Les banques devraient maintenir leur résilience face aux éventuels chocs économiques

Poursuite du ralentissement de la progression du crédit bancaire dans un scénario de faible croissance économique. Le taux des créances en souffrance devrait osciller entre 8% et 9%.

Bank Al-Maghrib conduit régulièrement des stress tests macro visant à évaluer l’impact de chocs des conditions macroéconomiques sur le secteur bancaire. Au titre de l’année 2015, le stress test réalisé s’est décliné en deux scénarios : un scénario de base bâti en tenant compte des prévisions macroéconomiques de Bank Al-Maghrib et un scénario extrême supposant la matérialisation, au niveau mondial, des risques émanant des pays émergents.

Le premier scénario tient compte d’une prévision de croissance du PIB limitée à 1,2% et d’un taux d’inflation de 1,6%. Dans ce contexte, la faible demande des entreprises continuerait de ralentir la progression du crédit bancaire qui devrait s’établir à 2,5% en glissement annuel. En 2017, la dissipation des effets négatifs de la mauvaise année agricole, conjuguée à l’amélioration de l’activité dans la zone euro, devraient soutenir la croissance du PIB qui atteindrait 4%. Pour sa part, l’inflation devrait baisser à 1% suite à la dissipation de l’effet de la hausse des prix des produits à prix volatils. Quant au crédit bancaire, son rythme d’accroissement devrait s’accélérer, soutenue notamment par l’assouplissement des conditions monétaires en termes réels.

En face, le deuxième scénario, extrême, suppose une matérialisation, au niveau mondial, des risques émanant des pays émergents. En effet, une poursuite du ralentissement de la croissance en Chine et dans les pays qui subissent actuellement des difficultés économiques devrait significativement impacter l’activité au niveau mondial. Ces évolutions induiraient incontestablement un ralentissement de la croissance dans la zone euro, qui devrait se traduire par une baisse de la demande étrangère adressée au Maroc. Ainsi, en 2016, la croissance devrait décélérer en s’établissant à 0% (dans un contexte de contraction de la valeur ajoutée agricole) et le taux d’inflation baisserait à 0%, tandis que le crédit enregistrerait une diminution de 0,5%, suite, notamment, à la détérioration de l’activité et à la poursuite du désendettement des grandes entreprises. En 2017, l’impact du choc devrait se poursuivre avec, toutefois, une légère amélioration de la croissance.

Ainsi, les résultats du stress test indiquent que le taux des créances en souffrance devrait, selon le scénario de base, se situer aux alentours de 8% en 2016 et 2017. Il devrait varier de 8,5% à 8,9% selon le scénario extrême. Dans ces conditions, les banques devraient maintenir leur résilience face à ces chocs, en conservant des ratios de fonds propres supérieurs à 12% à l’horizon 2017 selon les deux scénarios.