Les cimentiers pà¢tissent de l’arrivée d’Anas Sefrioui dans leur secteur

Baisse de 9% du résultat semestriel de Lafarge et de 16% de celui de Holcim. Cimar résiste grà¢ce à  son positionnement dans le Sud. La disparité de la demande par région et l’arrivée de 4 millions de tonnes de capacité additionnelle sur le marché expliquent ces baisses. A fin juin, le marché a crû de 7,2%.

Les cimenteries cotées à la Bourse de Casablanca, qui nous ont jusque-là habitués à des taux de progression à deux chiffres de leurs résultats, affichent des indicateurs semestriels en nette dégradation cette année, et ce, malgré la relance du programme des logements sociaux. La croissance de 7,2% qu’a connue le secteur du ciment à fin juin 2011 ne leur a, de fait, pas profité, en raison d’un déséquilibre grandissant au niveau de l’offre et de la demande.
En effet, l’entrée sur le marché de Ciments de l’Atlas, d’Anas Sefrioui, patron d’Addoha, avec ses deux unités basées à Ben Ahmed et Béni Mellal, a généré une surproduction d’environ 4 millions de tonnes qui a quasiment absorbé toute la demande additionnelle du premier semestre de l’année. Pour preuve, les ventes de Lafarge n’ont progressé que de 1,3% par rapport au premier semestre 2010, ceux de Ciments du Maroc de 4,3%, alors que les ventes de Holcim ont chuté de 11%.
Certes, la disparité de la demande par région, au détriment de certains marchés comme ceux de Meknès-Tafilalt, Tanger-Tétouan ou encore Marrakech, explique en partie la baisse des résultats obtenus par les cimenteries cotées. Mais pour l’essentiel, ce sont les capacités additionnelles apportées par Ciments de l’Atlas, dont la production s’écoule, entre autres, dans la région du Centre, qui ont impacté leur activité.
C’est ainsi que pour Lafarge Ciments, le chiffre d’affaires consolidé a fait du surplace par rapport au premier semestre 2010, à 2,78 milliards de DH. Son résultat d’exploitation a reculé de 7,8%, à 1,23 milliard, essentiellement en raison du renchérissement du coût des combustibles et de la sacherie. Du coup, son résultat net est passé de 953 à 866 MDH, soit une baisse de 9,1%.

Des marges en baisse mais qui demeurent à un niveau élevé

Pour Holcim, le recul des indicateurs d’activité et de rentabilité a été plus important. Son chiffre d’affaires a en effet baissé de 8,1%, à 1,81 milliard de DH, et son résultat d’exploitation de 22,7%, à 590 MDH. Son bénéfice net part du groupe s’est contracté de 15,8% pour s’établir à 413%.
Ciments du Maroc a, quant à elle, résisté au contexte difficile du marché, grâce à son positionnement dans la région du Sud. Ses ventes ont progressé de 4,3%, générant un chiffre d’affaires consolidé en augmentation de 4,7% à 2,03 milliards de DH. Cette «performance», conjuguée à l’augmentation de la production de l’usine d’Aït Baha qui a permis à la société de réduire ses achats de clinkers, a contrebalancé la hausse du coût des combustibles et des amortissements pour aboutir à un résultat d’exploitation en amélioration de 3,5%, à 675 MDH. Le bénéfice net a, par conséquent, évolué de 4%, s’établissant à 579 MDH.
Cela dit, pour les trois cimenteries cotées, les taux de marge se sont dégradés. La marge opérationnelle de Lafarge a chuté de 3,7 points et sa marge nette de 3 points. Pour Holcim, ce sont respectivement 5 et 2 points de marge qui ont été perdus. Chez Cimar, la baisse de la marge opérationnelle et nette a été contenue à 0,2 point. Malgré cela, le niveau de rentabilité par rapport à l’activité reste élevé, avec une marge nette de 31% pour Lafarge, de 28% pour Cimar et de 23% pour Holcim.
Sur toute l’année 2011, les professionnels du secteur s’attendent à une croissance du marché de l’ordre de 4%, sachant qu’en 2010 la consommation de ciment avait fait du surplace en raison d’un programme de logements sociaux qui était toujours à l’arrêt. Seulement, l’augmentation de la demande devrait, à l’instar du premier semestre, avoir un effet quasi nul sur l’activité des trois cimenteries cotées, en raison d’un marché en surcapacité de production de l’ordre de 4 millions de tonnes. Leurs résultats annuels au titre de 2011 devraient ainsi afficher la même tendance observée au 30 juin.