Les actions sur lesquelles il faut miser en 2008

Attijariwafa bank, BMCE Bank, Wafa Assurance, Atlanta, Addoha, Lafarge, Sonasid…,
au moins une douzaine de grandes valeurs à détenir.
Certaines petites capitalisations ont également du potentiel.
Les analystes recommandent toutefois la prudence.

Avec une croissance annuelle de 32% au 24 décembre, la Bourse de Casablanca a réalisé une bonne performance en 2007, compte tenu de la hausse phénoménale enregistrée en 2006 (+71%). Malgré la période de correction qu’a connue dernièrement la place, les valeurs de la cote continuent d’afficher, dans leur majorité, des taux de progression à deux chiffres, voire trois.
Selon les professionnels du marché, cette tendance haussière va se maintenir en 2008. Le regain d’intérêt des petits porteurs pour le marché des actions, l’absence d’autres opportunités de placement, le bon comportement de l’économie marocaine ainsi que la prévision de résultats annuels des sociétés cotées en croissance sont autant d’éléments qui confortent cette hypothèse.
Bien entendu, derrière cette tendance globale, les performances diffèrent et l’investisseur doit savoir identifier les actions qui ont le plus grand potentiel de hausse pour bien profiter de la tendance.
Les analystes financiers contactés par La Vie éco ont recommandé une sélection de valeurs à détenir pour l’année 2008. Banques, assurances, sociétés de promotion immobilière, établissements de crédit…, elles appartiennent à différents secteurs d’activité et sont dans leur majorité des grosses capitalisations. Cela dit, certaines small caps (petites capitalisations) présentent également un potentiel de croissance important, étant donné leur appartenance sectorielle, la qualité de leur management ou la pertinence de leurs business models (voir encadré). Il convient donc de les prendre en compte dans le choix des titres à acquérir.

Attijariwafa bank, BMCE Bank et la BCP dans le secteur bancaire
Le secteur bancaire est l’un des plus dynamiques et des plus performants de la cote casablancaise. Il est présent dans tous les portefeuilles d’actions des investisseurs institutionnels vu la solidité et la performance des valeurs qui le constituent. En 2008, les cours des banques cotées devraient fortement progresser. «Les trois valeurs bancaires les plus intéressantes à l’achat en 2008 sont Attijariwafa bank, BMCE Bank et la BCP», affirme un analyste financier du Crédit du Maroc Capital (CDMC).
La première, Attijariwafa bank, présente des perspectives de croissance intéressantes, à l’image des réalisations de 2006 et du premier semestre de 2007. La banque est en ligne avec les objectifs de son plan stratégique «Izdihar 2010», avec un produit net bancaire (PNB) consolidé de 4,3 milliards de DH au 30 juin 2007, en hausse de 9,7% par rapport à la même période de 2006, et un résultat net part du groupe de 1,4 milliard de DH, en progression de 16,2%. Avec ces réalisations, et compte tenu des prévisions de croissance des résultats pour les années à venir, les analystes financiers recommandent la valeur à l’achat. C’est le cas notamment de BMCE Capital Bourse qui fixe un cours cible pour le titre de 3 500 DH. Avec un cours boursier de 3 005 DH au 24 décembre, Attijariwafa bank offre donc un potentiel de hausse d’au moins 16,5%.
BMCE Bank, deuxième banque privée du Royaume, affiche également des indicateurs en constante progression et des prévisions de croissance prometteuses. L’établissement a dégagé au 30 juin 2007 des résultats en forte appréciation grâce notamment à la cession de 5% de son capital à la Caisse d’épargne espagnole, avec un PNB en hausse de 50%, à 2,6 milliards de DH. Ceci devrait permettre à la banque de dépasser le milliard de DH de résultat net part du groupe à fin 2007. Pour 2008, BMCE Bank compte améliorer sa structure de revenus en misant davantage sur les activités retail (banque de détail) et corporate (financement de projets). Ceci, conjugué à l’optimisation des fonds propres de l’établissement et à la stabilisation de ses charges, devrait permettre d’accroître sensiblement sa capacité bénéficiaire. A un cours boursier de 2 800 DH, la valeur offre un potentiel de croissance important.
Quant à la BCP, son cours boursier est nettement inférieur à sa valeur cible. Evaluées à 3 110 DH par BMCE Capital Bourse, les actions de la banque affichent une décote de 44,6% par rapport à son cours actuel (2 150 DH au 24 décembre). La valeur est donc intéressante à l’achat en 2008, d’autant plus que le management de la banque compte renforcer son positionnement sur le segment des grandes entreprises pour saisir les opportunités de participer aux grands chantiers du pays, ce qui devrait améliorer davantage sa rentabilité.

