Le taux de rendement des dividendes demeure intéressant à  la Bourse de Casablanca

La politique de distribution des sociétés cotées reste généreuse. Les analystes tablent sur un dividend yield de 4,5% en 2012 pour le marché, en hausse de 8 points de base par rapport à  l’exercice 2011.

La place financière de Casablanca se porte toujours mal, comme l’attestent les indicateurs du marché. En effet, en date du 11 mars, le Masi, indice général du marché, a perdu près de 6,5% depuis le début de l’année. A la même période de l’année dernière, il s’était inscrit sur une tendance haussière et avait même enregistré une performance de 2,2%. Les volumes, quant à eux, demeurent toujours faibles. Depuis le début de l’année, les transactions réalisées sur le marché central ont totalisé 4,4 milliards de DH, en baisse de 4% par rapport à l’année dernière. Cela va sans dire que la conjoncture morose continue d’exercer son impact sur la confiance des investisseurs, tant locaux qu’étrangers, en berne depuis 2008. Le manque de dynamisme est entretenu par l’absence de grosses opérations à même de rendre la place plus attractive.

En tout cas, cette période qui marque la publication des résultats annuels des sociétés cotées s’avère être décisive pour les boursicoteurs, dans le sens où leurs décisions de placement dépendent en grande partie des réalisations financières de ces sociétés. On constate cependant que les premiers résultats publiés des sociétés cotées, bien qu’en hausse par rapport à l’année dernière pour certaines d’entre elles, n’ont pas pu changer la donne et faire revenir les épargnants sur le marché parce qu’ils sont inférieurs aux prévisions.

Malgré tout, le rendement de dividendes (rapport entre les dividendes distribués totaux et la capitalisation boursière) continue d’être intéressant. Une politique généreuse de distribution, combinée à une baisse des cours, entraîne en effet un taux de rendement élevé.

Les analystes des sociétés de bourse tablent pour 2012 sur un taux de rendement des dividendes de toute la place de l’ordre de 4,5%, en hausse de 8 points de base par rapport à son niveau de l’année précédente. D’un autre côté, ils prévoient une baisse de la masse des dividendes qui seraient distribués au titre de l’exercice 2012, sauf que cette diminution serait moins accentuée que celle des cours des valeurs cotées, d’où le niveau toujours élevé du rendement.

Le taux de rendement des titres Attijariwafa, BCP, CIH et Maroc Telecom s’est amélioré

Ce constat est clair si on prend comme exemple le cas de certaines des sociétés qui ont publié leurs résultats de l’exercice 2012. Ainsi, Attijariwafa bank qui devrait distribuer pour l’exercice 2012 un dividende de 9 DH (avec possibilité de conversion de 50% de la rémunération en actions) offre un taux de rendement de 3% sur la base d’un cours de 300 DH au 11 mars. Notons que le rendement était de 2% en 2012 sur la base d’un dividende distribué de 8,50 DH et d’un cours de 413 DH observé à la même date. En fait, le maintien du niveau de rémunération à un niveau appréciable et la baisse du cours de près de 18% ont contribué à relever le niveau du dividend yield. Le même constat peut être fait pour le CIH et la BCP dont la baisse respective du cours de 21% et 12,7% et la hausse du dividende à distribuer de 27,7% et 8% ont fait passer le dividend yield de 4% à 6,5% pour la première et de 2,2% à 2,5% pour la seconde.
Maroc Telecom n’est pas en reste. L’opérateur des télécommunications qui a subi la montée en puissance de la concurrence et les effets de la baisse des tarifs des terminaisons d’appel compte proposer une rémunération à ses actionnaires de l’ordre de 7,40 DH par action, niveau inférieur de 20% à celui offert une année auparavant. Du coup, le taux de rendement s’établit à 6,9%, en se basant sur un cours de 106,50 DH. Toutefois, ce taux demeure supérieur de 3 points de base à celui de l’exercice 2011 qui était de 6,6%. En cause, un repli du cours du groupe de 23,8% sur une année glissante.

Par ailleurs, même en maintenant stable le montant des dividendes à offrir au même niveau que celui de l’année précédente, le taux de rendement devient intéressant lorsqu’il est conjugué à une baisse des cours. C’est le cas notamment de la Compagnie générale immobilière (CGI) et de Wafa Assurance. En effet, le dividend yield du promoteur immobilier se situe en cette année à 3,2% (dividende de 19 DH et un cours de 590 DH), en progression de 1,3 point, comparaison faite avec l’année dernière. Cette amélioration est le fait de la contre-performance enregistrée sur le cours en Bourse, qui a atteint 40%. Quant à Wafa Assurance, elle a maintenu le dividende à 80 DH. Cependant, le taux de rendement s’est amélioré de 7 points de base à 2,7% en 2013, sur la base d’un cours de 2 880 DH à la fin de la séance du 11 mars, et ce, en raison principalement de la contraction du cours de l’assureur de 26%.
Somme toute, quand bien même la bourse poursuit sa tendance baissière et n’est pas prête de sortir de sa léthargie, elle demeure attractive au regard du dividend yield. Autrement dit, les dividendes proposés par les sociétés cotées sont toujours intéressants et offrent un rendement non négligeable.