L’encours des comptes sur carnet a triplé en 10 ans

Depuis l’éclatement de la crise, il a progressé de 86% contre seulement 32% pour les dépôts à  vue et 14% pour les DAT. Il représente actuellement une part de 23% du total des dépôts des Marocains.

Le compte sur carnet connaît un franc succès auprès des Marocains. Et pour cause, il représente non seulement un placement sécurisé mais offre également une rémunération intéressante. La preuve en est que sur les dix dernières années, l’encours détenu par les particuliers et les MRE a triplé pour atteindre 118 milliards de DH. Cette progression est d’autant plus importante si on la compare avec la hausse de l’encours des dépôts à vue qui se situe à 170%, à 283 milliards de DH. Pour leur part, les DAT ont totalisé un encours de 94 milliards de DH, soit une augmentation de seulement 41%.

L’engouement pour les comptes sur carnet est plus palpable depuis l’éclatement de la crise en 2008 qui a entraîné un tassement des rendements de la majorité des produits d’épargne et une frilosité vis-à-vis des actifs risqués. Cette situation a poussé les investisseurs à se rabattre sur les produits bancaires à risque nul et à rentabilité certaine, en l’occurrence les comptes sur carnet ou encore les dépôts à terme pour des sommes plus conséquentes. Sur la seule période 2008 à 2013, les comptes sur carnet ont enregistré un accroissement de 86% contre à peine 14% pour les DAT et 32% pour les dépôts à vue. A titre comparatif, de 2003 à 2008, l’encours s’est amélioré de 64% contre 24% pour les comptes bloqués et 32% pour les dépôts à vue.

Ce qui démontre davantage l’intérêt porté pour ce moyen d’épargne, c’est sa part croissante dans la structure des dépôts globaux. Ainsi, sur l’ensemble des dépôts des particuliers et MRE, la part des comptes sur carnet s’est établie à 24% à fin octobre de cette année alors qu’elle était de 18% en 2008, soit un gain de 6 points sur cinq années. Le poids des comptes à vue a baissé de 2 points sur la même période pour se situer à 57%. De leur côté, les DAT ne drainent plus que 19% des dépôts des Marocains au moment où ils accaparaient 23%. Le reste est représenté par les dépôts en devises.

Il faut dire que la sécurité du placement n’est pas le seul facteur pris en compte par les épargnants marocains. Le rendement l’est également et celui des comptes sur carnet n’est pas négligeable puisque, depuis 2002, il emprunte une tendance haussière. Il a atteint sur le 2e semestre de cette année 3,74%, soit le plus haut niveau depuis le 2e semestre 2001 où il s’est situé à 4,72%. Et l’on s’attend à une rémunération encore plus attractive au 1er semestre de l’année prochaine.

La même évolution de l’encours des comptes sur carnet est observée auprès des entrepreneurs individuels (artisans, commerçants, personnes exerçant une profession libérale…). L’encours de cette clientèle a même progressé d’une manière exponentielle depuis 2003, de 635% pour totaliser 1,80 milliard de DH alors que les dépôts à vue, eux, ne se sont améliorés que de 43%, à 23,50 milliards de DH et les dépôts à terme de 55%, à 2,7 milliards de DH.

Contrairement à la catégorie d’épargnants, les entrepreneurs individuels ne se sont pas repliés sur le compte sur carnet suite au déclenchement de la crise, comme l’atteste le niveau de progression de l’encours depuis 2008. En effet, il n’était que de 40% entre 2008 et 2013 contre un rebond de plus de 400% sur la période couvrant de 2003 à 2008.