Les bénéfices semestriels vont deux fois plus vite que l’activité

Energie, holdings, télécoms, banques et agroalimentaire boostent le chiffre d’affaires de la place.
Les mêmes, hors énergie et agroalimentaire, mais avec le BTP,
dopent les résultats.
La marge nette augmente, dans l’ensemble, de 1,5 point.

Les analystes financiers ne se sont pas trompés. Ils ont prévu de «bons» résultats semestriels 2006 et ils ont eu raison. Mieux encore, les réalisations à  fin juin 2006 peuvent être qualifiées d’«excellentes».
Les boursicoteurs peuvent se réjouir puisque, dans l’ensemble, les sociétés cotées ont amélioré leur chiffre d’affaires de 16 % et leur résultat net quasiment du double, soit plus de 30%. Le volume d’affaires dégagé par les sociétés cotées a dépassé les 73 milliards de dirhams, soit 10,2 milliards de plus en un an, pour des bénéfices nets d’impôts équivalant à  9,3 milliards. Nos entreprises «margent» donc plus puisque la progression de leurs bénéfices a été deux fois plus rapide que celle de leur chiffre d’affaires. En effet, leur marge nette s’est bonifiée de 1,44 point et dépasse désormais les 12,5%.
Ceci traduit-il pour autant la réalité de chaque entreprise cotée ? Non, bien évidemment, puisque les chiffres agrégés cachent souvent d’énormes inégalités.



Les télécoms toujours en tête et les banques suivent…
Pour preuve, deux niveaux extrêmes apparaissent à  la lumière de l’analyse des résultats des secteurs cotés. La plus importante progression, tant en pourcentage qu’en montant, a été réalisée par le secteur bancaire. La profession cotée a en effet plus que doublé son résultat net pour le porter de 1,05 à  2,41 milliards de dirhams. Sa marge nette a presque gagné 15 points en six mois pour s’établir à  31%. Le dynamisme de ses composantes, Attijariwafa bank en tête, et le retour marqué du CIH expliquent la situation.

Pour ce qui est de la plus forte baisse, on retrouve le secteur des mines, dont le bénéfice net a chuté de plus de 127%. Le secteur a fait perdre au marché quelque 100 millions de dirhams en raison des pertes non courantes et comptables liées aux opérations de restructuration du portefeuille. Mais même si la contre-performance a été importante dans les mines, le poids de leurs résultats dans celui du marché reste très faible.

Parmi ceux qui pèsent toujours sur le marché, et qui ont en plus réalisé des bénéfices en forte progression, que ce soit en pourcentage ou en volume, figurent les télécoms et les holdings. En effet, les bénéfices de Maroc Telecom représentent 32% de ceux du marché en entier. Ils se sont établis à  près de 3 milliards de dirhams, soit une progression de 13,7%. Quant aux holdings, même s’ils ne représentent que 10% au niveau du résultat net, ils ont pu le hisser de 63% sur les six mois, pour s’aligner sur Maroc Telecom en termes de progression en montant (+369 millions de dirhams).
Les cimenteries ont également pu réaliser des performances honorables. Avec un résultat net qui pèse 11% de celui du marché (près d’un milliard de dirhams), elles ont amélioré leur marge nette, déjà  confortable, pour l’élever à  25,7%.

Le contraste est également manifeste au niveau du secteur «pétrole et mines», qui a réalisé le meilleur bond en terme de chiffre d’affaires, puisqu’il a apporté au marché un volume d’affaires additionnel de l’ordre de 3,9 milliards de dirhams (+33%), mais sa rentabilité ne suit pas au même rythme. Du moins celle de la Samir, qui a vu son résultat net consolidé progresser de moins de 4% sur le semestre. Afriquia Gaz, l’autre locataire de ce compartiment coté, a réalisé, pour sa part, un résultat net en hausse de plus de 125%.