Les actions à  acheter avant de partir en vacances

Les avis divergent, mais sept valeurs sont citées par un analyste sur deux.
Une première : les valeurs ONA et SNI ne sont pas systématiquement incluses dans les recommandations.
La BCP a fait son entrée au «hit-parade» dès sa première cotation en Bourse.

A l’approche de l’été, les regards ne sont plus rivés que sur les plages et autres lieux de loisir. Mais le marché continue de fonctionner et les investisseurs avertis maintiennent leurs radars en marche et font des affaires alors que vous êtes en vacances. Traditionnellement, les plus faibles volumes sont réalisés pendant le mois d’août, sauf événement exceptionnel. Cette année, c’est l’introduction en Bourse de la Banque centrale populaire qui alimentera certainement les séances de la Bourse. Toutefois, il faut savoir que la période de l’été est propice au placement, car les faibles fluctuations laissent une marge de temps suffisante pour observer le comportement du ou des titres sur lesquels on a misé. Nous vous proposons donc cette semaine une sélection de valeurs pour l’été. Une brochette d’actions cotées à acheter avant de partir en vacances. Pour cela, nous avons contacté l’essentiel des sociétés de Bourse de la place, et recensé les actions qui ont leur faveur. Les critères sont ceux auxquels on a généralement recours : des valeurs de croissance, qui affichent de bonnes performances et des niveaux de valorisation attrayants, offrent des rendements de dividendes élevés. Sans oublier, non moins important, des actions qui jouissent d’une bonne liquidité.
Le nombre de valeurs recommandées à l’achat varie d’une société de Bourse à l’autre. Il va de… zéro (c’est une première !) à treize. Mais quelques remarques préliminaires sont à faire.
– Plusieurs sociétés de Bourse ont complètement délaissé l’activité analyse et recherche, par manque d’intérêt pour les unes, par insuffisance de ressources humaines pour les autres. De plus, elles étaient accaparées par l’introduction en Bourse de la BCP, qui a mobilisé toutes les équipes ces dernières semaines, les empêchant d’actualiser leurs valorisations et de rafraîchir leurs recommandations.
– Le marché actions, ayant gagné plus de 50 % en deux ans, ne permet pas de dégager des opportunités évidentes d’investissement, quoique, malgré cette forte reprise, il n’a fait que récupérer les pertes des dernières années.
– Les analystes qui ne donnent pas de recommandations admettent que des arbitrages sur le marché peuvent toujours être effectués sur la base de l’évaluation comparable ou sur la base de l’anticipation d’opérations stratégiques.
– Nombre d’analystes estiment qu’une correction de l’ordre de 4 à 5 % serait salutaire pour le marché, pour permettre une reprise encore plus réfléchie et solide.
– L’ONA et la SNI, traditionnellement présents dans tous les portefeuilles, ne sont plus recommandés que par une société de Bourse sur trois.
Pas de sélection de valeurs donc qui fasse l’unanimité parmi la population des analystes financiers, mais plutôt quelques valeurs phares qui reviennent assez souvent dans leurs recommandations. Les sept valeurs que nous vous proposons ont été citées par au moins un analyste sur deux.
Sonasid
Sonasid profite bien de la bonne santé du secteur BTP. Les analystes lui reconnaissent une bonne maîtrise de son métier et une grande réactivité. De plus, on estime qu’elle est bien armée pour affronter la concurrence qui commence déjà à s’installer dans les environs de Casablanca. Sonasid est également engagée dans un ambitieux programme d’investissements, et notamment la construction de la nouvelle aciérie électrique de Jorf Lasfar qui devrait en effet s’achever en juillet 2005. Le management de la société préfère retenir le maximum de cash-flows, mais cela ne l’empêche pas de distribuer un dividende de 65 DH, ce qui procure à la valeur l’un des plus importants rendements de dividendes de la place. Sonasid risque toutefois de souffrir sur le plan de l’approvisionnement en matières premières en raison de la hausse des prix de la billette et du fret maritime.

Cosumar
Les bonnes réalisations de Cosumar en 2003 continuent de la placer en tête des recommandations des analystes. La progression du résultat d’exploitation de 21,5 %, donnant lieu à une amélioration de 7,6 % du résultat net, en dit long sur les efforts consentis par le management de la société et sur sa capacité à pérenniser ces performances. C’est d’autant plus visible que Cosumar a mis en service, courant 2003, le projet de séchage et tamisage des granulés, lancé fin 2001, tout en certifiant ses sucreries dont la capacité de traitement sera augmentée. Cosumar a en effet lancé un programme qui ambitionne de répondre à l’extension du périmètre irrigué, d’assurer une meilleure compétitivité des usines sur le long terme et de favoriser le développement de la région des Doukkala. La société poursuit également les investissements de modernisation et de mise à niveau des installations de raffinage qui devront contribuer à la consolidation des résultats de cette activité, qui reste toutefois conditionnée par l’évolution du contexte réglementaire.

