Le tiers des créances en souffrance des banques est détenu sur des particuliers

Les créances en souffrance des particuliers s’élèvent à  12 milliards de DH à  fin septembre. Celles des entreprises ont atteint 14,2 milliards, en hausse de 21,6% depuis le début de l’année.

Après avoir stagné en 2009 et marqué un recul de 4% en 2010, les créances en souffrance des banques sont reparties à la hausse cette année. Elles ont totalisé 33,3 milliards de DH à fin septembre, soit une progression de 12,8% par rapport à fin 2010. Ces créances représentent désormais 4,98% de l’encours global des crédits bancaires, contre 4,75% en début d’année.

Cette augmentation des créances en souffrance est imputable principalement aux entreprises non entreprises. En effet, cette clientèle a vu son encours de créances en souffrance augmenter de 21,6% depuis le début de l’année, passant de 11,6 à 14,2 milliards de DH. Cette tendance s’explique, selon certains banquiers, par les problèmes de trésoreries auxquels sont confrontées les entreprises de certains secteurs d’activité, du fait notamment du rallongement des délais de paiement et du report de certaines commandes.
Rapportées à l’encours des crédits octroyés aux entreprises, qui s’élève à 320 milliards de DH et dont près de 45% sont constitués de crédits de trésorerie, les créances en souffrance de cette catégorie de clients pèsent 4,46%, soit un niveau inférieur à la moyenne du secteur, mais qui est tout de même en aggravation de 52 points de base par rapport à fin 2010.

Les entrepreneurs individuels (artisans, commerçants, professions libérales…) ont également contribué à l’augmentation des créances en souffrance du secteur bancaire. Leur encours de crédits «non sain» se monte en effet à 5,8 milliards de DH, en progression de 7,3% depuis le début de l’année. Il pèse désormais 13% de l’encours des crédits distribués à cette clientèle, qui totalisent 45,2 milliards de DH, soit le niveau le plus élevé de la place. Notons que 60% des crédits aux entrepreneurs individuels sont constitués de prêts aux petits promoteurs immobiliers.
Viennent enfin les particuliers (y compris les MRE), dont l’endettement bancaire (hors crédits contractés des sociétés de financement) s’élève à 182 milliards de DH. Pour cette clientèle, les créances en souffrance n’ont évolué que de 0,9% depuis le début de l’année, à 12,1 milliards DH. Sachant que l’encours des crédits aux particuliers a progressé de 6,8% depuis le début de l’année. Ainsi, le taux des créances en souffrance des personnes physiques s’améliore de 40 points de base, passant de 7,1% à 6,7%.

Notons que chez les sociétés de financement, l’aggravation des créances en souffrance est beaucoup plus marquée, surtout chez les établissements de crédit à la consommation. A fin 2010 (derniers chiffres disponibles), ces sociétés totalisaient 6 milliards de DH de créances en souffrance, en augmentation de 15,4% par rapport à 2009. Ces créances représentent désormais 14% de l’encours total des crédits, contre 12,6% une année plus tôt. Ce niveau s’élève à 17,4% pour les prêts affectés (auto, équipement…) et à 12% pour les prêts personnels.