Le prix des bijoux en or a augmenté de 30% en huit mois !

Le prix à  la revente atteint actuellement 220 DH le gramme, après un pic à  250, il y a un mois, alors qu’il n’était que de 170 DH fin 2009.
A l’achat, privilégiez les pièces simples pour maximiser votre profit à  terme.
La rentabilité de vos placements en or se décide à  l’international.

Rien ne semble pourvoir arrêter l’évolution des prix de l’or, que ce soit au Maroc ou à l’international. En huit mois seulement, le prix à la revente d’un bijou en or s’est apprécié de près de 30%. Et encore, il a connu une petite décrue au cours de ce mois de juillet. En effet, le prix qui était proposé durant le mois de juin par les bijoutiers pour le rachat d’une ancienne pièce atteignait jusqu’à 250 DH le gramme, alors qu’il n’était que de 170 DH en novembre 2009, soit une hausse 80 DH par gramme. Plus récemment, en juillet, une baisse conjoncturelle de près de 30 DH le gramme a affecté le prix. Il s’établit actuellement aux alentours de 220 DH. Il reste que, même à ce niveau de prix, l’évolution est importante : 50 DH par gramme en huit mois, soit une hausse de 30%. Qu’est-ce qui explique cette progression très rapide, alors que les prix de l’or sont depuis plus de cinq ans inscrits dans une tendance certes haussière mais lente ?
Selon les professionnels du secteur, il s’agit nullement de l’état de l’offre et de la demande sur le marché national. «La situation locale de l’offre et de la demande peut affecter le prix de l’or, à hauteur de 10% au plus», explique Afdal Semlali, bijoutier à Casablanca. D’après lui, les commerçants veillent continuellement à adapter leurs prix aux cours mondiaux du métal jaune, lesquels se sont appréciés de près de 20% depuis le début de l’année (1 200 dollars l’once actuellement). L’objectif de cet ajustement continu des prix est de limiter les sorties informelles de l’or marocain vers d’autres pays, phénomène qui s’accentue quand les prix au Maroc sont inférieurs aux niveaux mondiaux. Cela dit, il n’existe aucune corrélation réelle entre le marché marocain et celui à l’international. Car le Maroc importe peu, très peu d’or. Selon les chiffres provisoires de l’Office des changes, les importations d’or ont même enregistré à fin mars 2010 une baisse de 97% par rapport à la même période de l’année dernière (0,6 MDH contre 25,5 MDH au premier trimestre 2009).

Le prix à l’achat des nouvelles pièces varie de 250 à 300 DH le gramme

L’arrivée d’or «frais» est donc très limitée. Les bijoutiers expliquent cette situation par la longueur du circuit de l’import et les coûts élevés qui lui sont liés. Ils sont ainsi majoritaires à n’utiliser que l’or recyclé, c’est-à-dire acheté auprès des particuliers et retravaillé, ce qui dope encore plus les transactions car les bijoutiers sont obligés d’augmenter les prix qu’ils proposent pour trouver de la matière première.
Les prix à la revente suivent naturellement les prix à l’achat des nouvelles pièces, avec, bien entendu, une différence qui varie selon plusieurs critères. En effet, le prix des nouveaux bijoux varie actuellement de 250 à 300 DH le gramme, selon le style et la nature de la pièce, ce qui établit le gap entre 30 et 80 DH par rapport au prix du gramme à la revente. D’où vient cette différence ?
Il faut savoir que la pièce que vous souhaitez vendre sera très probablement refondue par le bijoutier pour en faire une nouvelle à moins qu’elle ne soit de collection ou inscrite dans un courant de mode encore en vigueur. C’est ce qu’on appelle une vente destinée à la casse. Pour fixer le prix de la pièce, le bijoutier la pèse et retranche le poids des pierres qu’elle peut comporter. Mais ce n’est pas tout. Plus le bijou contient de soudures, plus il génère des impuretés après sa refonte. Une pièce qui pèse 100 grammes peut par exemple ne générer que 80 grammes seulement d’or. Il est donc à noter que si on s’inscrit dans une logique de placement, il est préférable d’opter pour des bijoux simples, qui comportent un minimum de pierres et de soudures.
Le bijoutier doit ensuite manier la matière brute dont il dispose après l’achat de plusieurs pièces, pour en produire des nouvelles. Ce travail a bien entendu un coût. Sur le marché du métal jaune, il varie généralement de 20 à 50 DH le gramme, mais peut atteindre jusqu’à 150 DH chez les grands fabricants. A ce coût s’ajoutent tous les frais nécessaires au fonctionnement, le poinçonnage de l’Administration des douanes qui coûte 5 DH par gramme et bien entendu la marge du fabricant.
Cela dit, il est possible que le prix à la revente dépasse les 220 DH le gramme. En fait, dans le cas où vous proposeriez une pièce rare, qui échappe aux effets de mode, cette dernière ne sera pas refondue, mais remise en l’état dans la vitrine du bijoutier. L’article ne nécessitera alors aucun frais supplémentaire avant d’être cédé une deuxième fois.
C’est la raison pour laquelle il reste fortement recommandé de prendre en compte toutes ces considérations, et de se renseigner auprès de plusieurs connaisseurs, avant de céder un bijou en or.
Par ailleurs, sachez qu’il n’existe aucune relation notable entre le prix du métal et sa couleur. Celle-ci varie, en fait, selon la nature de l’alliage qui le compose. Ainsi, l’ajout du cuivre donnera une couleur rouge à l’or. Si, par contre, on souhaite obtenir un or blanc, il faudra lui ajouter -le plus souvent- de l’argent. Acutellement, l’or blanc a plus de cote sur le marché, mais sa manipulation reste très coûteuse car, en plus de l’alliage, cet or est recouvert d’une couche microscopique de rhodium, métal rare.