Les bénéfices progressent deux fois plus que l’activité

Pour la deuxième année consécutive, les bénéfices progressent de plus de 30% contre 15% pour l’activité.
Les banques, télécoms, holdings et sociétés de
matériaux de construction réalisent l’essentiel de la croissance.
Les résultats dépassent largement les attentes des analystes.

Les réalisations des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca au titre du premier semestre 2007 n’ont pas déçu la communauté financière. Les résultats sont pour l’essentiel conformes aux prévisions des analystes et quelques-uns ont même été meilleurs.

Encore une fois, cette année, les bénéfices progressent deux fois plus vite que l’activité. En effet, le résultat net global du marché, en dehors des sociétés ayant des exercices fiscaux à cheval entre deux années civiles, s’est établi à près de 13 milliards de DH, en hausse de 32% par rapport au premier semestre 2006, alors que le chiffre d’affaires cumulé n’a évolué que de 15,4%, à 94,1 milliards de DH. La marge nette du marché s’est ainsi améliorée de 1,7 point, à 13,8%. Une situation jugée satisfaisante par les professionnels du marché. «La majorité des sociétés cotées ont annoncé des réalisations qui dépassent nos prévisions. Mis à part quelques entités qui ont surpris la place par des résultats en retrait, nous estimons que le marché a enregistré une bonne croissance au titre du premier semestre 2007, ce qui laisse présager l’annonce de résultats annuels en forte évolution», déclare un analyste financier de la place.

Les grosses capitalisations en tête du classement
La forte progression des résultats témoigne du bon comportement de l’économie nationale dans sa globalité. En effet, 13 secteurs cotés sur 14, représentés par 62 sociétés, ont publié des chiffres d’affaires en croissance. 12 secteurs, ou 59 sociétés, ont annoncé des résultats d’exploitation en progression, et 13 ont dégagé des bénéfices en hausse.

Au niveau de l’activité, les banques, Maroc Telecom, les holdings et les sociétés de bâtiment et matériaux de construction se distinguent par leur forte progression.
Avec un additionnel de chiffre d’affaires de 3,6 milliards de DH, les établissements bancaires occupent la première place des performances, confirmant la bonne santé du secteur. L’expansion des revenus, la maîtrise des charges et la montée en puissance des activités de marché expliquent cette performance.

Maroc Telecom, de son côté, confirme encore une fois sa position de leader dans son domaine avec, à lui seul, un additionnel de chiffre d’affaires de 2,1 milliards de DH, fruit du bon comportement de l’ensemble de ses pôles d’activité et de ses filiales à l’international.

Les holdings ont, quant à eux, généré à peu près le même montant que l’opérateur historique en matière d’additionnel de volume d’affaires (2,1 milliards de DH). Le groupe Ona est la principale entité qui a tiré le secteur vers le haut grâce au développement que connaissent les pôles distribution (Marjane et Optorg), mines (Managem), agroalimentaire (Cosumar) et Télécoms (Wana).
Quant au secteur du bâtiment et matériaux de construction, il a dégagé un chiffre d’affaires de 2,6 milliards de DH, en progression de 690 MDH grâce au développement de l’immobilier et des projets d’infrastructures et touristiques, qui ont porté la croissance de la demande nationale de ciment à 18,5%.

S’agissant maintenant des contre-performances, le secteur de l’énergie accuse la seule baisse de la cote avec une perte de 122 MDH, dûe à la dégradation du volume d’affaires de la Samir
Une marge opérationnelle qui gagne 1,2 point, à 20,1%

Pour ce qui est de la performance opérationnelle du marché, elle s’est établie à 22,7%, correspondant à un additionnel de 3,5 milliards de DH pour un résultat d’exploitation global de 18,9 milliards de DH.
Cette progression porte la marge opérationnelle de l’ensemble des sociétés cotées à 20,1% (+1,2 point). Elle provient essentiellement des télécoms, des banques et des sociétés de matériaux de construction. Maroc Telecom a en effet amélioré sa performance opérationnelle (+33,6% ou un additionnel de 1,5 milliard de DH) grâce à la maîtrise des coûts d’acquisition et malgré l’accroissement des parcs clients. Les banques, hormis la BCP dont le résultat a été impacté par les filiales africaines, ainsi que les cimenteries et Sonasid ont également marqué une forte évolution avec un additionnel d’un milliard de DH pour les premières et de 690 MDH pour les deuxièmes. Les holdings, quant à eux, sont au rouge avec une perte de 131 MDH liée pour l’essentiel aux charges de démarrage de l’opérateur Wana.

Finalement, l’ensemble de ces éléments a fait que la capacité bénéficiaire des sociétés cotées gagne plus de 3 milliards de DH, à près de 13 milliards. Là aussi on trouve la même configuration que pour les secteurs ayant réalisé les plus fortes évolutions.

En effet, Maroc Telecom vient en tête de classement avec un additionnel de 852 MDH (+28,4%) généré grâce à la forte croissance de l’activité et à la maîtrise des charges d’exploitation. Les banques, particulièrement Attijariwafa bank, BMCE Bank, CIH et BMCI, occupent la deuxième place avec une progression de 847 MDH (+30,4%) générée à la fois par la croissance de l’activité et par la réalisation de profits non courants. Viennent ensuite les sociétés de matériaux de construction et les holdings avec des hausses respectives de 35,5% et 46,3% de leurs bénéfices (+483 MDH et +421 MDH), traduisant l’amélioration de leur rentabilité, avec des marges nettes qui se bonifient dans le même ordre de 2,1 points à 21,5%, et de 1,7 point à 8%.

Et plus bas dans la liste figure le secteur de l’énergie, représentant la seule baisse des bénéfices au titre du semestre avec une perte de 38 MDH liée à la dégradation des marges de raffinage de la Samir.