Lafarge poursuit sa stratégie d’investissement à  la veille de la fusion avec Holcim

Au moment où les ventes de ciments ont baissé de 15%, l’activité granulat affiche une progression de 6%. Le groupe compte doubler le volume exporté cette année, sachant qu’il a représenté 2% des revenus en 2014 n Pas de cession d’actifs, encore moins de licenciements de personnel.

Dans un contexte où la consommation nationale de ciment a baissé pour la 3e année consécutive, de 13% depuis 2012, Lafarge Maroc a réussi au terme de l’exercice 2014 à limiter la casse. Ce n’est pas grâce à l’activité export qui en est encore à ses balbutiements, mais c’est plutôt grâce au lancement de nouvelles gammes de ciments et de plâtres en sacs, ainsi qu’à la bonne tenue de l’activité granulats. D’ailleurs, les ventes sur ce segment affichent une progression de 6%. Et malgré le développement de nouvelles solutions destinées à tout type de logements, le volume de vente des ciments a, lui, enregistré un recul de 15%. De son côté, affirme le top management du cimentier, l’export de clinker répond encore à une stratégie opportuniste dont le but est seulement d’amortir les frais fixes dus à la production.

Ce sont ainsi moins de 200 000 tonnes de clinker qui ont été commercialisées en Afrique de l’Ouest en 2014, notamment en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Bénin, pour un chiffre d’affaires de 70 MDH, soit moins de 2% des revenus du groupe qui se montent à près de 5 milliards de DH. Cela dit, le groupe devrait continuer à miser sur l’export. Il compte doubler le volume des ventes du clinker en 2015, surtout qu’il estime que le marché du ciment devrait ressortir à la fin de cette année en quasi-stagnation par rapport à 2014. En même temps, le top-management reste optimiste quant au comportement de l’activité granulat.

Parallèlement, l’industriel ne compte pas interrompre sa stratégie d’investissement et d’innovation même à la veille du bouclage de l’opération de fusion avec Holcim. En effet, il projette de poursuivre la construction de plate-formes pour la valorisation des déchets ménagers avec un objectif de recyclage de 100000 tonnes, et d’installer de nouvelles centrales à bétons. Seul le projet de la nouvelle cimenterie du Sud est mis en stand-by, à cause justement de la fusion. Cela dit, Saâd Sebbar, administrateur directeur général de Lafarge, assure qu’elle devrait voir le jour au second semestre 2018.

Il faut dire qu’aucune information ne filtre encore sur les modalités de fusion entre les deux opérateurs, encore moins sur le timing. Cependant, aucune cession d’actifs au Maroc n’est prévue quand bien même certaines usines des deux groupes sont proches l’une de l’autre comme c’est le cas à Fès et Meknès ou encore à Settat et Bouskoura. C’est que chacune des usines dispose de son propre marché et de ses propres clients et qu’il n’y a nul besoin de céder l’une ou l’autre.

De même, comme mentionné par le gouvernement, le travail de tous les employés serait préservé au sein des entités. Si réajustement il y a, il touchera seulement les stratégies de développement des groupes. D’autant que les axes de synergies concerneront surtout la logistique, l’achat, le transfert des bonnes pratiques et le développement des réseaux Batipro de Holcim et Mawadis de Lafarge.