Le manque de visibilité affole le marché boursier

Le marché efface la moitié de ses gains et
ce n’est pas fini.
Une forte
volatilité et des
volumes record.
Les analystes
satisfaits de la
correction…
pourvu qu’elle ne
dure pas trop
longtemps.

La correction redoutée (et attendue ?) a eu lieu.Et elle a été aussi prompte que sévère. En l’espace de quatre séances de Bourse, du mercredi 9 au lundi 14 mai, le Masi a cédé plus de 1 750 points, soit 16%, alors que le Madex, indice des valeurs les plus liquides, a baissé de 16,5%. Ils ont, à  ce titre, effacé la moitié de leurs gains engrangés jusqu’au 8mai, date à  laquelle ils arboraient fièrement des performances annuelles de l’ordre de 34%.

Pendant ce temps, quelque 72 milliards de dirhams se sont évaporés, la capitalisation boursière du marché étant passée de 549,67milliards de dirhams,mardi 8mai, à  477,5 milliards quatre séances de Bourse plus tard. Mais, le mardi 15 mai, la place a placonnu un autre scénario : alors que le marché avait ouvert sur une baisse de 2,25% et avaitmême atteint un creux de -3,81%, il a terminé la journée en hausse de 0,93% en touchant en séance le pic de +3,84%. C’est un phénomène qui se produit pour la première fois à  la Bourse de Casablanca puisqu’il s’est agi d’une volatilité de 7,65 points dans des volumes record de l’ordre de 2,28milliards de dirhams.

Une volatilité de 12 points en une seule séance !

La volatilité avaitmême atteint 12 points pour certaines valeurs qui avaient démarré la séance sur une baisse de 6% pour la terminer sur une progression de +6%: ce fut le cas notamment d’Ona,Nexans… On observe là  un affrontement entre acheteurs et vendeurs qui s’est terminé par un match presque nul.Mais il ne faut surtout pas y voir la fin de la tendance baissière, ni d’ailleurs l’amorce d’une nouvelle phase de hausse. Il faut tout simplement rester à  l’écoute dumarché et attendre ce qu’on appelle dans le jargon la “bougie de confirmation”. Autrement dit, une hausse soutenue lors des prochaines séances.Autrement, la légère hausse réalisée ce mardi n’aura été qu’une “reprise technique”, d’habitude observée après de forts mouvements de baisse et qui traduit la volonté des investisseurs de tester un seuil qui vient d’être cassé. Cela donne généralement aux investisseurs surpris par la baisse la possibilité de se repositionner dans demeilleures conditions. A l’heure o๠nousmettions sous presse,mercredi dans la matinée, les signaux étaient très bons. Le Masi avait ouvert en hausse de 1,33% et avait même dépassé les +2,5%… D’aucuns n’hésitaient pas à  parler de la fin de la crise.

La correction a dû faire peur et, certainement, aussi, très mal aux nombreux investisseurs qui ont acquis, au prix fort, des actions au cours des dernières semaines, des particuliers pour la plupart. D’autres devraient par contre se réjouir puisqu’ils ont pu sortir au plus haut de la vague et liquider leur position avec, à  la clé, de substantielles plusvalues. Car, au mardi 8 mai, pratiquement toutes les valeurs étaient à  leurs plus hauts niveaux historiques.

Cela n’empêche pas les analystes de saluer la baisse, qu’ils appelaient d’ailleurs de leurs voeux depuis plusieurs semaines déjà . “C’est une correction salutaire qui permettra au marché de repartir sur de bonnes bases”, annonce, enthousiaste, un investisseur qui a liquidé toutes ses positions juste avant le démarrage de la baisse.

Ce mouvement était devenu quasiment certain après l’affaiblissement de la tendance haussière. La goutte d’eau qui a peut-être fait déborder le vase était cette note d’Attijari Intermédiation qui avait recommandé à  la vente la Sonasid, la valorisant à  2 150 dirhams, alors qu’elle en valait 3 400 sur lemarché.

La dégringolade a été immédiate et a entraà®né dans son sillage les autres valeurs évoluant sur unmarché nerveux, guettant le moindre signe pour amorcer une baisse.Devant leurs écrans, les traders – et de plus en plus de particuliers, désormais, grâce à  la Bourse en ligne – ont observé le repli, impuissants et en direct. “Les dégâts n’ont pu être limités que grâce à  la règle de notre marché boursier qui placonnu