Holcim Maroc
A chaque chose malheur est bon, pourrait-on dire. Le tremblement de terre d’Al Hoceima a fait des dégâts considérables et a rendu nécessaire une reconstruction de la ville et de ses environs. Le positionnement de Holcim Maroc dans l’Oriental est perçu par les analystes comme un grand atout qui permettra à la cimenterie de répondre à la demande du marché et de doper ses chiffres 2004. Déjà, et en dehors de cet événement dramatique, la société fait partie d’un secteur qui se porte très bien et qui lui permet de dégager de bons résultats. En 2003, elle avait amélioré ses ventes, toutes activités confondues, de 8 % en volume et de 11,3 % en valeur. Son résultat d’exploitation a progressé, lui, de 51 % d’un coup alors que le résultat net consolidé s’est envolé de 71 % par rapport à 2002.
Holcim Maroc est aussi une valeur connue pour sa générosité en termes de distribution de dividendes. En 2003, elle a offert 92 dirhams en dividende ordinaire et 52 autres exceptionnellement. Les projets d’investissements ne manquent pas non plus. On s’attend à la réalisation d’un centre d’ensachage et de distribution début 2005 et au lancement d’une nouvelle cimenterie en 2007, à Casablanca. Un investissement de plus d’un milliard de dirhams. C’est le prix à payer pour ne pas rester confiné dans la zone Est du pays et devoir supporter des charges logistiques importantes pour être présent sur le marché porteur que représente le centre du pays.

BCP
Sitôt introduite en bourse, sitôt confortablement installée au top du «hit-parade». La BCP, dont la première cotation a eu lieu ce mardi 6 juillet, est recommandée par toutes les sociétés de bourse participantes à ce sondage. Ses atouts, tels que plébiscités par les analystes, sont nombreux. Introduction très attendue par les épargnants, succès de l’OPV qui en dit long sur leurs intentions, croissance régulière des résultats et rentabilité de 12 % des fonds propres… De plus, elle est le fleuron du premier groupe bancaire marocain, avec un réseau d’agences étendu (465), une grande capacité de collecte de dépôts (30 % de parts de marchés gloabalement et 59 % sur le segment des MRE) et de distribution de crédits (22 % de parts de marché).
La BCP bénéficiera également de la forte demande des institutionnels, frustrés lors de l’OPV qui ne leur a réservé que 4 % des actions offertes. Ils avaient demandé plus de 5,53 millions de titres et n’en ont finalement reçu que… 235 522. Ils reviendront sur le marché pour assouvir leur appétit et ils remplissent d’ores et déjà les carnets de commandes des différents intermédiaires de la place. Enfin, la valeur devient encore plus intéressante après le règlement, ce mardi même, du litige qui l’opposait au fisc

Cimar
Habitué des projecteurs, Ciments du Maroc mérite bien sa place dans le palmarès. Elle fait partie d’un secteur qui progresse deux fois plus rapidement que l’économie nationale et, plus intéressant encore, évolue dans une région (le Sud) dont le taux de croissance (+10,5%) est plus important que la moyenne du secteur. De plus, ses résultats ne démentent jamais les supputations des analystes, si ce n’est agréablement.
Son chiffre d’affaires 2003 a progressé de 13 % et, malgré une dotation pour investissement industriel de 85 millions de dirhams, son résultat net affichait orgueilleusement un bond de 25 % par rapport à 2002.

BMCI
De toutes les valeurs bancaires, c’est la BMCI qui revient le plus souvent dans les recommandations des analystes contactés. La filiale marocaine de BNP Paribas a confirmé en 2003 la régularité de ses performances avec des croissances en pente raisonnable mais ininterrompue, chose appréciée par le marché puisqu’elle donne à l’investisseur une visibilité suffisante. Tout en améliorant ses comptes, BMCI tire significativement à la baisse le coût de ses ressources et le coefficient d’exploitation. A 50,8 %, il figure d’ailleurs parmi les plus faibles du marché.Enfin, BMCI a augmenté ses crédits sur la clientèle de 12,4 % et ses dépôts de 3,4 % en 2003.
Le secteur bancaire est en pleine mutation et exige des efforts constants de modernisation. Dans un tel contexte, la BMCI offre des perspectives de développement intéressantes, et s’efforce de rechercher des niches de croissance. Malgré son niveau de valorisation élevé, les analystes y voient plutôt la forte confiance dont jouit la banque qui dispose, en outre, d’une trésorerie excédentaire qui justifie la distribution d’un dividende exceptionnel.

Eqdom
Seule société de crédit à la consommation à obtenir les faveurs des analystes, Eqdom jouit d’une image de plus en plus moderne, après l’entrée dans son capital du groupe français Société Générale. Elle arrive à tirer son épingle du jeu, même dans un contexte caractérisé par la baisse du TEG (taux effectif global), et un cadre réglementaire de plus en plus contraignant. De l’autre côté, elle bénéficie d’une baisse du coût de refinancement, de l’élargissement du réseau de distribution et de la rationalisation des process de contrôle des crédits.
En 2003, elle a amélioré de 6 % son encours de crédit à 5,32 milliards de dirhams, s’accaparant ainsi près de 28 % de parts de marché. La location avec option d’achat pour particuliers (LOA) était à l’origine de ce saut qualitatif. Son produit net bancaire (PNB), à 472,22 millions de dirhams, a progressé de 13 % par rapport à 2002.
Eqdom est aussi appréciée pour l’effort qu’elle a déployé pour l’assainissement de ses comptes. Cherchant à appliquer strictement les nouvelles dispositions de Bank Al Maghrib, les comptables d’Eqdom ont passé 154,5 millions de dirhams de dotations aux provisions nettes (15 % de plus qu’en 2002) portant ainsi le taux de couverture à près de 91 %, l’un des meilleurs du secteur

Nombre d’analystes estiment qu’une correction de l’ordre de 4 à 5 % serait salutaire pour le marché, afin de permettre une reprise encore plus réfléchie et solide.

Le nombre de valeurs recommandées à l’achat varie de… zéro à treize, d’une société de Bourse à l’autre. Mais quelques valeurs phares reviennent assez souvent.