La valeur minière prend 27% en avril malgré des résultats 2008 décevants

Il est difficile d’expliquer le récent comportement boursier de la valeur minière Managem. Après le lancement de son profit warning en début d’année et l’annonce en mars dernier de résultats en forte dégradation au titre de l’exercice 2008 (déficit net de près de 600 MDH), la filiale du groupe Ona avait vu son cours dégringoler, ce qui est compréhensible. Cependant, durant le mois d’avril, période durant laquelle l’évolution des cours des sociétés cotées est pleinement orientée par leurs réalisations, la valeur a signé la plus forte progression de la cote, soit une hausse de 27,4%. Ceci alors que la seule société du secteur minier à avoir dégagé de bons résultats, à savoir CMT, a vu son cours baisser de 1,5% durant le mois.
Qu’est-ce qui justifie cette reprise phénoménale du cours de Managem, alors que rien n’a changé entre-temps dans sa situation financière ? Selon quelques spécialistes, il s’agit d’une question d’arbitrage des investisseurs, de niveau de valorisation de l’action Managem et de perspectives  à moyen terme moins compromettantes pour la société.
En effet, il faut savoir que le secteur minier est présent dans tous les portefeuilles des grands investisseurs de la place, par souci de diversification mais également en raison de l’importance économique de ce compartiment. Une pondération donc à maintenir pour le secteur dans les portefeuilles qui se traduit par l’arbitrage entre les trois valeurs qui le forment, à savoir, outre Managem, CMT et SMI. Après l’annonce du profit warning et des résultats de la filiale d’Ona, son cours avait fortement chuté en raison de l’orientation des investisseurs vers la valeur CMT, la plus saine du secteur. Sauf que, dernièrement, après la sortie d’analyses faites par plusieurs sociétés de Bourse, et vu le bas niveau de cours atteint par Managem dernièrement (140 DH en février), l’intérêt des investisseurs a repris petit à petit pour la valeur, conduisant à la reprise de son cours.
Selon une récente note de recherche de BMCE Capital Bourse, l’avenir du premier groupe minier privé au Maroc n’est pas si sombre que ça. Selon les analystes de la société de Bourse, certes la compagnie souffre toujours d’un portefeuille de couverture défavorable, qui court jusqu’en 2011, de difficultés opérationnelles dans deux de ses principales mines et du renchérissement des coûts de ses intrants. Mais l’assainissement de son portefeuille de couverture à partir de 2012, l’équilibre de son portefeuille de métaux et le développement de l’activité d’hydrométallurgie devraient lui permettre de rétablir ses marges à moyen terme, à condition de maîtriser les risques de change et de se protégrer contre une éventuelle évolution défavorable des conditions du marché des métaux. Ainsi, malgré son déficit de 2008, BMCE Capital recommande de conserver la valeur dans les portefeuilles, avec un cours théorique de 160 DH.