Les banques cotées continuent de séduire les analystes

BMCE Capital recommande d’accumuler Attijariwafa bank et la BCP et de conserver la BMCI et le CIH dans les portefeuillesL’Afrique est un relais de croissance important pour les deux premières banques. La BMCI compte renforcer son positionnement au moment où le CIH devrait poursuivre sa transformation en banque universelle.

Le contexte dans lequel évolue le secteur bancaire est toujours difficile, mais les six banques cotées à la Bourse de Casablanca ont pu tirer leur épingle du jeu en 2013. Elles ont dégagé un résultat net de 8,7 milliards de DH, en baisse de 2% seulement, et ce, en dépit du ralentissement du crédit et de l’aggravation du coût du risque. Selon les analystes, les deux prochains exercices devraient être meilleurs. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude de BMCE Capital. La société de bourse recommande d’accumuler Attijariwafa bank et la BCP et de conserver la BMCI et le CIH dans les portefeuilles. Seul le Crédit du Maroc est à alléger, selon ses analystes.
BMCE Capital valorise l’action Attijariwafa bank à 345 DH, ce qui offre un potentiel de croissance de 8,8% par rapport au cours de clôture du 18 avril. La banque devrait renforcer son développement à l’international dans un contexte marqué par le ralentissement de l’activité au Maroc. Elle a déjà entrepris les démarches afin d’accroître ses implantations en Afrique, notamment la signature des accords définitifs avec les autorités togolaises pour l’acquisition de 55% du capital de la Banque internationale pour l’Afrique au Togo et l’ouverture d’une succursale au Niger via sa filiale sénégalaise CBAO. De même, Attijariwafa a ciblé le Bénin en déposant une demande d’agrément. Le Tchad fait également partie des pays visés. Par ailleurs, la banque serait en ligne avec les nouvelles exigences réglementaires en termes de ratio de solvabilité et de fonds propres. Elle serait même en cours de finalisation du passage à l’approche avancée de Bâle II, ce qui lui permettrait de s’aligner avec les normes de Bâle III à compter de juin 2014. Dans ces conditions, le résultat net part du groupe devrait s’établir à 4,4 milliards de DH à fin 2014 et à 4,6 milliards de DH à fin 2015, en hausse respectivement de 6,4% et 6%.
La même stratégie de croissance externe est adoptée par le groupe BCP. Sauf qu’au lieu de créer de nouvelles banques, ce dernier compte privilégier l’acquisition d’entités existantes tout en mettant en œuvre un dispositif de renforcement de la gestion des risques. C’est pour cela d’ailleurs que le groupe avait augmenté l’encours de sa provision pour risques généraux de 1 milliard de DH pour la porter à 2,1 milliards en 2013. Ceci lui vaut un taux de couverture des créances en souffrance de 103%. Et à l’instar de son concurrent directe, le groupe est en phase avec les nouvelles exigences réglementaires. En tout cas, son cours en bourse devrait augmenter de 10,5% pour atteindre 210 DH. Selon les estimations des analystes, le groupe devrait dégager un bénéfice de 2,2 milliards de DH à fin 2014, en progression de 11% par rapport à 2013. En 2015, la croissance du résultat net part du groupe serait de 9,6%, à près de 2,4 milliards de DH.
Contrairement aux deux poids lourds du secteur, la BMCI a choisi de poursuivre son rythme de croissance organique en vue de renforcer son positionnement au Maroc, plutôt que de profiter du potentiel de croissance qu’offre l’Afrique. Toutefois, elle devrait mettre au service de ses clients l’expertise des filiales africaines de BNP Paribas. Les analystes présument qu’avant d’entreprendre ces démarches, la banque devrait rester attentive au risque, surtout que son niveau de contentieux est parmi les plus élevés du secteur, à environ 10%. Ces éléments, conjugués à des ratios réglementaires confortables et à l’avantage de recourir à sa maison mère pour se refinancer, ont poussé les analystes à attribuer au titre un cours cible de 802 DH, soit un léger mieux de 0,5% par rapport au cours actuel, avec un résultat net stable en 2014, à 642 MDH et en amélioration de 9,2% en 2015, à 701,8 MDH.
Pour sa part, le titre CIH est valorisé à 294 DH, soit 1,7% de plus que son cours actuel. Les analystes considèrent que le fléchissement des mises en chantier à moyen terme devrait impacter l’activité de financement de l’immobilier. De même, ils estiment que la difficulté à se muer rapidement en une banque universelle pourrait être préjudiciable pour la banque dans le contexte actuel, à moins d’un éventuel rapprochement avec une banque disposant d’une expertise avérée et d’un réseau étoffé. En outre, le ratio de transformation de la banque pointe à 130% (en social), ce qui devrait la pousser à accroître ses ressources, en recourant à l’émission de certificats de dépôts ou à une nouvelle opération de titrisation. A ce titre, la banque aurait annoncé sa volonté de procéder à une nouvelle opération de titrisation d’une partie des prêts immobiliers au 2e semestre 2014 pour un montant maximal de 1 milliard de DH.
Du côté des bénéfices, ils devraient baisser de 1,6% en 2014, à 506,8 MDH pour renouer avec la hausse en 2015 et s’établir à 523,3 MDH, soit une croissance de 3,3%.
Enfin, BMCE Capital valorise le titre CDM à 487 DH, soit une baisse potentielle de 9,5%. La société de bourse s’attend à un bénéfice de 299 MDH en 2014 et de 324 MDH en 2015, en augmentation respectivement de 7% et 8,3%. Cette valorisation intervient dans un contexte où la banque prévoit de suspendre sa croissance organique. Elle a en parallèle mis en place un nouveau plan stratégique «Cap 2018» visant à accroître l’efficacité commerciale et opérationnelle et à créer un système de gouvernance efficace. Par ailleurs, CDM poursuite le renforcement de ses fonds propres à travers la reconduction pour la 5e fois consécutive de l’opération de conversion optionnelle des dividendes en actions n
 I.B.