Wafa Assurance et Atlanta dans le secteur des assurances
Après une longue période d’hibernation, le secteur des assurances s’est redynamisé en Bourse en 2007. L’introduction de la compagnie Atlanta, l’acquisition par le groupe Banques Populaires de 43,5% du capital de la Marocaine Vie et la publication de résultats semestriels records pour Wafa Assurance ont permis à ce compartiment de réaliser une bonne progression et d’enregistrer des volumes transactionnels importants.
Pour 2008, les analystes recommandent de se positionner sur les titres Wafa Assurance et Atlanta. La première compagnie bénéficie en effet de son adossement au groupe Attijariwafa bank (un réseau de plus de 600 agences), ce qui profite pleinement à son activité assurance-vie. Sa branche automobile est également en forte expansion grâce à une politique de distribution multicanaux et à une force de frappe commerciale importante. Avec des réalisations semestrielles en forte appréciation (1,6 milliard de DH de primes émises, en hausse de 42%) et des résultats prévisionnels encourageants (un résultat net de 500 MDH à fin 2007, en hausse de 60% par rapport à 2006), les titres Wafa Assurance sont valorisés à 2 960 DH, ce qui présente un potentiel de croissance de 25% par rapport à son cours du 24 décembre (2 360 DH).
S’agissant d’Atlanta, les professionnels du marché estiment que la valeur a encore du potentiel. Introduite le 16 octobre au prix de 1 200 DH, elle s’est inscrite en hausse pour dépasser la barre des 2 000 DH après quelques séances de cotation. Actuellement, l’action cote à 1 700 DH, subissant l’impact de la correction du marché. A ce niveau de cours, Atlanta est appelée à connaître une croissance non négligeable en 2008. La compagnie devrait publier en mars prochain un résultat net de près de 420 MDH au titre de l’exercice 2007, soit +18% par rapport à 2006.

Eqdom et Salafin dans le secteur du crédit à la consommation
En dépit d’une rude concurrence et les contraintes croissantes du cadre fiscal, les principales sociétés de crédit à la consommation cotées en Bourse ont un avenir prometteur. Eqdom et Salafin particulièrement affichent des perspectives de croissance intéressantes, d’où la recommandation des analystes de les acheter aux niveaux actuels des cours.
Eqdom, filiale du groupe Société Générale, a dégagé des résultats en appréciation au 30 juin 2007, avec un encours net de crédits de 6 milliards de DH, en hausse de 10%, et un bénéfice net de 101 MDH, en augmentation de 17%. Ces performances sont le fruit d’une stratégie axée sur la diversification du portefeuille de clientèle, le renforcement du réseau de distribution et l’investissement de nouveaux créneaux. Cette même stratégie devrait permettre à Eqdom de clôturer l’année 2007 avec un PNB de 583 MDH, en progression de 5,4% par rapport à 2006, et un résultat net de 204 MDH, en appréciation de 14%. Compte tenu de ces éléments, les analystes financiers de BMCE Capital Bourse fixent une valeur cible de 2 100 DH pour Eqdom, ce qui suppose une croissance potentielle de 28% par rapport à son cours actuel (1 640 DH au 24 décembre).
En ce qui concerne Salafin, les professionnels de la place sont confiants quant à son évolution en Bourse. «Salafin dispose de tous les atouts pour prendre de la valeur», déclare l’analyste de CDMC. En effet, la société de financement est adossée au groupe BMCE Bank, ce qui lui permet de profiter de son large réseau de distribution (350 agences). Elle a une part de marché de 7,8% en termes d’encours de crédits, occupant ainsi la troisième place du secteur, et est présente dans tous les segments de produits (LOA, crédit auto, crédit personnel, revolving…). Son PNB devrait s’établir à 205 MDH à fin 2007, en hausse de 18% par rapport à 2006, et son résultat net devrait atteindre 82 MDH, en progression de 30%. A un cours de 806 DH le 24 décembre, la valeur présente un grand potentiel de croissance en 2008.

