Le bénéfice des sociétés cotées croîtrait de 25% au titre de l’année 2009

Attijari Intermédiation table sur un résultat de 33,1 milliards de DH pour l’ensemble de la cote en 2009 contre 26,4 milliards réalisés en 2008.
L’immobilier, les holdings et les banques contribueraient à  hauteur de 75% à  cette croissance.
Le secteur minier devrait se redresser et celui du BTP chuter de près de 27%.

Si les sociétés cotées à la Bourse de Casablanca ont déçu la communauté des investisseurs en mars dernier, en annonçant un bénéfice global en retrait au titre de 2008 (-3,1%, à 26,4 milliards de DH), elles devraient renouer avec la croissance en 2009 et afficher un taux de progression du même ordre que ceux enregistrés en 2006 et 2007. C’est du moins ce qui ressort d’une récente étude réalisée par le département analyse et recherche d’Attijari Intermédiation sur les perspectives du marché en 2009.
Les analystes de la société de Bourse s’attendent à une capacité bénéficiaire globale de l’ordre de  33,1 milliards de DH au titre de 2009, soit une évolution de 25,3% par rapport aux bénéfices dégagés en 2008. Des bénéfices qui, rappelons-le, intégraient les déficits exceptionnels de Managem et de la Samir. Hors ces déficits, les résultats de 2008 s’élèveraient à 28,3 milliards de DH, ce qui donnerait une croissance récurrente des bénéfices en 2009 de 17,4%.
«Si la progression des résultats en 2008 a fait défaut eu égard à plusieurs facteurs conjoncturels, mais également exceptionnels, celle de 2009 devrait revenir au niveau standard constaté en 2006, démontrant la capacité des sociétés cotées marocaines à résister et à maintenir une évolution positive même en temps de difficultés économiques», explique le département d’Attijari Intermédiation.

Les prévisions pourraient être revues à la baisse au courant de l’année
Cela dit, les analystes précisent que cette croissance mérite une analyse plus subtile. «Hormis les sociétés déficitaires, ce sont les trois secteurs parmi les plus importants de la cote en termes d’apport au résultat net, soit l’immobilier, les holdings et les banques (contribution de 40% au RN global), qui  devraient réaliser des croissances significatives, contribuant à plus de 75% à la performance du marché en 2009. Pour  le reste, la tendance devrait être mitigée entre les différents secteurs de la cote avec une croissance variant entre 22,1% pour les assurances et   -26,8% pour les BTP», indiquent-ils.
En effet, le secteur immobilier devrait être le premier contributeur à la croissance bénéficiaire de 2009 avec une part estimée à 38,7%. Il devrait réaliser une augmentation de plus de 100% de son résultat net sous l’effet d’un destockage important de projets en grande partie économiques et de moyen standing.
En deuxième position, le secteur des holdings apporterait 22% à la croissance estimée pour 2009, puisqu’il devrait réaliser une amélioration de 60,1% de ses bénéfices sous l’effet du retour à l’équilibre de Managem, d’une part, et de l’allègement du déficit de Wana, d’autre part.
Enfin, pesant pour plus de 20% dans le résultat net global de la place, le secteur bancaire devrait réaliser en 2009 une croissance de 11,4% de son résultat net, se positionnant en tant que troisième contributeur à la croissance bénéficiaire de 2009 avec une part de 14,5%.
Attijari Intermédiation précise que ces prévisions sont basées sur des hypothèses réalistes, tenant compte des retombées potentielles de la crise pouvant être constatées sur les différents indicateurs macroéconomiques du dernier trimestre 2008 et des deux premiers mois de 2009. «Dans ce contexte d’incertitude, nos prévisions ont été revues à la baisse», affirme la société de Bourse.
Cette révision à la baisse concerne notamment le secteur bancaire où la croissance ne devrait pas dépasser 11,4%, ainsi que le secteur du BTP qui devrait souffrir d’un effet prix négatif sur son chiffre d’affaires par rapport à la moyenne des prix en 2008, marquant, plus particulièrement pour Sonasid, une régression de son résultat net de 27,4%.
Toutefois, certains secteurs, tels que la distribution ou encore l’agroalimentaire, devraient profiter de l’effet porteur de la bonne campagne agricole conjuguée à une consommation soutenue des ménages pour réaliser des croissances intéressantes respectivement de l’ordre de 19% (liée particulièrement à la grande distribution) et 11,8%.
Les analystes d’Attijari précisent enfin qu’ils n’excluent pas en cours d’année une nouvelle révision à la baisse de leurs estimations suite à la publication  au terme du premier semestre 2009 d’indicateurs macroéconomiques et sectoriels en décélération plus prononcée. «L’annonce des résultats semestriels des sociétés cotées devraient aussi nous permettre de nous rendre compte des impacts réels de la crise sur certains secteurs», concluent-ils.