRE ont enregistré une hausse beaucoup moins importante. Cet instrument privilégié par les gros déposants totalise 89 milliards de DH, en progression de 8,3% par rapport à octobre 2009. Depuis le début de l’année, l’encours de ces dépôts fait du surplace. Et de manière générale, l’évolution des DAT reste très liée à la conjoncture et caractérisée par une certaine volatilité. Actuellement, leur poids dans l’ensemble des actifs monétaires des particuliers est de 19,6%, en baisse d’un point par rapport à il y a deux ans.
Pour leur part, les dépôts à vue, qui constituent plus de la moitié des actifs monétaires des personnes physiques (56,6%) ont bien progressé ces deux dernières années. Ils s’élèvent à 257 milliards de DH, en hausse de 15,4% par rapport à octobre 2009. Cette évolution peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont le développement de la bancarisation qui dépasse aujourd’hui les 50% de la population, l’amélioration des revenus et la poursuite de la croissance de la distribution de crédits en faveur des particuliers (+10% cette année et  +6 entre 2009 et 2010), crédits qui sont transformés en dépôts soit chez les mêmes personnes soit chez d’autres.
Les dépôts à vue, à terme et les comptes d’épargne représentent ensemble l’essentiel des actifs monétaires détenus par les particuliers et MRE, avec une part de plus de 98%. Le reste est constitué de trois autres éléments, à savoir les dépôts en devises, les titres d’OPCVM monétaires et les certificats de dépôts émis par les banques dont la durée résiduelle est inférieure ou égale à 2 ans.
A 2,45 milliards de DH, les dépôts en devises représentent à peine 0,5% des actifs monétaires des personnes physiques. Ils sont en plus très volatiles : +5,1% par rapport à octobre 2009 mais -12,2% par rapport à octobre 2010.
Les titres des OPCVM monétaires sont, eux, en constante baisse depuis deux ans. Contrairement aux entreprises qui privilégient de plus en plus cet instrument de placement sans risque, les particuliers semblent s’en désengager : -9,8% de baisse pour un encours de 4,6 milliards de DH à fin octobre.
En face, les particuliers s’orientent davantage vers les certificats de dépôts, instruments plus risqués mais plus rémunérateurs qu’émettent de plus en plus les banques pour se refinancer. Alors que les personnes physiques ne détenaient que 260 MDH de certificats en octobre 2009, elles en possèdent aujourd’hui plus d’un milliard de DH.