Addoha et CGI dans le secteur de l’immobilier
Malgré l’évolution spectaculaire des cours de Addoha et de la CGI depuis leur introduction en Bourse, le secteur de l’immobilier a encore du potentiel. Les analystes recommandent en effet ces deux valeurs phare à l’achat étant donné les perspectives de développement qu’elles présentent.
Pour Addoha, la succession des opérations stratégiques a complètement modifié son business-plan initial. Les partenariats conclus avec différents opérateurs étrangers, les multiples acquisitions de terrains ainsi que la récente prise de participation dans le capital de Fadesa Maroc ont pérennisé l’activité de la société pour plusieurs années. Son chiffre d’affaires à fin 2007 devrait s’établir à 2,7 milliards de DH, en hausse de 64% par rapport à 2006, et un résultat net de 840 MDH, en progression de 56%. Les analystes de CFG Group recommandent d’acheter la valeur jusqu’à 4 200 DH. Au cours de 3 330 DH le 24 décembre, Addoha présente une décote de 26%.
Quant à la CGI, l’annonce des résultats de 2007 va sans doute donner un nouveau souffle à son cours qui s’est stabilisé depuis septembre dernier autour de 2 400 DH. La société, forte de son adossement à la CDG, devrait en effet publier un chiffre d’affaires de 1,2 milliard de DH, soit près du double de celui de 2006, et un résultat net de 232 MDH, en hausse de 160% par rapport à 2006. Elle ambitionne de mobiliser des investissements directs de l’ordre de 11,3 milliards de DH pour la construction d’appartements, villas, commerces et bureaux sur la période 2007-2011, ce qui lui permettrait d’accroître davantage sa capacité bénéficiaire.

Sonasid, Lafarge et Holcim dans le secteur des matériaux de construction
La montée en puissance des programmes d’habitat social et le lancement de grands projets touristiques profitent pleinement au secteur du ciment et matériaux de construction. Les opérateurs cotés en Bourse ont quasiment tous publié des résultats en nette hausse en 2006 et au premier semestre de 2007. Parmi ces acteurs, les analystes recommandent de se positionner sur les titres Sonasid, Lafarge Ciments et Holcim Maroc.
Sonasid, filiale de la SNI et du géant mondial ArcelorMittal, réalise des ventes d’acier en constante progression depuis plusieurs années. A fin juin 2007, ses écoulements ont totalisé plus de 521 000 tonnes, drainant un chiffre d’affaires de 3,3 milliards de DH, en hausse de 20,6% par rapport au premier semestre de 2006. Grâce aux synergies développées avec le sidérurgiste mondial en termes d’approvisionnement en ferraille et d’achats stratégiques et dans un contexte de croissance du marché national du BTP, la société devrait réaliser un chiffre d’affaires de 6,7 milliards de DH à fin 2007, en hausse de 18% par rapport à 2006, et un résultat net de 825 MDH, en appréciation de 16%. Les analystes de BMCE Capital Bourse recommandent ainsi d’acheter la valeur Sonasid avec un objectif de cours de 3 700 DH, ce qui présente un potentiel de progression de 27% par rapport à son cours actuel (2 900 DH au 24 décembre).
En ce qui concerne les cimenteries, la progression des ventes nationales de ciment (+15,2%, à 9,8 millions de tonnes au 30 septembre 2007) a particulièrement profité à Lafarge et Holcim. Le premier a réalisé un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de DH à fin juin 2007 et devrait le porter à 4,4 milliards de DH à la fin de l’année. Le bénéfice net part du groupe devrait atteindre 1,1 milliard de DH, soit +17,7% par rapport à 2006. Etant donné les investissements d’extension de capacité de production en cours à Tanger et Tétouan, les activités du groupe sont appelées à connaître un développement important dans les années à venir. Au cours de 1 780 DH, le titre Lafarge est à acheter et conserver en fonds de portefeuille.
De même, Holcim Maroc affiche une bonne santé, tirant profit de sa récente implantation à Settat. Malgré le renchérissement des cours du coke de pétrole et du fret, la société arrive à dégager de bons résultats. Son volume d’affaires s’est établi à 1,16 milliard de DH au 30 juin 2007, en hausse de 22% par rapport à la même période de 2006. Ses bénéfices pour l’année 2007 devraient atteindre 465 MDH pour un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de DH. La valeur est estimée à 2 630 DH contre un cours boursier de 2 520 DH le 24 décembre.
Mais, même si toutes ses valeurs présentent des fondamentaux solides et des perspectives de croissance intéressantes, et même si elles sont recommandées à l’achat par les analystes, on recommandera la précaution. Le marché boursier est devenu difficilement prévisible et les cours peuvent évoluer indépendamment des fondamentaux économiques. L’observation et l’analyse du comportement boursier des valeurs de la cote, le choix du timing ainsi que du prix d’achat et de vente sont nécessaires si l’on veut réaliser des opérations intéressantes.