Les contrats de capitalisation de moins en moins rémunérateurs

Les taux de rendement de 2009 ne dépassent pas les 6%.
La tendance est à  la baisse chez pratiquement toutes les compagnies d’assurance, et ce, depuis la fin des années 1990.
L’effritement des rendements
des bons du Trésor explique en majeure partie cette tendance.

La barre est à 6%. Les taux de rendement des contrats de capitalisation et d’assurance-vie pour l’année 2009, qui distribuent les bénéfices réalisés par les compagnies d’assurance sur leurs placement en 2008, flirtent pour les meilleurs autour de ce niveau.
Dans le lot, Wafa Assurance tient le haut du pavé avec un taux de 5,75%. RMA Watanya servira pour sa part un rendement de 5,40%, suivie par Axa Assurance Maroc dont le taux s’établit à 5,10%. Plus loin, La Marocaine Vie promet un rendement de 4,40%. Cnia Saada et Atlanta Sanad qui n’ont pour l’heure pas encore communiqué leurs taux ne devraient pas aller au-delà des 6%.
A noter que ces taux comprennent outre la participation aux bénéfices réalisés sur les placements, une part incompressible dite taux minimum garanti (TMG). Il s’agit d’un taux de rémunération garanti pour les produits d’assurance-vie. Ce taux peut être valable pour un an ou pour toute la durée de l’adhésion, selon les conditions du contrat et le cadre réglementaire. Celui-ci imposait justement un minimum de 3% en 2008. Et c’est ce même plancher qui a été reconduit en 2009.
Avec les taux affichés en 2009, toutes les compagnies, devraient enregistrer une baisse de rendement sur leurs contrats de capitalisation par rapport à 2008. La décrue est, toutefois, plus ou moins prononcée selon les cas. De 2008 à 2009, les rendements proposés par RMA Watanya et Wafa Assurance se départissent de 70 et 55 points de base, alors que sur la même période La Marocaine Vie et Axa Assurance Maroc amortissent le choc avec une baisse contenue de 10 et 20 points de base.

Les taux de rendement resteront orientés à la baisse à long terme
Mais mis à part cette baisse annuelle généralisée, c’est une décrue tendancielle des taux de rendement qu’il faut relever sur le long terme. En effet, jusqu’en 1997, les rendements s’incrivaient, bon an mal an, à deux chiffres. A titre d’exemple, Wafa Assurance a servi entre 1992 et 1996 un taux moyen de 10,25% sur ses contrats de capitalisation. La décrue intervient vers la fin des années 90 et s’accélère sur les années suivantes, faisant perdre globalement à toutes les compagnies presque 1 point de rendement par an.
Qu’est-ce qui explique cette tendance baissière ? Il faut savoir que les contrats de capitalisation proposés par les compagnies d’assurance reposent sur une gestion plutôt prudente des actifs, donc sollicitant fortement les placements obligataires (bons du Trésor notamment). Ces derniers représentent 70 à 80% des portefeuilles de placement constitués par les compagnies.
Vu que jusqu’en 2000, les rendements des bons du Trésor dépassaient les 10%, cela a systématiquement profité à l’assurance-vie. Mais quand la performance du marché obligataire s’est mise à décliner, elle a aussi fait chuter les rendements des contrats de capitalisation.      
En étant obligées par la législation de jouer la prudence, les compagnies d’assurance font donc baisser de manière mécanique le rendement de leurs produits d’assurance-vie. Aussi, elles ne tirent pas pleinement profit du placement en actions. Ceci alors que les gestionnaires de fonds des compagnies d’assurance disposent, pour faire fructifier d’éventuels placements en actions, d’un horizon d’investissement de 8 ans, durée au bout de laquelle les adhérents sont exonérés d’impôts s’ils n’opèrent aucun rachat sur leur contrat de capitalisation. Ce qui est supposé autoriser plus de prise de risque et permettre in fine d’accroître le rendement.
Ceci en appelle à réviser le cadre réglementaire régissant les placements des compagnies d’assurance car en l’état actuel des choses, les rendements servis sur les contrats de capitalisation devraient poursuivre leur baisse. En attendant, les compagnies conservent la possibilité de puiser dans leurs réserves bénéficiaires des années passées, un levier dont elles ne se sont pas privées jusqu’à maintenant pour compenser des baisses brutales.