Leader sur l’ensemble de la chaîne de valeurs des GPL

Un nouveau «champion national». Voilà comment les analystes qualifient Afriquia Gaz. Il faut dire que son rapprochement avec Tissir Primagaz lui confère une position de leader national sur l’ensemble des segments du marché du GPL.
L’ensemble qui naîtra de la fusion des deux entités à l’horizon 2007 est présent sur toute la chaîne de valeurs dans son domaine d’activité : de l’importation à la distribution, en passant par l’approvisionnement local, le stockage, l’emplissage ou encore la fabrication de bouteilles et de leurs accessoires (voir schéma).
Sur la base des chiffres 2004, cet ensemble est :
– Leader sur le marché du butane avec une part de marché de 42,6 %, correspondant à un volume de 548 000 tonnes, distribué à hauteur de 3,7 % en vrac et 96,3 % en conditionné.
– Leader sur le marché du propane avec 39 % de parts de marché, soit un volume légèrement supérieur à 59 000 tonnes, distribué en vrac à hauteur de 89 % et 11 % en conditionné.
– Challenger sur le marché de l’emplissage avec 20,7 % de parts de marché (PDM) et 256 189 tonnes produites. Mais ce chiffre n’intègre pas les centres emplisseurs détenus en partie par Akwa Group qui, s’ils sont pris en considération, propulsent la PDM à 39,5 % et l’ensemble à la position de leader incontesté de la place avec un volume global de près de 410 000 tonnes.
Mais le meilleur reste à venir. Le «champion national» devra d’abord bénéficier de l’effet taille, qui ne manquera pas de dissuader tout nouvel entrant sur le secteur – événement d’autant peu probable que le ticket d’entrée est assez élevé.
Il bénéficiera également d’un autre effet lié à la croissance du marché. Les ventes de butane et de propane ont en effet progressé respectivement de 7 et 8 % en TCAM, entre 1990 et 2004. Et la demande ne risque pas de baisser en raison à la fois d’une hausse de l’activité industrielle (profitable au propane), de la progression démographique et de la poursuite de la politique nationale d’urbanisation (favorable au butane).
Le nouvel ensemble profitera ensuite des synergies créatrices de valeurs dès 2006 et ce, pour un montant annuel allant de 31 MDH au bas mot (hypothèses conservatrices du management de Afriquia Gaz) à 70 MDH (estimation de McKinsey et Valyans).
Des synergies «de coûts» d’abord, grâce à l’exploitation des économies d’échelle au niveau des fournisseurs/approvisionnement ; de la meilleure utilisation des capacités de stockage ; de l’optimisation des moyens logistiques et des fonctions support ainsi que de l’adoption, pour chaque domaine d’action, des «best practices».
Des synergies «de revenus» ensuite, nées du renforcement des parts de marché sur certaines régions et particulièrement dans le conditionné ainsi que du renforcement sur le segment du vrac.
Et si l’on ajoute à cela les fondamentaux solides de la nouvelle Afriquia Gaz, sa couverture globale du territoire et sa maîtrise de l’ensemble de la chaîne de marché du GPL, l’on peut conclure que le nouvel ensemble est en excellente posture pour profiter d’une éventuelle libéralisation du secteur. Une libéralisation pressentie à moyen terme et qui entraînera une déréglementation des prix de l’ensemble des GPL et donc une fluctuation des marges pour les distributeurs. Actuellement, l’échelle des prix des GPL est fixée par la réglementation et ce, à chaque niveau de la chaîne de valeur (prix de reprise, marge d’emplissage, marge de distribution, prix public). Seuls les prix du propane sont libéralisés et Afriquia Gaz, qui jouit d’une position de leader sur ce marché, saura transformer son expérience réussie en avantage certain lors du passage d’un marché réglementé à un marché libéralisé. Le processus peut en effet être accéléré en raison de la tendance haussière des cours internationaux de GPL depuis maintenant trois ans, ce qui alourdit le déficit de la caisse de compensation